EN
JLj 'homme n'était pas né pour égorger ses frères ; 11 n'a point des lions les armes sanguinaires; La nature en son cœur avait mis la pitié : De tous les animaux seul il répand des larmes ;
Seul il connaît les cLarmes
D'une tendre amitié.
Il naquit pour aimer : quel infernal usage De l'enfant du plaisir fit un monstre sauvage? Combien les dons du ciel ont été pervertis ! Quel changement , ô dieux ! la nature étonnée.
Pleurante et consternée,
Ne connaît plus sou fîls.
Heureux cultivateurs de la Pensylvanie, Que par son doux repos votre innocente vie Est un juste reproche aux barbares chrétiens ! Quand , marchant avec ordre au bruit de leur tonnerre,
Ils ravagent la terre.
Vous la comblez de biens.
Vous leur avez donné d'inutiles exemples : Jamais un Dieu de paix ne reçut dans vos temples Ces horribles tributs d'étendards tout sanglants ; Vous croiriez l'offenser; et c'est dans nos murailles
Que le dieu des batailles
Est le dieu des brigands.
Combattons, périssons , mais pour notre patrie.
Malheur aux vils mortels qui servent la furie Et la cupidité des rois dépi-edateurs ! Conservons nos foyers ; citoyens sous les armes ^
Ne portons les alarmes
Que chez nos oppresseurs.
Où sont ces conquérants que lé Bosphore enfante ?
D'un monarque abruti la milice insolente
Fait 9vancer la mort aux rives du Tyras ;
C'est là qu'il faut marcher, Roxelans invincibles ;
Lancez vos traits terribles
Qu'ils ne connaissent pasj
Frappez, exterminez les cruels janissaires D'un tyran sans cOurage esclaves téméraires; Du malheur des mortels instruments malheureux, Ils voudraient qu'à la lin par le sort de la guerre-
Le reste de la terre
Fût esclave comme eux.
La Minerve du Nord vous enflamme et voiis guide; Combattez, triomphez sous sa puissante égide : Gai tzin vous commande , et Byzance en frémit ; Le Danube est ému , la Tauride est tremblante ;
Le serrail s'épouvante ,
L'univers applaudit.