‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 130 sur 134 · XVI. A PROPOS DE LA GUERRE PaÉSEMTE EN GreCE · texte numérisé non relu

XVI. A PROPOS DE LA GUERRE PaÉSEMTE EN GreCE

Au fond d'un serrail inutile Que fait parmi ses icoglans Le vieux successeïir imbécille É^-ÎTREs, etc. ' 24

Des Bajazets et des Orcans?

Que devient cette Grèce altiere , Autrefois savante et guerrière, Et si languissante aujourd'hui, Ramjiante aux genoux d'un tartare, Plus amollie , et plus barbare, Et plus méprisable que lui?

Tels n'étalent point ces Héraclides

Suivants de Minerve et de 3Iars,

Des Persans vainqueurs intrépides,

Et favoris de tons les arts ;

Eux qui , dans la paix, dans la guerre ,

Furent l'exemple de la terre.

Et les émules de leurs dieuK, '

Lorsque .lupiter et Neptune

Leur asservirent la fortune.

Et combattirent avec eux.

allais quand sous les deux Théodoses

Tous ces héros dégénérés

Ne •virent plus d'apothéoses

Que de vils pédants tonsurés,

Un délire théoiogique

Arma leur esprit frénétique

D'anathèmes et d'arguments.

Et la pnstfiité d'Achille ,

Sous la règle de saint Basile,

fut l'esclave des Ottomans.

"Voici le vrai temps des croisades.

Français, Bretons , Italiens, C'est trop supporter les bravades Des «'ruels vainqueurs des chrétiens.

Un ridicule fanatisme Fit succomber votre héroisaie

Sous ces tyrans ■victorieux.

Ecoutez Pallas qui vous crie :

Vengez moi, vengez ma patrie ; Vous irez après aux s.iints lieux.

Je veux ressusciter Athènes.

Qu'Homère chante vos combats , Que la voix de cent Démosthenes Ranime vos cœurs et vos hras.

Sortez , renaissez , arts aimables , De ces ruines déplorables Qui vous cachaient sous leurs débris ; Reprenez votre éclat antique, Tandis que l'opéra comique Fait les triomphes de Paris.

Que des badauds la populace

S"étouf*e à des processions;

Que des imposteurs à besace

Président aux convulsions ;

Je rirai de cette manie :

Mais je veux que dans Olympie

Phidias, Pigal , ou Vulcain,

Fassent admirer à la terre

Les noirs sourcils du dieu mon père ,

Et mettent la foudre en sa main.

C'est par moi que l'on peut connaître Le monde antique et le nouveau ; Je suis la fille du grand Etre, Et je naquis de son cerveau.

C'est moi qui conduis Catherine , Quand cette étonnante héroïne , Foulant à ses ]>ieds le tuiban , Réunit Thémis et Eeilone, pt rit avec moi sur son trône

28o ODES.

De la bible et de l'alcoran.

Je dictai l'encyclopédie ,

Cet ouvrage qui n'est pas court ,

A d'Alembert que j'étude,

A mon Diderot , à .1 aucourt ;

J'ordonne encore au vieux Voltaire

De percer de sa main légère

Les serpents du sacré vallon ;

Et puisqu'il m'aime et qu'il me venge ,

11 peut écraser dans la fange

JjC lourd Nonotte et l'abbé Guion.

XVII. L'anniversaire he i:,a Saint -Barthélemi, POUR l'année 1772.

X u reviens après deux cents ans , Jour affreux, jour fatal au monde:

Que l'abyme éternel du temps Te couvre de sa nuit profonde !

Tombe à jamais enseveli Dans le grand fleuve de l'oubli.

Séjour de notre antique histoire !

Mortels , à souffrir condamnés , Ce n'est que des jours fortunés Qu'il faut conserver la mémoire.

C'est après le triumvirat Que Rome devint florissante.

Un poltron , tyran de l'état , L'embellit de sa main sanglante.

C'est après les proscriptions Que les enfants des Scipions Se croyaient berireux sous Octave.

Tranquille et soumis à sa loi,

On vit danser le peuple-roi

ïln portant des chaînes d'esclave.

Virgile , Horace , PolHon , Couronnés de myrte et de lierre, Sur la cendre de Cicéron Chantaient les baisers de Glycere ; Ils chaulaient dans les mêmes lieuj; Où tombèrent cent demi-dieux Sous des assassins mercenaires :

Et les familles des proscrits Rassemblaient les jeux et les ris Entre les tombeaux de leurs pères.

Bellone a dévasté nos champs Par tous les fléaux de la guerre ; Cérès par S' s dons renaissants A bientôt consolé la terre.

L'enfer engloutit dans ses flancs Les déplorables habitants De Lisbonne aux flammes hvrée ; Abaudonna-t-on son séjour?.,.

On y revint, on fit l'amour; Et la perte fut réparée.

Tout mortel a versé des pleurs, Chaque siècle a connu les crimes ; Ce monde est un amas d'horreurs, De coupables , et de victimes.

Des jnaux passés le souvenir Et les terreurs de l'avenir Seraient un poids insupportable :

Dieu prit ])itié du genre humain ; Il le créa frivole et vain Pour le readre moins misérable.

aSa ODES.

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