‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 149 sur 273 · CXXIII. — A M. LE MARQUIS DE VILLE TTE · texte numérisé non relu

CXXIII. — A M. LE MARQUIS DE VILLE TTE

LIS ADIEUX DU VIEILLARD (A Paris, 1178)

Adieu, mon cher Tibulle, autrefois si volage,

Mais toujours chéri d'Apollon, Au Parnasse fêté comme aux bords du Ugnon,

Et dont l'Amour a fait un sage.

Des champs élysiens, adieu, pompeux rivage,

De palais, de jardins, de prodiges bordé,

Qu'ont encore embelli, pour l'honneur de votre âge,

Les enfants d'Henri quatre, et ceux du grand Condé.

Combien vous m'enchantiez, Muses, Grâces nouvelles,

Dont les talents et les écrits

Seraient de tous nos beaux esprits

Ou la censure ou les modèles !

Que Paris est changé! les Welches n'y sont plus, Je n'entends plus siffler ces ténébreux reptiles, Les Tartuffes affreux, les insolents Zoïles.

rai passé; de la terre ils étaient disparus.

Mes yeux, après trente ans, n'ont vu qu'un peuple aimable, Instruit, mais indulgent, doux, vif, et sociable. Il est né pour aimer : l'élite des Français

Est l'exemple du monde, et vaut tous les Anglais. ,

De la société les douceurs désirées Dans vingt États puissants sont encore ignorées :

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On les goûte à Paris; c'est le premier des arts : Peuple heureux, il naquit, il règne en vos remparts. Je m'arrache en pleurant à son charmant empire; Je retourne à ces monts qui menacent les cieux, A ces antres glacés où la nature expira Je vous regretterais à la table des dieux.

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