XI. A. MADAME DE G
V^ u E I, triomphe accablant , quelle indigne victoire Clâercbez-vous tristement à remporler sur vous? Totre esprit éclairé pourra- t-il jamais croire D'un double testament la chimérique histoire, Et les songes sacrés de ces mystiques fous Qui, dévots fainéants, sots et pieux loups-garous. Quittent de vrais plaisirs pour une fausse gloire Le plaisir est i'obiet , le devoir et le but De tous les êtres raisonnables:
L'amour est fait pour vos semblables; Les bégueules fout leur salut.
Que sur la volupté tout votre espoir se fonde; N'écoutez désormais que vos vrais sentiments; Songez qu'il était des amants Avant qu'il fût des chrétiens dans le monde.
Tous m'avez donc quitté pour votre directeur. Ah! plus que moi cent fois Gouët est séducteur; Je vous abusai moins , il est le seul coupable :
Chloé, s'il vous faut une erreur ,
Choisissez une erreur aimable.
Non , n'abandonnez poin t des cœurs où vous régnez. D un triste préjugé victime déplorable, Yous croyez servir Dieu, mais vous servez le diable. Et c'est lui seul que vous craignez.
La superstition , fille de la faiblesse ,
Mère des vains remords , niere de la tristesse.
En vain veut de son souffle infecter vos beaux jours ;
Allez , s'il est un dieu , sa tranquille puissance
Ne «".'.baissera point à troubler nos amoars; Vos baisers pourraient-ik déplaire à sa clémence ? La loi de la nature est sa première loi ; Elle seule autrefois conduisit vos ancêtres : Elle parle plus haut que la voix de vos prêtres Pour vous , pour vos plaisirs, pour l'amour, et pour moi.