‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 129 sur 134 · EN · texte numérisé non relu

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JLj 'homme n'était pas né pour égorger ses frères ; 11 n'a point des lions les armes sanguinaires; La nature en son cœur avait mis la pitié : De tous les animaux seul il répand des larmes ;

Seul il connaît les cLarmes

D'une tendre amitié.

Il naquit pour aimer : quel infernal usage De l'enfant du plaisir fit un monstre sauvage? Combien les dons du ciel ont été pervertis ! Quel changement , ô dieux ! la nature étonnée.

Pleurante et consternée,

Ne connaît plus sou fîls.

Heureux cultivateurs de la Pensylvanie, Que par son doux repos votre innocente vie Est un juste reproche aux barbares chrétiens ! Quand , marchant avec ordre au bruit de leur tonnerre,

Ils ravagent la terre.

Vous la comblez de biens.

Vous leur avez donné d'inutiles exemples : Jamais un Dieu de paix ne reçut dans vos temples Ces horribles tributs d'étendards tout sanglants ; Vous croiriez l'offenser; et c'est dans nos murailles

Que le dieu des batailles

Est le dieu des brigands.

Combattons, périssons , mais pour notre patrie.

Malheur aux vils mortels qui servent la furie Et la cupidité des rois dépi-edateurs ! Conservons nos foyers ; citoyens sous les armes ^

Ne portons les alarmes

Que chez nos oppresseurs.

Où sont ces conquérants que lé Bosphore enfante ?

D'un monarque abruti la milice insolente

Fait 9vancer la mort aux rives du Tyras ;

C'est là qu'il faut marcher, Roxelans invincibles ;

Lancez vos traits terribles

Qu'ils ne connaissent pasj

Frappez, exterminez les cruels janissaires D'un tyran sans cOurage esclaves téméraires; Du malheur des mortels instruments malheureux, Ils voudraient qu'à la lin par le sort de la guerre-

Le reste de la terre

Fût esclave comme eux.

La Minerve du Nord vous enflamme et voiis guide; Combattez, triomphez sous sa puissante égide : Gai tzin vous commande , et Byzance en frémit ; Le Danube est ému , la Tauride est tremblante ;

Le serrail s'épouvante ,

L'univers applaudit.

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