‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 57 sur 134 · LXIX. A M. D'ARNAUD · texte numérisé non relu

LXIX. A M. D'ARNAUD

J j X F IN d'Arnaud , loin de Manon,

S'en va, dans sa tendre jeunesse,

A Berlin chercher la sagesse

Près de ['rëdéric-Apollon.

Alil j'aurais bien plus de raison

D'en faire autant dans ma vieilless©.

Il va donc goûter le bonheur

De voir ce brillant phénomène ,

Ce conquérant législateur

Qui sut cliasser de sou domaine

Tout dévot et tout procureur.

Deux fléaux de l'engeance humaine.

11 verra couler dans Berlin

Les belles eaux de l'Hippocrene;

Non pas comme dans ce jardin

Où l'art avec effort amené

Les Naïades de Saint-Germain,

Et le fleuve entier de la Seine

Fort étonné de son chemin;

Mais par un art bien plus divin ,

Par le pouvoir de ce génie

Qui sans effort tient sous sa maiu

Toute la nature embellie.

Mon d'Arnaud est donc appelé

Dans ce séjour que Ion renomme ;

Et tandis qu'un troupeau zélé

De pèlerins au front pelé

Court à pied dans les miirs de Rome Pour voir un trisle jubilé , L'heureux d'Arnaud vqit un grand liomme.

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