‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 63 sur 134 · IXXIX. A M. LE DUC DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

IXXIX. A M. LE DUC DE RICHELIEU

sur la conquête de Malion. ( 1756. )

ij EPUis plus de quarante années

Vous avez été mon héros ; J'ai présagé vos destinées :

Ainsi quand Achille à Scyros Paraissait se livrer en proie Aux jeux, aux amours, au repos, 11 devait un jour sur les Ilots Porter la flamme devant Troie :

Ainsi quand Phryné dans ses bras Tenait le jeune Alcibiade, Phryné ne le })ossédaît pas ; Et son nom fut dans les combats Egal au nom de Miltiade.

Jadis les amants, les époux Tremblaient en vous voyant paraître ; Près des belles et près du maître "Vous avez fait plus d'un jaloux ; Enlin c'est aux héros à l'être.

C'est rarement que dans Paris , Parmi les festins et les ris, Ou démêle un grand caractère :

EPITRES. i33

Le préjugé ne conçoit pas Que celui qui sait l'art de plaire Sache aussi sauver les états :

Le grand homme échappe au vulgaire.

Mais lorsqu'aux champs de Fonteuoi Il sert sa patrie et son roi , Quand sa main des peuples de Gi-nes Défend les jours et rompt les chaînes, Lorsqu'aussi prompt que les éclairs Il chasse les tyrans des mers Des murs de IMlnorque opprimée , Alors ceux qui l'ont méconnu En parlent comme son armée ; Chacun dit : Je l'avais prévu ; Le succès fait la renommée.

Homme aimable, illustre guerrier, En tout temps Thoimear de la France, Triomphez de l'Anglais altier.

De l'envie , et de l'ignorance.

Je ne sais si dans Port Mahoa Vous trouverez un statuaire :

Mais vous n'en avez plus affaire ; "Vous allez graver votre nom Sur les débris de l'Angleterre ; Il sera béni chez l'Ibère, Et chéri dans ma nation.

Des deux RieheUeu sur la terre Les exploits seront admirés :

Déjà tous deux sont comparés , Et l'on ne sait qui l'on préfère.

Le cardinal affermissait Et partageait le rang suprême D'un maître qui le haïssait ; Vous vengez un roi qui vous aime.

Le cardinal fut plus puissant.

Et même un peu trop redoutable ; épÎtres. rî

i34 EPITRES.

Tous me paraissez bieu plus grand, Puisfjue vous êtes plus aimable.

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