‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 64 sur 134 · LXXX. A M. LE PRÉSIDENT HENAULT · texte numérisé non relu

LXXX. A M. LE PRÉSIDENT HENAULT

sur son ballet du Temple des Chimères, mis eu musique par M. le duc de ÎS'ivernois, et représenté chez M. le maréchal de BeUe-Isle, en 1760.

Votre amusement lyrique Ma paru du meilleur ton; Si Linus fit la musique.

Les vers sont d'Anacréon.

L'Auacréon de la Grèce Vaut-il celui de Paris?

Il chanta la douce ivresse De Silène et de Cypris ; Mais lit-il avec sagesse L'histoire de son pays ?

Après des travaux austères.

Dans vos doux délassements Vous célébrez les chimères :

EUes sont de tous les temps , Elles nous sont nécessaires :

Nous sommes de vieux enfants ; Nos erreurs sont nos lisières; Et les vanités légères Nous bercent en cheveux, blancs.

EPITRES. i35

LXXXI. A M. LE MARQUIS DE XIMENES, qui lui avait adressé une épître. ( 176;.)

Vous flattez trop ma vanité :

Cet art si séduisant vous était inutile ; L'art des vers suffisait , et votre aimable style

M'a lui seul assez enchanté.

Votre âge quelquefois hasarde ses prémices

En esprit ainsi qu'en amour :

Le temps ouvre les yeux, et l'on condamne un jour De ses goûts passagers les premiers sacrifices :

A la moins aimable beauté Dans son besoin d'aimer on prodigue son ame. On prête des appas à l'objet de sa flamme; Et c'est ainsi que vous m'avez traité.

Ah ! ne me quittez point , séducteur que vous êtes ;

Ma muse a reçu vos serments. . . .

Je .sébs qu'elle est au rang de ces vieilles coquettes

Qui pensent fixer leurs amants.

LXXXIL A DAPHNE, cÉleerf. actrice.

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