XXVII. AU ROI DE PRUSSE
sur un buste en porcelaine fait à BerUn, représentant l'auteur , et envoyé par sa majesté en janvier lyjS.
iPicTETE aa bord du tombeau A reçu ce présent des mains de Marc-Aurele;
Il a dit : Mon sort est trop beau :
J'aurai vécu pour Ici; je lui mourrai fidèle,
TSons avons cultivé tous deux les mêmes art»
Et la même philosophie , Moi sujet, lui monarque et favori de Mars, Et tous les deux par fois objets d'un peu d'envie.
II rendit plus d'un roi de ses exjloits jaloux ; Moi je fus harcelé des gredins du Parnasse. Il eut des ennemis , il les dissipa tous ; Et ia troupe des miens dans la fange croasse.
Les cagots m'ont persécuté ; Les cagots à ses pieds frémissaient en silène*. Lui sur le trône assis, moi dans l'obscnrité.
Nous prêchâmes la tolérance.
îîoas adorions tous deux le Dieu de l'univers, ( Car il en est un , quoi qu'on dise ; ) Mais nous n'avions pas la sottise
De le déshonorer par des cultes pervers.
Nous irons tous les deux dans la céleste sphère. Lui fort tard, moi bientôt. Il obtiendra, je ci-oi , Un trône auprès d'Achille, et même auprès d'Hc»aere^ Et j'y vais demander un tabouret pour moi.