L'abbé Guyon et ses semblables
En prose dure insulte les beaux vers, Poursuit le sage, et noircit le mérite.
Mais écoutez ces pieux loups-garous, Persécuteurs de Fart des Euripide?, Qui vont hurlant en phrases insipides Contre la scène, et même contre vous.
Quand vos talents entraînent au théâtre Un peuple entier, de votre art idolâtre, Et font valoir quelque ouvrage nouveau, Un possédé, dans le fond d'un tonneau 1 Qu'on coupe en deux, et qu'un vieux dais surmonte, Crie au scandale, à l'horreur, à la honte, Et vous dépeint au public abusé Gomme un démon en fille déguisé.
Ainsi toujours, unissant les contraires, Nos chers Français, dans leurs têtes légères 2 , Que tous les vents font tourner à leur gré, Vont diffamer ce qu'ils ont admiré.
mes amis ! raisonnez, je vous prie ; Un mot suffit. Si cet art est impie, Sans répugnance il le faut abjurer ; S'il ne l'est pas, il le faut honorer.