LXVII. A M. i,E MARÉcHAi. DE SAXE
en lui envoyant les œuvres de M. le marquis de Piochemore, son ancien ami, mort depuis peu. (Ce dernier est supposé lui faire un envoi de l'auti-e monde.)
J E goûtais dans ma nuit profonde Les froides douceurs du repos.
Et m'occupais peu des héros Qui troublent le repos du monde ; Mais dans nos champs élvsiens .le vois une troupe en colère De liers Bretons , d'Autrichiens, Qui vous maudit et vous révère ; .le vois des Français éventés Qui tous se flattent de vous plaire , Et qui sont encore entêtés De leurs plaisirs et de leur gloire , Car ils sont morts à vos côtés Entre les bras de la victoire.
Enfin dans ces lieux tout m'apprend Que celui que je vis à table Gai, doux, facile, complaisant.
Et des humains le plus aimable.
Devient aujourd'hui le plus grand.
J'allais vous faire un compliment ; Mais, parmi les choses étranges Qu'on dit à la cour de Pluton , On prétend que ce fier Saxon S'enfuit au seul bruit des louanges, Comme l'Anglais fuit à son nom.
EPITllES.
Lisez feulement mes folies , Mes vers qui n'ont loué jamais Que les trop dangereux attraits Du dieu du vin et des Sylvies :
Ces sujets ont toujours tenté Les héros de l'antiquité Comme ceux du siècle où nous sommes :
Pour qui sera la volupté S'il en faut priver les grands hommes?