IX. A MADAME DE
J/E cet agréable rivage.
On ces jours passés on vous vit Faire, hélas! un trop court vcîyage.
Je vous envoie un manuscrit Qui d'un écrivain bel esprit ÎSl'est point assurément l'ouvrage, Mais qni vous plaira davantage Que le livre le mieux écrit :
C'est la recette d'an potage.
Te sais que ce dieu que je sers , Apoliou, souvent vous demande. Voire avis sur ses nouveaux airs ; Vous êtes connaisseuse eu vers, Mais vous n êtes pas moins gourmande.
Vous ce pouvez donc trop payer Celte appétissante recette Que je viens de vous envoyer.
Ma muse timide et discrète N'ose encor pour vous s'employer :
.le ne suis pas votre poëte, Mais je suis votre cuisinier.
Mais, quoi! le desûn, dont la Laine M'accable adjourd'hui de ses coups , Sera-t-il j;imais assez doux Pour me rassembler avec vous Entre Cornus et Melpomene, Et que cet hiver me ramené Versiliaut à vos genoux?
O des soupers cliarmante reine.
Fassent les dieux que les Guerbois Vous donnent perdrix à douzaine, Poules de Caux , chapons du Maine .' Et pensez à moi quelquefois.
Quand vous mangerez sur la Seine Des potages à la Brunois.