XXIX. STANCES OU QUATRAINS
pour tenii- heu de ceux de Pibrar, tpù ont un peu vieilU.
J. OUT annonce d'un Dieu l'éternelle existence ; On ne peut le comprendre, ou ne peut l'ignorer : La voix de l'univers annonce sa puissance. Et la voix de noiicœais dit qu'il faut l'adorer.
Mortels, tout est pour votre usage; Dieu vous comble de ses présents.
Ah ! si vous êtes son image , Soyez comme lui bienfaisants.
STANCES. 23i
Pères , de vos enfants guidez le premier âge, Ne forcez point leur goût, mais dirigez leurs pas ; Etndiez leurs mœurs , leurs talents , leur courage : On conduit la nature , on ne la change pas.
Enfant, crains d'être ingrat; sois soumis, doux ,
sincère ; ■ Obéis , si tu veux qu'on t'obéisse un jour. Vois ton dieu dans ton père : un dieu veut ton amour ; Que celui qui t'instruit te soit un nouveau père.
Qui s'élève trop s'avilit:
De la vauité uait la honte.
C'est par l'orgueil qu'on est petit ;
On est grand quand ou le surmoule.
Fuyez l'indolente paresse ; C'est la rouille attachée aux plus brillants métaux : L'honneur , le plaisir même est ît; iils des travaux ; Le mépris et l'ennui sont nés de la mollesse.
Ayez de l'ordre en tout : la carrière est aisée Quand la règle conduit Thémis , Phebus , et Mars ; La règle oustere et sûre est le 111 de Tliésee Qui dirige l'esprit au dédale des arts.
L'esprit fut en tout temps le fîis de la nature ; II faut dans ses atours de 1h simplicité : ÎNe lui donnez jamais de tiop grande pa'ure; Quand on veut trop l'orner oa cache sa beauté.
Soyez vrai, mais discret; soyez ouvert, mais sage; Et, sans la pi'odiguer, aimez la vérité;
Cachez-la sans duplicité ;
Osez la dire avec couiase.
Réprimez tout emportement;
On se nuit alors qu'on offense ,
Et l'on hâte son châtiment ,
Quand on croit hâter sa vengeance.
La politesse est à l'esprit Ce que la grâce est au visage:
De la bonté du cœur elle est la douce image; Et c'est la bonté qu'on chérit.
Le premier des plaisirs et la plus belle gloire
C'est de prodiguer les bienfaits :
Si vous eu répandez, j)erdez-en la mémoire; Si vous en recevez, publiez-le à jamais,
La dispute est souvent Tuneste autant que vaine; A ces combats d'esprit craignez de vous livrer; Que le flambeau divin qui doit vous éclairer Ne soit pas en vos mains le flambeau de la haine.
De rémulatioç distinguez bien l'envie:
L'une mené à la gloire, et l'autre au déshonneur; L'une est l'aliment du génie , Et l'autre est le poison du cœur..
Par un humble maintien , qu'on estime et qu'on aime, Adoucissez l'aigreur de vos rivaux jaloux;
Devant eux rentrez eu vous-même,
Et ne parlez jamais de vous.
Toutes les passions s'éteignent avec l'âge; L'amour-propre ne meurt jamais.
Ce flatteur est tyran, redoutez ses attraits , Et vivez avec lui sans être en esclavage.