XI
ST-iL encor des satiriques Qui, du présent toujours blessés, Dans leurs malins panégyriques Exaltent les siècles passés ; Qui, plus injustes que sévères.
D'un crayon faux peignent leurs pères Dégénérants de leurs aïeux ; Et leurs contemporains coupables , Suivis d'enfants plus condamnables, Menacés de pires neveux .•'
Silence , i'mposture outrageante ; Déchirez-vous , voiles affreux ; Patrie auguste et florissante.
Connais-tu des temps plus heureux?
De la cime des Pyrénées Jusqu'à ces rives étonnées Où la mort vole avec l'effroi, Montre ta gloire et ta puissance; Mais pour mieux connaître la France Qu'on la contemple dans son roi.
a6a ODES.
Quelquefois la giandeur trop fiere , Sur son front jiortant les dédains.
Foule aux pieds dans sa marche altiere Les rampants et faibles humains.
Les Prières humbles , tremblantes , Pâles , sans force, chancelantes , Baissant leurs yeux mouillés de pleurs, Abordent ce monstre farouche , Un indigne élogf à ia bouche , Et la haine au fond de leurs cœurs.
Favori du dieu de la guerre, Héros , dont l'éclat nous surprend, De tous les vainqueurs de la terre Le plus modeste est !e plus grand.
O modestie, ô douce image De la belle ame du vrai sage!
Plus noble que la maiesté, Tu relevés le diadèniC, ïu décores ia valeur même, , Comme tu pares ia beauté.
Kous l'avons vu ce roi terrible Qui sur des remparts foudroyé»
Présentait l'olivier paisible A ses entiemis effrayés.
Tel qu'un dieu guidant les orages, D'nne main portant les ravages Et les tonnerres destructeurs , De l'autre versant ia rosée Sur la terre fertilisée , Couverte de fruits et de fleurs.
L'airain gronde au loin sur la Flandre, Il n'mterrompt point nos loisirs.
Et quand sa voix se fait entendre
C'est pour annoncer nos plaisirs ; Les Muses en habit de fêtes , Des lauriers coui-onnant leurs têtes, Eternisent ces henrenx temps ; El sous le bonheur qui l'accable La critique est inconsolable De ne plus voir de mécontents. '
Venez, enfants des Charlemagnes, Paraissez , ombres des Valois , Venez contempler ces campagnes Que vous désoliez autrefois ; Vous verrez cent villes superbes Aux lieux où d'inutiles herbes Couvraient la face des déserts , Et sortir d'une nuit protonde Tous les arts étonnant le monde De miracles toujours divers.
Au Heu des guerres intestines De quelques brigands forcenés Qui se disj)utaient les ruines De leurs vassaux infortunés, Vous verrez un peuple paisible, Généreux, aimable, invincible.
Un prince au lieu de cent tyrans , Le joug porté sans esclavage , Et la concorde heureuse et sage Du roi, des peuples, et des grands.
. Souvent un labourenr habile , Par des efforts industrieux.
Sur un champ rebelle et stérile Attira les faveurs des cieux ; Sous ses mains la terre étonnée Se vit de moissons couronnée
Dans le sein de l'aridité ; Bieutôt une race nouvelle De ces champs préparés pour elle Augmenta la fécondité.
Ainsi Pyrrhus après Achille rit encore admirer son nom ; Ainsi le vaillant Paul-Emile Fat suivi du grand Scipion; Virgile au-dessus de Lucrèce Aux lieux arrosés du Permesse S'éleva d'un vol immortel ;< Et ]\Iichel-Ange vit paraître , Dans lart que sa main lit renaître, Les prodiges de Raphaël.
Que des vertus héréditaires A jamais ornent ce séjour!
Vous avez imité vos pères ; Qu'on vous imite à votre tour.
Loin ce discours lâche et vulgaire Que toujours l'homme dégénère, Que tout s'épuise et tout linit:
La nature est inépuisable , Et le travail infatigable Est un dieu qui la rajeunit.
XIL Sur la mort de S. A. S. madame la princesse DE BAREITH.
jLjorsqit'en des tourbillons de flamme et de fusnée Cent tonnerres d'airain, précédés des éclairs,