‹ Épitres, stances, et odes de VoltaireChapitre 97 sur 134 · VII. AU ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

VII. AU ROI DE PRUSSE

en lui adressant un marchand de vin.

A Bruxelles, le 16 auguate 1740-

JL/E voilà ce monsienr Hony Que Bacchus a comb'é de gloire :

Il prétend qu'il sera honni S'il ne peut vous donner à boire.

Il garde un mépris souverain Pour Phébus et pour sa fontaine ; Et dit qu'un verre de son vin Vaut le Permesse et l'Hippocrene.

Je crois qne quelques rois jaloux Et quelques princes de l'empire, Pour essayer de vous séduire , Ont député Hony vers vous.

Comn>e on leur dit qne la sagesse A grand soin de vous éclairer, Ils ont ^•oulu vous enivrer Pour vous réduire à leur espèce.

Cher Hony , cette trahison Est un bien faible stratagème ; Jamais Bacchus et l'Amour niêjn»

Ne pourront rien sur sa raison.

Le dieu des amours et le vôtre , Hony, sont les dieux du plaisir ; Tous deux sont faits pour le servir;.

Mais il ne s,ert ui l'un ni l'autre.

Sans doute Bncclius et l'Amour Ne sont point ennemis du sage ; Il les reçoit sur son passage Sans leur permettre un long séjour.

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