‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 69 sur 134 · LXXXVIII. A M. LE CHEVALIER DE BOUFFLERS · texte numérisé non relu

LXXXVIII. A M. LE CHEVALIER DE BOUFFLERS

i R o Y E z qu'un vieillard cacochyme , Chargé de soixante et douze ans , Doit mettre, s'il a quelque sens.

Son anie et son corps au régime.

Dieu lit la douce illusion Pour les heureux fous du bel âge, Pour les vieux fous l'ambition , Et la retraite pour le sage.

Vous me direz qu'Anacréon, Que Chaulieu même, et Saint-Aulaire, Tiraient encor quelque chanson De leur cervelle octogénaire.

Mais ces exemples sont trompeurs ; Et quand les derniers jours d'automne Laissent éclore quelques fleurs, On ne leur voit point les couleurs Et l'éclat que le printemps donne ; Les bergères et les pasteurs N'en forment point une couronne, La Parque de ses vilains doigts Marquait d'un sept avec un trois :

La tête froide et peu pensante De Fleuri qui donna des lois A notre France languissante:

Il porta le sceptre des rois , Et le garda jusqu'à nouante.

Régner est un amusement

l5o EPITRES.

Pour an vieillard triste et pesant, De toute autre chose incapable ; Mais vieux bel-esprit, vieux amant, Vieux chanteur est insupportable.

C'est à vous, ô jeune Roufflers, A vous dont notre Suisse admire Le crayon , la prose , et les vers , Et les petits contes pour rire ; C'est à vous de chanter Théniire, Et de briller dans un festin.

Animé dn triple délire Des vers , de l'amour , et du vin.

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