‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 111 sur 134 · XXII. A Madame la duchesse DE CHOISEUL · texte numérisé non relu

XXII. A Madame la duchesse DE CHOISEUL

sur la fondation dé Versoy . ( 1 769. )

iVJ. A D A M E , nn héros destructenr ,

S'il est n;rand, n'est qu'un grand coupable ;

J'aime bien mieux un fondateur :

L'un est un dieu, l'autre est un diable.

Dites bien à votre mari

Que des neuf filles de Mémoire

Il sera le seul favori

Si de fonder il a la gloire.

Didon, que j'aime tendrement,

Sera célèbre d'âste en âge ;

Mais quand Didon fonda Carthage

C'est qu'elle avait beaucoup d'argent.

Si le vainqueur de l'Assyrie Avait eu pour surintendant Un conseiller du parlement , Nous n'aurions point Alexandrie.

Nos très sots aïeux autrefois Ont fondé de pieux asyles- Pour mes moines de saint François; Mais ils n'ont point fondé de villes.

Envoyez-nous des Ampbions, Sans quoi nos peines sont perdues :

A Versoy nous avons des rues, Et nous n'avons point de maisons.

Sur la raison , sur la j ustice ,

Snr les grâces, sur la douceur

Je fonde aujourd'hui mon bonheur ,

Et vous êtes ma fondatrice.

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