‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 95 sur 134 · IV. A Monseigneur le prince DE CONTI · texte numérisé non relu

IV. A Monseigneur le prince DE CONTI

pour un neveu du P. SanaJon, jésuite. (Le P. Sanadoa est supposé parler lui-même, de l'autre monde.

Votre ame, à la vertu docile, Eut de moi plus d'une leçon; Je fus autrefois le Chiron Qui guidait cet aimable Achille.

Mon pauvre neveu Sanadon, Connu de vous dans \otre enfance, TS'a pour ressource que nion nom, Vos bontés et sou espérance.

ÉpÎTRES,etC. iS

eo6 STANCES.

A vos pieds je voudrais bien fort L'amener pour vous rendre hommage; Mais j'ai le malheur d'être mort , Ce qui s'oppose à mou voyage.

Votre cœur n'est point endurci.

Et sur vous mon espoir se fonde.

Je ne peux rien dans l'autre monde.

Vous pouvez tout dans celui-ci.

Je pourrais me faire un mérite D'avoir pour vous bien prié Dieu; Mais jeune prince aime fort peu Les oremus d'un vieux jésuite.

Je ne sais d'où dater ma lettre :

Si par vous mes vœux sont reçus , En paradis vous m'allez mettre, Mais en enfer par un refus.

Non ., mon neveu , seul misérable , Est seul à souffrir condamné ; Car qui n'a rien se donne au diable:

Empêchez qu'il ne soit damné.

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