‹ Épreuve du bleu de méthylène et perméabilité rénaleChapitre 17 sur 46 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Transformations chimiques que subit le bleu de méthylène dans le sang et au niveau du rein.

Lorsque nous avons, avec M. Achard, proposé l’épreuve du bleu pour apprécier la perméabilité rénale, nous basions nos conclusions sur ce fait maintes fois constaté, que les malades dont la perméabilité rénale est altérée, éliminent le bleu d’une façon plus lente et plus prolongée que les sujets sains. Mais, à l'heure actuelle, que les différences dans l’élimination du bleu de méthylène sont admises par tous les auteurs, il est nécessaire, pour que notre méthode ait une base vraiment scientifique, de savoir comment le bleu injecté se comporte dans l’organisme et au niveau des reins.

La question est complexe et les travaux publiés jusqu’à présent, à ce sujet, donnent des renseignements peu précis. Ils peuvent être divisés en deux groupes : les uns cherchent à élucider l’action des tissus sur le bleu, les autres étudient l'élimination du bleu au niveau des reins.

L'action des différents tissus sur le bleu de méthylène à été différemment interprétée par les auteurs. Kowawsky avait déjà montré que le bleu se réduit en substance incolore au sein de Porganisme, mais c’est Ehrlich surtout qui a étudié cette action réductrice, d’après laquelle il a divisé les

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organes en deux catégoriées : les uns dans lesquels l’oxydation est très active et où le bleu apparaît en nature, colorant fortement les tissus, ce sont : le rein, le pancréas, le pylore, le duodenum, le cerveau, les muscles et le corps thyroïde. D’autres organes, au contraire, sont très réducteurs et décolorent le bleu, ce sont : les poumons, le foie, les ganglions lymphatiques, les glandes salivaires et mammaires et la partie mférieure du tube digestif. L'action oxydante des organes qui se colorent en bleu n’existe que pendant la vie, ce qu’on peut très bien vérifier, en faisant une injection de bleu à un lapin dont on examinera les viscéres en place, avant que Panimal soit mort : on verra alors le cœur et les reins fortement colorés en bleu. Mais quand, sous l'influence de louverture de son thorax l'animal aura succombé, on constatera que les organes se décolorent rapidement.

Ces expériences ont été reprises par Horsley, qui a obtenu les mêmes résultats que Ehrlich mais en y ajoutant une constatation qui a son intérêt; il a cherché à savoir ce qui se passait au niveau des muscles quand ils sont à létat d’hyperactivité fonctionnelle ou bien d'activité diminuée. Pour produire Phyperactivité, il excite électriquement pendant une demi-heure ou trois quarts d'heure le muscle fessier d’un chien auquel on a injecté du bleu et il compare ensuite la coloration avec celle des muscles voisins qui sont beaucoup moins colorés en bleu. À d’autres chiens, 1l provoque une atrophie musculaire en excisant le nerf sciatique: la plaie étant guérie, il injecte les animaux à différents intervalles aprés l'opération : 3 jours, 10 jours, 3 semaines, un mois. À mesure que le protoplasma des cellules musculaires s’atrophie, la coloration bleue apparaît de moins en moins intense ; elle est à peine marquée lorsque l’atrophie musculaire est complète : Horsley en conclut que l'oxydation est beaucoup

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moindre au niveau des tissus, quand ils sont dégénérés. Pour les reins d’ailleurs, il a constaté les mêmes phénomènes; quand ils sont atteints de dégénérescence graisseuse, l’oxydation est beaucoup moindre, la substance certicale n’est pas colorée en bleu, et c’est à peine si lon voit une coloration légèrement verdâtre, au niveau des pyramides.

En somme, ces résultats de Ehrlich et de Horsley sont très intéressants, surtout si on les interprète à la lumière d’un autre fait constaté par d’autres expérimentateurs, à savoir que le sang réduit le bleu de méthylène sous la forme d’un leuco-dérivé. Il est alors facile de comprendre ce que devient le bleu injecté dans l'organisme : absorbé en nature, il est transformé dans les ang en un leuco-dérivé qui reproduit le bleu au niveau des organes fortement oxydants comme les muscles, les reins, etc., mais à condition que ces organes fonctionnent normalement. Que si, au contraire, ces organes sont lésés, si l'oxydation ne se fait plus activement, le leuco-dérivé n’est plus transformé en bleu. Nous verrons que nos propres constatations, nous on conduit à comprendre ainsi, les transformations du bleu dans l'organisme, mais ce qui avait manqué aux observations de Ehrlich et de Horsley pour arriver à la conception que nous admettrons, c’est d’étudier Paction du sang sur le bleu de méthylène.

Muller à cherché à combler cette lacune qu’il reproche aux travaux de Ehrlich et de Horsley : il déclare que le sang appartient aux organes réducteurs et que du sang frais réduit très activement, 4n vitro, une solution de bleu de méthylène. D'ailleurs, il admet, avec les autres auteurs allemands, que la substance colorante est reformée au niveau des organes oxydants et notamment au niveau des reins, par l'oxydation du leuco-dérivé qui est contenu dans le sang. Il croit également que « dans les états pathologiques du rein, l'oxydation

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