LA GAZETTE
Ktrinkes du Spectateub Canadien, 1er. Janties 1129,
Le porteur de la Gazette Me demande une chanson Pour ce joyeux jour de fête, Et voudrait qu'elle fût faito D'une nouvelle façon.
On a chanté la bouteille, La table et le dieu du vin :
Laissez Bacchus sous sa treilU ; Lecteurs, prêtez une oreilla Attentive à mon refrain.
Sur le foin et sur la paille.
Sur le fromage et ie lait, Un vieux chansonnier rimaille, Et trouve, vaille que vaille, A dire sur tout sojet.
Pourquoi pas sur la Gazette, Le premier, si je m'en crois, Lecteurs, pour votre amusette, Ne feràis-je une bluette ?
Chacun n'a-t-il pas son choix ?
De cent et de mille affaire»
La Gazette peut, «ans tort;
ï*arler ; choses étrangères, Domestiques, passagères, Sont toutes de son ressort.
La Gazette, champ fertile, Grenier, magasin de choix, Offre, sous la main habile, Et l'agréable et l'utile ; Instruit, amuse, à la fois.
Yeut-on connaître le monde, Ce qui s'y trouve ou s'y fait* La Gazette, en faits féconde, En réflexions profonde, Met le moyen à souhait.
Remarquez la différence Entre Baptiste et Toinon :
Chez Tun, mainte connaissance i Chez l'autre, crasse ignorance :
Le premier lit, l'autre, non.
Dans cette saison de glace, C'est surtout au coin du feu, Qae la Gazette, avec grâce, Chez l'homme sage tient placé De vin, d'amour et de jeu.
La Gazette a l'arantage ^
De venir à jour marqué :
Que j'aime à roir le villag* S'irriter, faire tapage, Si îa Gazette a manqué.
De rendre l'âme contente Elle connaît le secret, Quand sa parure est décente.
Et sa tournure élégante, feon ton modeste et discret.
Mais la Gazette est légère, Souvent, dans ce qu'elle dit ; Elle est, parfois, mensongèrèi Et, toujours, elle exagère, Quand il s'agit de parti.
La chose était bonne à dire Chez nos ajeux les Gaulois ; Sous le royaume et l'empire, Ou chez le peuple en délire ; Mais nous suivons d'autres lois;
Du moins, notre Spectatrice, Tenant un juste milieu.
Est, pour lui rendre justice, Exempte da double vice Et du trop et du trop peu.
Évitant de faire schisme Dans l«i population,
L'aYcugle patriotisme S'y conrertit en cirisme Éclairé par la raison.
Puisse son humeur égale, Son esprit indépendant, Sa diction libérale, Et sa marche impartiale, Plair« à tous également.