‹ Épreuve du bleu de méthylène et perméabilité rénaleChapitre 11 sur 46 · OCT · texte numérisé non relu

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permettra d'établir le rythme de l'élimination, et l’on devra noter si l’élimination est continue, cyclique ou polyeyelique, ou bien si elle est, au contraire, intermittente. Lorsque l'urine, trop colorée par les pigments biliaires, empêche de bien voir la teinte du bleu, il y a intérêt, comme le conseillent Chauffard et Cavasse, à déféquer l'urine avec le sous-acétate de plomb, qui ne précipite qu’un peu de bleu. On obtient ainsi des colorations bien comparables entre elles et l’on peut établir une échelle de teintes, qui permet de faire le graphique de la courbe d'élimination.

e) Dosage du bleu dans l'urine. — TN peut être intéressant, dans certains cas, de pouvoir doser la quantité de bleu passant soit en nature, soit sous la forme de chromogène. Plusieurs observateurs se sont efforcés de trouver un moyen pratique de dosage. Nous avions, dès nos premières recherches avec M. Achard, préconisé un procédé dérivé de celui de M. Le Goff, qui se sert d’une solution titrée de bleu de -méthylène, pour doser le sucre : nous avions pensé, qu’en se servant d’une solution titrée de glucose, on pourrait arriver à doser le bleu, mais les résulats contradictoires que nous obtenions, même avec des solutions titrées de bleu, nous firent abandonner cette méthode, que nous cherchâmes à remplacer par des procédés colorimétriques. F. Muller conseille aussi de doser la quantité de bleu contenu dans les urines, par la colorimétrie, mais les manuels opératoires qu'il indique sont trop compliqués pour qu’on puisse les employer. Aussi, croyons-nons que, jusqu'à nouvel ordre, c’est la méthode de dosage préconisée par Achard et Clere qui donnera les meilleurs résultats, et nous nous en servons dans tous les cas où le dosage paraît nécessaire; aussi, nous semble-t-il utile de rapporter la description même des auteurs. L’urine du malade est recueillie 24 heures avant

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l'épreuve, puis, l'épreuve faite, les urines des premières 24 heures après l’injection sont totalisées. On prend alors deux bocaux aussi exactement semblables que possible ; on verse dans l’un une quantité déterminée de l’urine colorée, destinée au dosage, et dans l’autre la même quantité de l'urine non colorée recueillie avant l'épreuve, en ayant bien soin que chaque échantillon soumis au dosage ait été d’abord additionné d'acide acétique et porté à l’ébullition. On dilue alorscesdeux urines, avec la même quantité d’eau (2 ou 3 litres en général), de manière à obtenir avec lurine colorée une teinte assez claire, qui permettra une évaluation plus exacte. Puis, on ajoute à l'urine non colorée, goutte à goutte, avec une burette graduée, une solution titrée de matière colorante (à 1 p. 10,000 par exemple), jusqu’à ce que les deux teintes soient devenues pareilles dans les deux bocaux. On calcule alors la quantité de matière colorante, qu’il à fallu ajouter à la dilution d'urine incolore, pour obtenir légalité des teintes : elle répond précisément à celle que contient l’urine colorée de l’autre bocal. Il ne reste plus, qu’à rapporter cette quantité au volume de l'urine colorée émise par le malade. Soit par exemple 2',130, la quantité d'urine émise dans les 24 heures qui ont suivi l'injection; soit, d'autre part, 25 c. c. d’urine bleue employée pour le dosage; s’il a fallu ajouter 3° 3 d’une solution à 1 p. 10,000 de bleu à l'urine jaune contenue dans l’autre bocal, on en conclura que la quantité totale de bleu contenu dans l’urine des 24 heures est de

0 gr. 00033 X 2,130

Quant à la proportion relative de bleu et de chromogène éliminés, elle sera bien facilement évaluée, si l’on a fait auparavant le dosage du bleu dans l’urine non chauffée : la

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différence entre le second chiffre obtenu et le premier donnera le taux du chromogèéne.

Il peut être intéressant, dans certains cas, de suivre, au moyen des dosages successifs, toute la marche de l’élimination et d'établir des courbes indiquant le taux de la substance colorante qui a passé dans l’urine, aux diverses périodes de l'élimination. En pratique, d’ailleurs, il n’est nuliement nécessaire de multiplier les dosages : il suffit d’en faire un au bout de 24 heures, et encore ce dosage ne sera nécessaire, pour interpréter l’élimination du bleu, que dans les rares cas où les autres signes d’imperméabilité rénale sont douteux.

Dans les recherches courantes, le dosage n’est pas nécessaire, et l'épreuve du bleu est des plus simples, à la condition que l’on obtienne du malade, qu’il recueille bien exactement ses urines aux heures indiquées. Le rôle du médecin est des moins compliqués, ce qui contribue à faire du procédé une méthode essentiellement clinique : si l’on a pris soin de faire, à l'avance, un tableau semblable à ceux que nous reproduisons, dans lesquels la ligne des abscisses correspond au temps écoulé depuis l’injection, la ligne des ordonnées au degré de coloration bleue de lurine émise, il suffira d'examiner les différents verres, de noter sur le tableau le moment du début de l'élimination du chromogène dont l'élimination isolée sera indiquée par un pointillé (voir tableau IT), puis de marquer le début, le degré d’intensité pour chaque émission et la terminaison de lélimimation du bleu, par des points rejoints par une ligne pleine. On aura ainsi la courbe d'élimination du bleu avec ses différentes variations (voir tableaux I, IV, V).

Pour établir une courbe semblable, il faut, au maximum, deux ou trois minutes, et quand le médecin est en possession

de ce graphique, il posséde les éléments nécessaires pour apprécier l'élimination rénale du bleu de méthylène.

Modalités différentes de l’élimination rénale du bleu chez les sujets normaux et pathologiques.

‘1° Chex les sujets normaux l'élimination du bleu après injection sous-cutanée semble bien connue et c’est un des points sur lesquels tous les auteurs sont entièrement d'accord. La plupart des auteurs qui ont employé la méthode du bleu, pour étudier la perméabilité rénale au cours des différentes maladies, ont commencé par chercher comment le bleu était éliminé par un sujet sain, et tous sont arrivés à ce résultat que « dans ces cas, l'élimination se fait dans les limites indiquées par MM. Achard et Castaigne. » Seul, Fr. Muller donne des chiffres un peu différents; il prétend même que la courbe d'élimination du bleu,chez les sujets normaux, est toujours polyeyclique, mais on ne saurait oublier que les expériences de cet auteur furent faites par absorption gastrique du bleu et non par injection sous-cutanée. En somme, tous ceux qui ont étudié lélimination rénale du bleu, ont confirmé les résultais de nos premiers travaux : le bleu commence à apparaître au bout d’une demi-heure, .puis la teinte bleue verdâtre devient de plus en plus apparente ; elle est très nette après une heure et atteint son maximum d’intensité vers la troisième ou la quatrième heure. Elle reste quelques heures à son apogée, et enfin décroit peu à peu, pour disparaitre dans un délai qui varie de quarante à cinquante heures en moyenne : c’est le type de courbe d'élimination continue cyclique (tableau I).

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