‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 11 sur 134 · XIV. Au CARDINAL DU BOIS · texte numérisé non relu

XIV. Au CARDINAL DU BOIS

'uATfD , du sommet des Pyrénées S'élancant au milieu des airs, La Renommée à l'univers Annonça ces deux hyménées Par qui la discorde est aux fers Et qui changent les destinées , L'ame de Richelieu descendit à sa voix Du haut de l'erapyrée au sein de sa patrie. Ce redoutable génie Qui faisoit trembler les rois, Celui qui donnait des lois A l'Europe assujettie, A vu le sage du Bois, Et pour la première fois A connu la jalousie.

Poursuis; de Richelieu mérite encor l'envie. Par des chemins écartés Ta sublime intelligence A pas toujours concertés Conjduit le sort de la France; La fortune et la pi-udenoe Sont sans cesse à tes côtés. Alberon pour un temps nous éblouit la vue ;

aS EPITRES.

De ses vastes projets l'orgueilleuse étendue Occupait l'univers saisi d'étonnement.

Ton génie et le sien disputaient la victoire; Mais tu parus, et sa gloire S'éclipsa daus uu moment.

Telle , aux bords du firmament.

Dans sa course irréguliere, Une comète affreuse éclate de lumière:

Ses feux portent la crainte au terrestre séjour ; Dans la nuit ils éblouissent, Et soudaiu s'évanouissent Aux premiers rayons du jour-

Page 1