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sont malades et dont l’urine élimine tardivement le bleu, on injecte sous la peau de l’iodure de potassium, substance qui S’élimine par plusieurs émonctoires, on constate que le passage de l’iodure subit un retard parallèle à celui du bleu, tandis qu’en examinant la salive, on reconnaît que l’iode y apparaît aussi vite que chez un sujet normal. Depuis lors, nous avons expérimenté le chlorate de soude (1), qui s’élimine également par les urines et par la salive et qui présente Pavantage important de ne point provoquer de douleur ni d’irritation locale. Injecté à la dose de 20 centigrammes, ce sel a passé dans l’urine au bout de 10 minutes chez deux sujets éliminant normalement le bleu, et il s’est montré dans la salive, à peu près dans le même temps, au bout de 12 minutes chez l’un et de 10 minutes chez l’autre.
Au contraire, dans trois cas où le bleu passait dans l’urine avec un retard plus ou moins grand, le chlorate fut éliminé chez le premier malade après 12 minutes par la salive et 15 minutes par les urines ; chez le second, après 12 minutes par la salive et 22 minutes par les urines ; enfin chez le troisième, après 14 minutes par la salive et 832 minutes par Purine : le retard de l'élimination rénale ne pouvait certes pas, dans ces cas, être attribuée à un défaut d'absorption, puisque lélimination salivaire n’avait subi aucun retard.
Une autre preuve que le retard d'apparition du bleu dans Purine n’était pas dû à un vice d'absorption, nous fut donnée par un cas que nous eûmes l’occasion d'observer avec notre collègue Imbert, dans le service du docteur Schwartz. Chez un malade atteint d'hydronéphrose ancienne
(1) Pour rechercher le chlorate dans l'urine et dans la salive, on y verse une solution de sulfate d’indigo et quelques gouttes d'acide sulfurique; en présence du bisulfite de soude, l’indigo se décolore s'il y a des chlorates.
et dont l’uretére du côté malade avait été cathétérisé, nous fimes une injection de bleu de méthylène, et nous pümes constater que, du côté malade, le bleu ne passa que peu ou pas dans l'urine, tandis que, du côté considéré comme sain, il apparut avec un léger retard (1 h. 1/2), ce qui fit admettre que le rein de ce côté présentait des lésions de néphrite atrophique lente. La différence de l'élimination d’un côté à l’autre prouvait bien que c’est l’état du rein et non l’absorption cutanée qui doit intervenir pour expliquer les retards constatés dans l'élimination. Ce cas fut, en plus, la première observation où la méthode du bleu fut associée au cathétérisme de l’uretère et l’on sait quels intéressants résultats à donnés, depuis lors, ce procédé entre les mains de Guyon, Albarran et Bernard.
Enfin, chez une série de malades atteints d’œdème très marqué des membres inférieurs, nous avons pu constater, à bien des reprises, que le bleu injecté en plein tissu œdématié était éliminé par l’urine dans les délais normaux, sans retard et sans prolongation, ce qui montre bien que les différences dans l’absorption sous-cutanée du bleu ne doivent pas entrer en ligne de compte dans l’interprétation des résultats obtenus par l’épreuve du bleu.
En somme, lorsque le bleu est injecté sous la peau, l’absorption est à la fois plus rapide et plus sûre; elle se fait dans des conditions à peu près identiques dans tous les cas, en sorte que, s’il existe une élimination urinaire spéciale du bleu, ce n’est pas un défaut d'absorption que l’on doit incriminer.
Nous nous sommes donc toujours servi, pour l'épreuve du bleu, d’une injection profonde, faite en plein muscle. La dose qu’il convient d’injecter chez l'adulte est de 5 centigrammes, c’est-à-dire 1 c. c. d’une solution à 1/20°. Cette solution doit toujours être parfaitement limpide, quoique d’une
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couleur très foncée; elle ne doit contenir aucun précipité et le bleu doit être complètement dissous sans aucune addition d'alcool.
3 Examen des urines après l'injection du bleu. — Aussitôt avant l'injection, le malade doit vider sa vessie; puis on le fait uriner chaque fois dans des verres séparés, à des intervalles réglés, autant que possible toutes les demi-heures d’abord, jusqu’au moment d’apparition du bleu en nature dans les urines. A partir de ce moment, on peut se contenter de recueillir les mictions de deux heures en deux heures. Jusqu'à ce que toute coloration ait disparu.
Les urines émises devront être examinées le plus tôt pos- Sible après leur émission, en raison des fermentations qui peuvent modifier sensiblement la coloration de l’urine. Nous avons observé, en effet, avec M. Achard, et tous les auteurs ont admis depuis lors, comme nous, que, sous l'influence des micro-organismes, un dérivé incolore du bleu prend naissance dans lurine. C’est ainsi qu’un liquide de culture coloré par le bleu et ensemencé se décolore lorsque la végétation se produit. Nous avons obtenu cette décoloration du bleu par divers microbes {staphylocoques, coli-bacilles, proteus, bacillus subtilis, torulas); c’est par le même procédé que s'explique la décoloration, fréquemment observée, des urines qui étaient bleues à émission. Mais le dérivé mcolore ainsi formé est très instable : il suffit d’agiter le liquide en présence de l'air, pour qu’aussitôt il recouvre sa couleur bleue et ses raies spectrales.
Il sera donc absolument nécessaire, pour apprécier justement les degrés d’intensité de coloration, avant que se soient produits ces phénomènes de réduction, d'examiner les urines le plus tôt possibie après l'émission, et de porter son attention sur tous les points suivants :
a) Moment d'apparition du bleu. — On note avec soin, dans la Série des verres d'urine, l'heure exacte à laquelle le bleu apparaît pour la premiére fois. Dans certains cas où Pélimination est très lente et se fait par trés petites doses, dans d’autres où les urines sont très hautes en couleur, en raison de leur richesse en pigments, il sera nécessaire, pour préciser le début de l'élimination, d’agiter l’urine dans un tube à essai, avec du chloroforme ou avec de la nitrobenzine, qui entraînent les plus petites traces de bleu, permettant ainsi de déceler une très petite quantité de matière colorante.
b) Moment d'apparition du chromogène. — Lorsque le bleu n’est pas décelable en nature dans l’urine émise pendant les premiéres heures, il est absolument nécessaire de savoir S'il n’a pas été éliminé sous forme de chromogène. Pour faire cette recherche, le moyen le plus simple consiste à chauffer, dans un tube à essai, un peu de l'urine à examiner, additionnée de quelques gouttes d'acide acétique : si le chromogène existe, l’urine portée à l’ébullition prend une belle coloration verte.
c) La durée de l'élimination présente une très grande importance. Pour la bien préciser, il faudra rechercher avec soin, le moment exact de la disparition du bleu, ce qui sera facile par le procédé du chloroforme ou de la nitro-benzine. Quant à la disparition du chromogène, elle est habituellement antérieure à celle du bleu, et ne présente alors qu’un intérêt relatif; mais, dans les cas où le bleu est éliminé presque entièrement sous forme de chromogène, il faudra noter soigneusement le moment de sa disparition, en recherchant combien d'heures après linjection cesse la réaction verte par la chaleur et l’acide acétique.
d) Courbe d'élimination du bleu. — L'examen successif des verres contenant les urines émises aux différentes heures,