LES RIMES EX EC
LES qUESTlO^XS, A RÉSOUDRE,
Au moyen de quatre vers ajoutés à chaque strophe, pour i'aire une cbauson sur l'air de la Fijie de Tabac.
Tu dis que quiconque rhuaille ;Ne peut, sans varech^ Imreng-peCy Vingt fois, mênie vaille que vaille, Au bout du vers mettre Québec : De ton caquet veuille rabattre ; Malgré ton sans, ou ton avec.
Je puis bien l'y mettre vingt-quatre.
Sans parler du traité d"Utrecht. (a)
Peut-on dire sans verbiage D'où »ous vient le nom de Québec ?
Qu'on le tire d'un mot sauvage ; îvioi. je n'y vois rien que quel bec ?
Qui mérite mieux notre hommage, Est digne d'un plus grand respect ?
Qui doi^ioa priser davantage, De Montréal, ou de Québec ?
(a) Sana employer un nom propre de ville, de nviire, &c.
D"où voit-on le mieux la campagne, Jouit-on du plus bel aspect ?
De la plaine, ou de la montagne, De Montréal, ou de Québec ?
Où connait-on mieux la nature ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Qu'on imite mieux, en peinture, Raphaël, Le Poussin, VAif-BECK? (6)
En musique, où fait-on merveille ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Qu'on sait mieux chatouiller l'oreille.
En faisant sonner le rebec ?
Où respecte-t-on plus la langue ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Qu'on débite mieux la harangue.
Qu'on parle mieux latin et grec ?
Où fait-on plus ou moins tapage ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Que dans le geste et le langage L'on est moins courtois et plus sec ?
Où fait-on mieux la causerie ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Que l'on entend mieux raillerie, Qu'on donne mieux le coup de bec '
(6) rcmlres céltbres.
Ou fait-on mieux le commentaire .* Est-ce à ^Montréal, à Québec, Qu'on sait mieux se tirer d'affaire, Et mieux se défendre du bec ?
Où sait-on mieux prêter et rendre ?
Est-ce à Montréal, ou Québec, Pour attaquer, pour se défeadre.
Que le parleur a meilleur bec ?
Où s'entend-on mieux à la ruse ?
Est-ce à Montréal, ou Québec, Qu'on sait mieux à qui l'on abuse Passer la plume par le bec ?
Est-ce ici-haut, là-bas qu'on prime ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Que mieux, au jeu quand on s'escrime, L'on fait capot, l'on donne échec ?
Où fait-on la plus grande chère ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Qu'après le repas ordinaire, On goûte mieux le martin-sec ?
Où fait-on plus souvent ripaille ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Qu'au dessert, après la gogaille, On goûte mieux le romestec :
Où se montre-t-on plus sévère ?
Est-ce à Montréal, ou Québec,
Que mieux, plus clairement, un père., A son fils sait faire le bec ?
Où sait-on mieux la politesse ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Qu'abjurant froideur et rudesse, On fait mieux le salamalec ?
Où suit-on le meilleur usage ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Que rehaussé d'un beau plumage, On porte mieux le caudebec ?
Où mieux se sert-on de l'étrille ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Que plus se pavane et gaspille Ou la pimbêche, ou le blanc-bec ?
Où voit-on la meilleure allure ?
Est-ce à Montiéal, à Québec, Qu'on se connaît mieux en parure, Que l'on fait mieux le petit-bec ?
Où sait-on mieux tromper son monde ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Qu'on sait mieux jouer brune ou blonde, Et dans l'eau lui tenir le bec ?
Où règne le plus d'ignorance ?
Est-ce à Montréal, ou Québec, A qui parle avec arrogance Qu'on montre mieux son jaune-bec ?
Où git le vide le plus ample ?
Est-ce à Montréal, à Québec, ^ Que le plus souvent on contemple La femme qui n'a que le bec ?
Où gît riiumeur la plus galante ?
Est-ce à Montréal, ou Québec, Qu'on a la langue plus fringante, Qu'on sait mieux causer bec-à-bec ?
Où plus gentille est la fillette ?
Est-ce à Montréal, à Québec, Que la blonde, que la brunette, Refuse mieux le tour, de bec?
Je puis encor, si je me fâche, Au bout du vers mettre Québec ; Mais j'ai rempli, je crois, ma tâche, Et je veux être circonspect :
Que si quelqu'un osait se plaindre Que l'ouvrage n'est pas complet.
Je lui conseillerais de joindre Quatre vers à chaque couplet.