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avons, nous-mêmes, observé cinq cas où le taux dépassait 39 milligrammes. Au contraire, dans de très nombreuses observations, le taux était au-dessous de 25 et bien souvent à 10 ou 15 miligrammes.
Le rapport entre la quantité de bleu et de chromogène éliminés dans les premières 24 heures, peut avoir aussi son importance. Il est des cas où la quantité de bleu total peut être inférieure à 20 milligrammes et où cependant le chromogène est en très petite quantité (13 milligrammes de bleu et 6 de chromogène). Il en est d’autres, au contraire, où le bleu éliminé en nature n’est que de 0 millig. 50 tandis que le chromogène est de 15 ou 20 milligrammes.
L’appréciation du rapport entre le chromogène et le bleu éliminés pourra avoir, dans certains cas, une grande importance, comme nous le verrons plus loin, et d’ailleurs pour apprécier grossièrement ce rapport il ne sera pas nécessaire de doser bleu et chromogène, il suffira, après avoir totalisé les urines des 24 heures et en avoir examiné l'intensité colorante dans un tube à essai, de porter à l’ébullition le contenu de ce tube, en présence d’un excès d’acide acétique, et lon verra si la coloration reste la même, augmente faiblement ou beaucoup. On pourra apprécier ainsi les cas dans lesquels le bleu s’élimine presque exclusivement sous forme de bleu, ou au contraire en plus grande partie sous forme de chromogèéne.
Tels sont les différents modes d'élimination du bleu de méthylène; reste à savoir maintenant comment on peut les interpréter au point de vue de la perméabilité rénale.
Mais alors se pose une question préalable qui, si elle était résolue par la négative, rendrait inutile tout notre travail : est-on en droit de conclure du mode selon lequel s’est éliminé le bleu de méthylène, à la perméabilité rénale?
Deux séries d’objections ont été soulevées pour montrer que cette déduction était illogique.
D'une part, Muggia puis Widal rapportent des observations d'urémie, au cours desquels la perméabilité rénale au bleu de méthylène était normale ou sensiblement normale. Mais les observations du premier auteur se rapportent à des enfants chez lesquels la dose de bleu injectée était certainement trop forte, et d'ailleurs Muggia n’a étudié que le retard dans le début de l'élimination, ne tenant pas compte de la prolongation, qui existait dans ses cas et indiquait certainement une perméabilité rénale défectueuse. Quant à l’observation de Widal, elle concerne un homme, âgé de vingt-six ans, syphilitique depuis cinq ans et présentant, au point de vue clinique, tous les signes d’une néphrite parenchymateuse, que le traitement mercuriel et ioduré avait beaucoup amélioré. Un jour du mois de décembre, le malade sortit par le froid, fit quelques excès et tomba subitement en ville dans une attaque de coma. Il fut ramené le lendemain à Phôpital, encore en état de torpeur avec de l’œdème des membres inférieurs, de la dyspnée sans râles et dela céphalée. L'épreuve du bleu fut faite chez ce malade, à trois reprises, elle indiqua chaque fois une perméabilité normale du rein, même alors que le malade était urémique.
Telle est observation de Widal que l’on pourrait invoquer contre la valeur séméiologique de l'épreuve du bleu. A notre avis, ce cas prouve seulement que l’urémie est un syndrome morbide extrêmement complexe, ce que nous montrerons d’ailleurs en détail à la fin de notre travail, quand nous étudierons les rapports qui existent entre l’imperméabilité rénale et l’urémie. Certains auteurs admettent que les symptômes de l’urémie peuvent exister en l’absence de toute imperméabilité rénale : pour eux, l'observation précédente ne