‹ Épîtres, satires, chansons, epigrammes, et autres pièces de versChapitre 4 sur 40 · I II I · texte numérisé non relu

I II I

(A) On s€ sert de ce terme, dans ce pays, pour désigner I« proue, ou le devant d'un canot,

Combien de gens sont morts à l'ftge de trente «nt» Pour n'avoir pas voulu débourser trente francs! L'avarice, souvent, ressemblé à la foKe ; De même elle extravague, et de même s'ouUie/ « Ami, comment vas*tu, comment vont tes parens ?» Dit Biaise à J\ïchola8i quHl n'a vu de trois ans : « D'où te vient cet ulcère aussi noir que de l'encre ? — « Je ne sais — Tu ne sais ! malheureux, c'est un chancre. — a Un chancre ! non — C'est donc un ulcère malin. — « Peut-être. — Eh ! que n'as-tu recours au médecin, « Plutôt qu'être rongé ? — Je le ferais sans doute ; « Mais, Biaise, tu le sais, la médecine coûte t» L'insensé voulut vivre en dévorant son mal.

Pour s'en aller après mourir à l'hôpital ; Non, parce qu'il était réduit à la misère ; Mais de peur d'appauvrir son unique héritière.

Là, le riche fermier laisse pourrir son grain ; Il se vend quinze francs, il en demande vingt ; La récolte venue, il n'en aura pas douze ; Car l'avare, souvent, et s'aveugle et se blouse.

Ici, le tavernier, peu content de son gain, Au moyen de l'eau, double et son rhum et son vin.

Ce fermier veut semer, et n'a point de semence ; Il va chez son voisin, où règne l'abondance, Lui demande un* minot ou de seigle ou de pois ; « Oui,» dit l'autre, « pourvu que tu m'en rendes trois, « Que dis-je, trois ! c'est peu ; tu m'en remettras quatre, — « Quatre pour un! bon dieu! — Je n'en puis rien rabattre; « n est, je crois, permis de gagner sur un {Stét. ^c Oui, mais quatre pour un, c'est un fort intérêt.»

Qae f»ra IImmmm p«ane ? il n'a pa& une obole :

Il prend le grain du n«bo, tt lui rend ta parole.

En proie ft la misère, h la perplexité.

Il sème, en maudissant l'avide daretô

De l'homme qui lui tient le couteau sous la gorge«

Pour un ou deux boisseaux de bled, de seigle ou d'or^^e.

Se laisser follement mourir contre son bien ; Manger le bien d'autrui, pour conserver le sien, Sont deux cas diSerents : l'un n'est que ridicule, Mais l'autre est criminel, et veut de la férule : L'un fait tort & soi-même, et l'autre à son prochain. On n'est point scélérat quand on n'est que vilain : n faut garder en tout une juste mesure, Et surtout distinguer l'intérêt de l'usure.

Le vilain est un fou qui fait rire de spi ; L'usurier, un méchant qui viole la loi:

C'est donc sur ce dernier qu'il faut faire main-basse ; Jamais cet homme-là ne mérita de grâce, /

L'usurier des humains trouble l'ordre et la paix ; Par lui le pauvre est pauvre et doit l'être à jamais. Il fut, à mon avis, ménagé par Molière ; (i) Boileau n'en parle pas d'un ton assex sévère : Est-ce par des bons-mots qu'on corrige ces gens? n leur faut du bâton ou du fouet sur les flancs. Mais je vois, à son air, que ma muse se fâche ; Je lui ferme la bouche, et je finis ma tâche.

(t) La meilleur des poètes comiques : il a f urpassë les Anci4»fTt, et n'a pas encore été égalé par l«a noderaes. VAvare est une 4e •«• pUis b«Uai oom4diei.

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