II. A M. DE FORCALQUIER
Vous philosophe! ah , qael projet !
N'est-ce pas assez d'être aimahle?
Aurez- vous bien l'air en effet D'un vieux raisonneur vénérable ?
D'inutiles réflexions Composent la philosophie.
Eh ! que deviendra \ otre vie, Si vous n'avez des passions?
C'est un pénible et vain ouvrage Que de vouloir les modérer ; Les sentir et les inspirer Est à jamais votre partage.
L'esprit , l'imagination , Les grâces , la plaisanterie , L'amour du vrai, le goût du bon.
Voilà votre philosophie.
IIL AU MEME,
au nom de madame la marquise du Cbàtelet , à qui il avait envoyé une pagode chinoise.
V iE gros Chinois en tout diffère Du Français qui me l'a donné ;
STANCES. 2o5
Son ven're en tonne est façonné, .
Et vol' taille est bien légère.
Il a l'air de s'extasier En admirant notre hémisphère ; Vous a.mez à vous égayer Pour le moins sur la race entière Que Dieu s'avisa d"y créer.
Le cou penché , clignant les yeux, Il rit aux anges d'un sot rire ; A'ous avez de l'esprit comme eux, Je le crois, et je l'entends dire.
Peut-être, en vous parlant ainsi, C'est vous donner trop de louanges ; IMais il se pourrait bien aussi Que je fais trop d'honneur aux anges.