‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 127 sur 273 · Yoyes la note 1 sur l'épttre ex à d'Alembert · texte numérisé non relu

Yoyes la note 1 sur l'épttre ex à d'Alembert

2 Voyez l'article Epiphanie, dans les Questions sur l'Encyclopédie. On a été dans l'habitude à Paris de faire presque tous les ans des couplets sur le voyage des trois mages ou des trois rois qui vinrent, conduits par une étoile, à Bethléem, et qui reconnurent l'enfant Jésus peur

Sur les pas d'une étoile à marcher obstinée,

Combler l'enfant Jésus des plus rares présents,

N'emportent de Paris, pour tous remercîments,

Que des couplets fort gais qu'on chante sans scrupule^

Collé dans ses refrains les tourne en ridicule.

Les voilà bien payés d'apporter un trésor !

Tout mon étonnement est de les voir encor.

Le roi, me diras-tu, de la zone cimbrique *, Accompagné partout de l'estime publique, Vit Paris sans rien craindre, et régna sur les cœurs ; On respecta son nom comme on chérit ses mœurs. Oui ; mais cet heureux roi, qu'on aime et qu'on révère, Se connaît en bons vers, et se garde d'en faire. Nous ne les aimons plus; notre goût s'est usé : Boileau, craint de son siècle, au nôtre est méprisé. Le tragique, étonné de sa métamorphose, Fatigué de rimer, va ne pleurer qu'en prose.

De Molière oublié le sel s'est affadi.

En vain, pour ranimer le Parnasse engourdi, Du peintre des Saisons 2 la main féconde et pure Des plus brillantes fleure a paré la nature; Vainement, de Virgile élégant traducteur, Delille a quelquefois égalé son auteur 8 :

D'un siècle dégoûté la démence imbécile Préfère les remparts et Vauxhall à Virgile, On verrait Cicéron sifflé dans le Palais.

Le léger vaudeville et les petits couplets

leur suzerain dans son étable, en lui offrant de l'encens, de la myrrhe, et de l'or. On appelle ces chansons des noëls, parce que c'est aux fêtes de Noël qu'on les chante. On en a fait des recueils dans lesquels en trouve des couplets extrêmement plaisants.

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