I. Voir A Iravers l Afrique, lioulonaut-colouel Baraticr
on enfonce les portes. La guerre dans le Baoulé est. une guerre de ruelles, dont les murs percés de milliers de meurtrières ne peuvent être ni traversés, ni renversés ; c'est la lutte exaspérante, démoralisante.
Chaque jour, nous en faisons Texpérience. Partout les routes sont coupées, dans chaque couloir de forêt, au passage des ruisseaux, à l'entrée et à la sortie des villages, la mort nous guette, et pas un ennemi ne se montre. A raffut sur la lisière des fourrés, dans des abris qu'ils ont gagnés par des coulées tracées à l'avance , les indigènes intangibles, invisibles, invulnérables, le doigt sur la détente, attendent notre passage. Le crépitement des balles dans les branches les impressionne et provoque parfois leur fuite ; mais comment fouiller par des feux de salve tous ces repaires, avant de savoir s'ils sont occupés ? Il y en a trop 1 Nous aurions vite épuisé nos munitions. Nous ne devons riposter qu après avoir été attaqués. Et c'est la tension continuelle des nerfs en face d"un danger possible, probable, qu'on est impuissant à prévenir.
Il fallut trois semaines d'actions, dirigées journellement contre un des gîtes d insurgés, pour que l'ennemi, traqué, diminuât ses attaques.
Le i6 janvier, après la prise dAkouabo, opérée
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par le commandant Caudrelier, la révolte était presque étouffée ; pourtant, les derniers coups de fusil ne furent tirés que le 5 février.
Cette soumission nous coûtait i3 tués, dont un sergent européen, le sergent Samedi, et 54 blessés, dont le lieutenant Haye (deux fois), Fadjudant GoUinet, les sergents Lebeau et Dufond, le brigadier d'artillerie Barbaud.
Quelques jours plus tard, les fatigues supportées réduisaient encore notre effectif. Le lieutenant Grandmontagne, qui avait pris le commandement de la lo* compagnie, après la mort du capitaine Lallement décédé le 17 décembre à Tbiassalé, succombait, comme son chef, à la bilieuse hématurique; le lieutenant Vaudescal, de la même compagnie, atteint de la même maladie, devait être rapatrié.
Dès le 20 janvier, le colonel s'était rendu à Toumodi; le i5 février, la colonne entière se purta sur Kodiokofi, où elle arriva le 19. Le commandant Caudrelier restait à Toumodi. Après avoir pris la plus large part à la répression dii soulèvement, il avait le crève-cœur d èti-e choisi pour une mission de confiance, mais pour la plus ingrate des missions, celle d'assurer la sécurité de la ligne de ravitaillement entre Tbiassalé et Kodiokofi. Il assumait cette charge avec la
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1 3® compagnie de tirailleurs, la 2^ et la 4° haoussas.
Le 22 février, la colonne s'éloignait de Kodiokofi, marcliaiit vers Sattama à la rencontre da Samorji