‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 36 sur 134 · XLVIII. AU PRINCE ROYAL DE PRUSSE · texte numérisé non relu

XLVIII. AU PRINCE ROYAL DE PRUSSE

au nom de madame la marquise du Châtelet, à qui il avait demandé ce qu'elle faisait à Cirey. ( 1738. )

U rr peu pbilosophe et bergère, Dans le sein d'un riant séjour , Loin des riens brillants de la cour.

Des intrigues du ministère , Des inconstances de l'amour.

Des absurdités du vulgaire Toujours sot et toujours trompé , Et de la troupe mercenaire Par qui ce vulgaire est dupé.

Je suis heureuse et solitaire; Non pas que mon esprit sévère Haïsse par son caractère Tous les humains également :

Il faut les fuir, c'est chose claire.

Mais non pas tous assurément.

Vivre seule dans sa tanière Est un assez méchant parti, Et ce n'est qu'avec nn ami Que la solitude doit plaire.

Pour ami j'ai choisi Voltaire :

Peut-être en feriez-vons ainsi.

Mes jonrs s'écoulent sans tristesse; Et dans mon loisir stnâieax

«o - EPITRES.

.Te ne demandais rien aux dienx Que quelque dose de sagesse , Quaud le plus aimable d'entre eux, A qui nous érigeons un temple , A, par ses vers doux et nombreux.

De la sagesse que je veux Donne les leçons et l'exemple.

Frédéric est le nom sacré De ce dieu charmant qui m'éclaire ; Que ne puis-je aller à mon gré Dans l'Olympe où Ton le réfère!

Mais le chemin m'en est bouché.

Frédéric est un dieu caché, Et c'est ce qui nous désespère.

Pour moi, nymphe de ces coteaux, Et des prés si verds et si beaux.

Enrichis de l'eau qui les baise , Soumise au fleuve de la Pjlaise , A mon roarij, ne vous déplaise, .Te reste parmi mes roseaux.

Mais vous, du séjour du tonnerre ?ie ponrriez-vous descendre un pen .' C'est bien la peine d'être dieu Qnand on ne vient pas sur la terre!

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