‹ Épitres, satires, contes, épigrammes de Voltaire, suivis de fragments de la PucelleChapitre 49 sur 273 · V TV · texte numérisé non relu

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Tout aussitôt leur brillante cohue, D'étonnement et de colère émue, Bruyant essaim de frelons envieux, Pique et poursuit cette abeille charmante, Qui leur apporte, hélas! trop imprudente, Ce miel si pur et si peu fait pour eux.

Quant aux héros, aux princes, aux ministres, Sujets usés de nos discours sinistres, Qu'on m'en nomme un dans Rome et dans Paris, Depuis César jusqu'au jeune Louis, De Richelieu jusqu'à l'ami d'Auguste, Dont un Pasquin n'ait barbouillé le buste.

Ce grand Colbert, dont les soins vigilants Nous avaient plus enrichis en dix ans Que les mignons, les catins et les prêtres, N'ont, en mille ans, appauvri nos ancêtres, Cet homme unique, et Fauteur, et l'appui D'une grandeur où nous n'osons prétendre, Vit tout l'état murmurer contre lui; Et le Français osa troubler la cendre Du bienfaiteur qu'il révère aujourd'hui 1 .

Lorsque Louis, qui, d'un esprit si ferme, Brava la mort comme ses ennemis, De ses grandeurs ayant subi le terme, Vers sa chapelle allait à Saint-Denys, J'ai vu son peuple, aux nouveautés en proie, Ivre de vin, de folie et de joie, De cent couplets égayant le convoi, Jusqu'au tombeau maudire encor son roi.

Vous avez tous connu, comme je pense, Ce bon régent qui gâta tout en France :

Il était né pour la société,

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