LXXIL A M. LE COMTE DE TRESSA
X R E s s A N , l'un des grands favoris Du dieu qui fait qu'on est aimabie.
Du fond des jardins de Cypris , Sans peijie et par la main des Ris, Vous cueille/, ce laurier durable Qu'à peine un .Tuteur misérable, A son dur travail attache.
Sur le haut du Pinde perché.
Arrache en se donuant au diable.
Vous rendez les amants jaloux ; Les auteurs vont être en alarmes; Car vos vers se sentent des charmes Que 1 Amour a versés sur vous.
Tressan, comment pouvez-vous faire Pour mettre si facilement Les neuf Pucelles dans Çythere , Et leur donner votre enjouenvenf ?
Ah! prêtez-moi votre art charmant, Prêtez-moi votre main légère; Mais ce n'est pas petite affaire De prétendre vous imiter:
Je peux tout au plus vous chanter ; Mais les dieux vous ont fait pour plaire.
Je vous reconnais à ce ton Si doux , si tendre , et si facile :
En vain vous cachez votre nom; Enfant d'Amour et d'Apollon, On vous devine à votre style.