‹ Epitres, satires, chansons, epigrammes et autres pièces diversChapitre 16 sur 48 · LE HEROS CANADIEN · texte numérisé non relu

LE HEROS CANADIEN

La muse qui parfois m'inspire Une épigramme, une chanson, D'Horace me prêtant la lyre, M'ordonne de hausser le ton, Pour chanter dignement la gloire Du héros qui, dans notre histoire.

S'est fait un immortel renom.

Quel est ce guerrier magnanime Qu'on remarque entre six héros, (o) Que l'amour de la gloire anime, Et porte aux exploits les plus beaux ? Iberville, nom que j'honore, Qui mérite de vivre encore, Inspire-moi des chants nouveaux.

Honneur de la chevalerie, Cherchant la gloire et le danger, 11 court partout où la patrie Succombe aux coups de l'étranger :

Les forêts, l'élément ligmde, Le pôle, la zone torride.

Ne le sauraient décourager.

Du chevalier suivons les traces Dans les tristes chmats du nord ; T^Lc-s gix autres fils de M. Lemojne.

Région de neige et de glaces, Lugubre image de la mort:

Tantôt marinier intrépide, Tantôt fantassin homicide.

Tout succombe sous son effort.

Souvent^ dans son abord rapide,

Chez les ennemis de son roi,

Son nom, comme celui d'ALcioE,

Porte la terreur et l'effroi :

Et dans leurs paniques alarmes,

Se troublant, jettant bas leurs armes,

Ils se remettent sous sa loi.

Si l'ordre du roi ne l'appelle Dans les camps, parmi les soldats, Soudain, entrainé par son zèle, Il vole au milieu des combats :

Il entend alors la patrie.

Qui d'une voix forte lui crie :

« Guerrier ne te repose pas.»

Les guerriers n'ont plus rien à craindre, Quand Iberville est avec eux ; Ah ! que ses rivaux «ont à plaindre, S'il est au milieu de ses preux \ Deux fois aux rives acadiennes, Avec ses bafldes canadiennes, Il demeure victorieux.

Autre théâtre de sa gloire, La grande Ile Anglaise (t) le voit Courir de victoire en victoire, Entasser exploit sur exploit :

A Taspect seul de son épée, La Ville, (c) de terreur frappée, Du vainqueur reconnaît le droit.

La plage septentrionale

Le voit pour la troisième fois ;

Mais, las ! la tempête fatale

Le semble réduire aux abois :

Il n'a plus qu'un vaisseau sur quatre.

Et le sort l'oblige à combattre

Ses ennemis, seul contre trois.

Faut-il que le héros succombe, Victime d'un malheureux sort ?

Qu'il soit captif, ou que la tombe Pour lui se trouve sur son bord?

Du combat quelle fut la suite ?

L'un périt, l'autre prend la fuite.

Et l'autre entre captif au port.

De son roi le vœu pacifique L'éloignant du sein des combats, Pour le bien de la république,

(6) L'île de Terre-Neuve.

(c) St. Jean, capitale de la partie anglaise d« l'île de Terr*» !Neuve.

H parait en d'autres climats :

Se transportant de plage en plage, Notre héros devient un sage, Et fonde de nouveaux états.

Ce grand homme comblé de gloire, Ibervijlle, était Canadien ; Mais pour honorer sa mémoire, Son pays encor n'a fait rien :

De ses bienfaits reconnaissante, Ailleurs, (d) une ville naissante A pris son nom, et le retient.

(d) Dans la Louisiane.

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