‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 7 sur 134 · X. A SAMUEL BEB.?*ARD · texte numérisé non relu

X. A SAMUEL BEB.?*ARD

au nom de madame de Fontaine-Martel.

V-j'est mercredi que je soupai chez vous, Et que, sortant des plaisirs de la t;tble. Bientôt couchée , un sommeil prompt et doux Me fit présent d'aa songe délectable.

i8 EPITRES.

Je rêvai donc qu'au manoir ténébreux

J'étais tombée, et que Pluton lui-même

Me menait voir les héros bienheureux

Dans un séjour d'une beauté suprême;

Par escadrons ils étaient séparés:

L'un ajirès l'autre il me les lit connaître.

Je vis d'abord modestement parés

Les opulents qui méritaient de l'être :

Voilà , dit-il , les généreux amis;

En petit nombre ils viennent me surprendra ;

Entre leurs mains les biens ne semblaient mis

Que pour avoir le soin de les répandre.

Ici sont ceux dont les puissants ressorts ,

Crédit immense , et sagesse profonde ,

Oui soutenu l'état par des efforts

Qui leur li^ raiei^t tous les trésors du monde.

Un peu plus loin, sur ces riants gazons,

Sont les héros pleins d'un heureux délire,

Qu'Amour lui-même en toutes les saisons

Fit triompher dans son aimable empire.

Ce beau réduit , par préférence , est fait

Pour les vieillards dont l'humeur gaie et tendre

Paraît encore avoir ses dents de lait ,

Dont l'enjouement ne saurait se comprendre.

D'un seul regard tu peux voir tout d'un coup Le sort des bons, les vertus couronnées : Mais un mortel m'embarrasse beaucoup ; Ainsi je veux redoubler ses années :

Chaque escadron le revendiquerait.

La jalousie au repos est funeste :

Yeuant ici quel trouble il causerait!

Il est là-haut très heureux ; qu'il y reste.

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