LXXX. A M. LE PRÉSIDENT HENAULT
sur son ballet du Temple des Chimères, mis eu musique par M. le duc de ÎS'ivernois, et représenté chez M. le maréchal de BeUe-Isle, en 1760.
Votre amusement lyrique Ma paru du meilleur ton; Si Linus fit la musique.
Les vers sont d'Anacréon.
L'Auacréon de la Grèce Vaut-il celui de Paris?
Il chanta la douce ivresse De Silène et de Cypris ; Mais lit-il avec sagesse L'histoire de son pays ?
Après des travaux austères.
Dans vos doux délassements Vous célébrez les chimères :
EUes sont de tous les temps , Elles nous sont nécessaires :
Nous sommes de vieux enfants ; Nos erreurs sont nos lisières; Et les vanités légères Nous bercent en cheveux, blancs.
EPITRES. i35
LXXXI. A M. LE MARQUIS DE XIMENES, qui lui avait adressé une épître. ( 176;.)
Vous flattez trop ma vanité :
Cet art si séduisant vous était inutile ; L'art des vers suffisait , et votre aimable style
M'a lui seul assez enchanté.
Votre âge quelquefois hasarde ses prémices
En esprit ainsi qu'en amour :
Le temps ouvre les yeux, et l'on condamne un jour De ses goûts passagers les premiers sacrifices :
A la moins aimable beauté Dans son besoin d'aimer on prodigue son ame. On prête des appas à l'objet de sa flamme; Et c'est ainsi que vous m'avez traité.
Ah ! ne me quittez point , séducteur que vous êtes ;
Ma muse a reçu vos serments. . . .
Je .sébs qu'elle est au rang de ces vieilles coquettes
Qui pensent fixer leurs amants.
LXXXIL A DAPHNE, cÉleerf. actrice.