‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 62 sur 134 · LXXVII. A M. DESMAIÏIS · texte numérisé non relu

LXXVII. A M. DESMAIÏIS

V ODS ne comptez pas trente hivers; Les grâces sont votre partage, Elles ont dicté vos beaux vers ; Mais je ne sais par quel travers Vous vous proposez d'èti'e sage, r. est un mal qui prend à mon âge , Quand le ressort des passions, Quand de l'amour la main di\ine, Quand les belles tentations Ne soutiennent plus la macliine.

Trop tôt vous vous désespérez :

Croyez-moi , la raison sévère, Qui trompe vos sens égarés, N'est qu'une attaque passagère :

Vous êtes jeune et fait pour plaire.

Soyez sur que vous guérirez.

.Te vous en dirais davantage Contre ce mal de la raison.

Que je hais d'un si bon courage; Mais je médite un gros ouvrage Pour le vainqueur du Port ilahon.

Je veux peindre à ma nation Ce jour d'éternelle mémoire.

Je dirai , moi qui sais l'histoire, Qu'un géant nommé Gérion l'ut pris autrefois par Alcide Daus la même isle , au même lieu Où notre briUant Richelieu A vaincu l'Anglais intrépide ; .Te dirai qu'ainsi que Paphos Jlinorque à Yénus fut soumise :

EPITRES. i3r

Vous voyez bien que mon héros

Avait double droit à sa prise.

Je suis prophète quelquefois:

.l 'ai prédit ses heureux exploits ,

Malgré l'envie et la critique;

Et l'on prétend que je lui dois

Encore une ode pindarique.

Mais les odes ont peu d'appas

Pour les guerriers et pour moi-même;

Et je conviens qu'il ne faut pas

Ennuyer les héros qu'on aime.

LXXVIII. A L'EMPEREUR (FRANÇOIS I), ET L'IMPERATRICE , REINE DE HONGRIE,

sur l'inauguration de l'université de Vienne. ( ly^B.)

\iuAND un roi bienfaisant que ses peuples bénissent

Les a comblés de ses bienfaits , Les autres nations à sa gloire applaudissent; Les étrangers charmés deviennent ses sujets: Tous les rois à l'envi vont suivre ses exemples ; Il est le bienfaiteur du reste des mortels; Et, tandis qu'aux beaux arts il élevé des temples.

Dans nos coeurs il a des autels.

Dans Vienne à l'indigence on donne des asyles, Aux guerriers des leçons , des honneurs aux beaux arts ,

Et des secours aux arts utiles :

Connaissez à ces traits la fille des Césars. Du Danube embelli les rives fortunées l'ont retentir la voix des premiers des Germains: Leurs chants sont parvenus aux Alpes étonnées,. Et l'écho les redit aux rivages romains.

i32 EPITRES.

Le Rhône impétueux, et la Tamise altiere

Répètent les mêmes accents.

*l'hérese et son époux ont dans l'Europe entière

Un concert d'applaudissements.

Couple auguste et chéri , recevez cet hommage

Que cent nations ont dicté :

Pardonnez cet éloge, et souffrez ce langage

En faveur de la vérité.

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