‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 24 sur 134 · XXXII. A MM. LE COMTE , tE CHEVAUER · texte numérisé non relu

XXXII. A MM. LE COMTE , tE CHEVAUER

ET l'abbé de SADE. (1732.)

J. RIO charmant que je remarque Entre ceux qui font mon appui.

Trio par qui Laure aujourd'liui Revient de la fatale barque; Tous qui pensez mieux que Pétrarque, Et rimez aussi bien que lui, Je ne puis quitter mon étui Pour le souper où l'on m'embarque ; Car la cousine de la Parque , La fièvre au minois catarreux, A l'air hagard , an cerveau creux , A la marche vive , inégale.

De mes jours compagne infernale , M'oblige , pauvre \ aporeux , D'avaler les juleps affreux Dont monsieur Geoffroi me régale ; Tandis que d'un gosier heureux Vous buvez la liqueur vitale D'an vin brillant et savoureux.

XXXm. A Mme LA marquise DU CHATELET,

sur sa liaison avec Maupeetuis.

■A. I N s I donc cent beautés nouvelles "Vont fixer vos brillants esprits Vous renoncez aux étincelles ,

EPITTIES. 55

'Aux fens follets de mes écrits Ponr des lumières immortelles ; Et le sublime Maupertuis Tient éclipser mes bagatelles.

Je n'en suis fâché ni surpris ; Un esprit vrai doit être épris Pour des \ érités éternelles :

Mais ces vérités que sont-elles?

Quel est leur usage et leur prix?

Du vrai savant que je chéris La raison ferme et luniinense Vous montrera les cieux décrits , Et d'une main audacieuse Vous dévoilera les replis De la nature ténébreuse ; Mais, sans le secret d'être heureuse, Il ne vous aura rien appris.

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