LXX. AU ROI DE PRUSSE
(iT^'o.)
-[jL IN S I , dans -vos galants écrits Qui vont courant toute la France, "Vous flattez donc l'adolescence De ce d'Arnaud que je chéris , Et lui montrez ma décadence.
.!e touche à mes soixante hivers ; Mais quand tant de lauriers divers S'accumulent sur votre tête ' Par vos exploits et par vos vers , Grand prince , il n'est pas fort honnête De dépouiller mes cheveux Lianes De quelques feuilles néghgées Que déjà l'Envie et le Temps Ont de leurs détestables dents Sur mon front à demi rongées.
Quel fLable de Marc-Antonin .' Et quelle malice est la vôtre !
Vous égratignez d'une main Lorsque vous caressez de l'autre.
Croyez , s'il vous plaît , que mon cœu r , En dépit de mes onze lustres , Conserve encore quelque ardeur.
Et c'est pour les hommes iUustres.
L'esprit baisse ; mes sens glacés Cèdent au temps impitoyable , Coinjne des convives lassés D'avoir trop long-temps t^u table;
Mais mon cœur est inépuisalile, Et c'est vous qui le remplissez.
LXXÎ. A M. HELVETIUS.
\Jvie. toujours de ses douces lois Le dieu des vers vous endoctrine; Qu'à vos chants il joigne sa voix, *I"andis que de sa main divine Il accordera sous vos doigts La lyre agréable et badine Dont vous vous servez quelquefois; Que l'Amour , encor plus facile, Préside à vos galants exjjloits Comme Phébus à votre style ; Et que Plutus, ce dieu sournois.
Mais aux autres dieux très utile, Rende par maints écus tournois Tjes jours que la Parque vous file Des jours plus heureux mille fois Que ceux d'Horace et de Virgile.