‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 124 sur 134 · IX. A LA REINE DE HONGRIE, MARIE-THERESE D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

IX. A LA REINE DE HONGRIE, MARIE-THERESE D'AUTRICHE

Jr IL LE de ces héros que l'Empire eut pour maîtres, Digne du trône auguste où l'on vit tes ancêtres Toujours près de leur chute et toujours affermis ;

Princesse magnanime ,

Qui jouis de l'estime

De tous tes ennemis :

Le Français généreux, si fier et si traitable,

Dout le goût pour la gloire est le seul goût dniable ,

Et qui vole en aveugle où 1 honneur le conduit, Inouàe ton empire , Te combat, et t'admire.

T'adore et te poursuit.

Par des noeuds étonnants l'altiere Germanie, A l'empire fiançais malgré soi réunie, Fait de l'Europe entière uu objet de pitié ;

Et leur longue (]uerelle

Fut cent fois moins cruelle

Que leur triste amitié.

Ainsi de l'équateor et des antres de l'ourse

Les vents impétueux emportent dans leur course

Pes nuages épais l'uu à l'autre opposés;

Et tandis qu'ils s'unissent

Les fou(!res reteu lissent

De leurs flancs embrasés.

Quoi ! des rois bienfaisants ordonnent ces ravages ! Ils annoncent le caime , ils foriuent les orages ! Ils prétendent conduire à la félicité

Les nations tremblantes ,

Par les routes sanglantes

De la calamité .'

O vieillard vénérable, à qui les destinées Ont de Iheureux JNestor accordé les années, Sage que rien n'alarme et que rien n'éblouit,

Veux-tu priver le monde

De cette paix profonde

Dont ton ame jouit .^

Ah ! s'il pouvait encore , au gré de sa prudence Tenant également le glaive et la balance, Fermer, par des ressorts aux mortels inconnus,

aSS ODES

De sa main respectée La porte ensanglantée Da temple de Janas !

Ri de l'or des Français les sources égarées, ISe fertilisant plus de lointaines contrées. Rapportaient l'abondance au sein de nos remparts , ~ Embellissaient nos villes ,

Arrosaient les asyles

Où languissent les arts!

Beaux arts, enfants du ciel, delà paix, et des grâces, Que Louis en triomphe amena sur ses traces , Ranimez vos travaux, si brillants autrefois,

Tos mains découragées ,

Vos lyres négligées ,

Et vos tremblantes voix.

De l'immortalité vos succès sont le gage. Tous ces traités rompus, et suivis du carnage , Ces triomphes d'un jour, si vains,. si célébrés,

Tout ))asse et tout retombe

Dans la nuit de la tombe,

Et vous seuls demeurez.

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