‹ Epuisement nerveux génital, causes et remèdesChapitre 11 sur 21 · S ÉPUISEMENT NERVEUX GÉNITAL · texte numérisé non relu

S ÉPUISEMENT NERVEUX GÉNITAL

Perversions génésiques. — L'étroite parenté existant entre les diverses perversions génésiques, résultant de l'amour réciproque des hommes entre eux, a fait confondre la pédérastie avec la sodomie. Il semblait que la première conduisait inévitablement à la seconde; ce qui en marquerait la place ici.

Mais c'est là une grave erreur signalée par nous, le premier peut-être, dès 1885, dans VOnanisme, par des observations authentiques, émanant des tribunaux, de sodomie pratiquée entre les deux sexes, même dans le mariage. Ce fait seul la distingue donc péremptoirement de la pédérastie et les exemples précédents montrent combien la plupart des pédérastes les plus accentués, par leur attachement exclusif et prolongé à leurs pareils, se disculpent avec énergie et insistance de cette abominable perversion bestiale. Elle constitue donc bien séparément l'onanisme anal, décrit dans VOnanisme seul et à deux^ sous toutes ses formes, sans qu'il y ait lieu d'y insister davantage

Les sodomistes, en effet, n'aiment généralement pas l'homme comme les pédérastes ; ceux-ci ne le deviennent que sur leur demande. Actifs ou succubes, ils ne le recherchent que par leur impuissance avec la femme, d'après l'observation 21. Le chantage, la prostitution, le vice, en sont les mobiles chez les autres. Les passifs ou incubes, au contraire, sont ordinairement conduits à rechercher l'homme par le prurit vénérien seul qu'ils éprouvent exclusivement à l'anus. 11 est si local, persistant et impérieux, que le prurit normal en est annihilé, supprimé. D'où l'exis-

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tence de la prostitution masculine clandestine, à l'usage des initiés. L'observation 225 des Anomalies sexuelles en est surtout un exemple type.

Pour expliquer cette aberration du coït anal, des nédecins ont admis et invoqué une démangeaison locale produite souvent par des boutons hémorrhoïdaux, des fissures de l'anus, sinon la présence de petits vers blancs ou oxyures dont l'anus est le siège exclusif. Ces conjectures sont contredites par les faits. Rien de semblable n'existe dans les cas de sodomie examinés et relatés dans l'observation précitée et les suivantes des Anomalies sexuelles. Le voisinage presque immédiat de l'anus avec la prostate, les vésicules séminales et les canaux éjaculateurs, en explique bien mieux Térotisme par le frottement. Il a suffi, chez deux de ces sodomistes passifs, d'observer et toucher l'anus, fendu presque comme le vagin, pour que l'érection se produise immédiatement avec éjaculation spontanée, lancée à distance et à plein jet. Ce centre érogène est ainsi rendu manifeste. Le chatouillement voluptueux, décelé par les petits garçons violés, et la jouissance accusée par ceux qui y persistent, dès que l'on y porte le doigt, en est la démonstration. La prostitution sodomiste ne se décèle et ne se révèle pas autrement, sans mot dire, entre les initiés. C'est ainsi qu'à défaut d'acolyte, de vieux sodomistes s'introduisent des chandelles, bougies et d'autres corps étrangers, à l'instar de l'onanisme mécanique du canal de l'urèthre chez les deux sexes. Les sodomistes passifs, détestant l'homme, peuvent ainsi s'en passer, souvent au prix des plus graves blessures

OU des plus dangereuses opérations pour les extraire. La différence entre la pédérastie et la sodomie est ainsi très appréciable et manifeste. Celle-ci ressort de causes toutes locales, tandis qu'elles sont exclusivement générales dans la première en émanant du cerveau. Il n'est donc pas nécessaire d'invoquer l'inversion sexuelle pour expliquer ni l'une ni l'autre. La sodomie est d'essence toute physique et c'est en la traitant par des applications topiques d'une pommade à la cocaïne qu'une certaine amélioration dans le prurit anal s'est manifestée (Observation 226 des Anomalies sexuelles). Son influence sur l'épuisement génital s'explique comme celle de la masturbation et du frottement .

Vanaphrodisie essentielle, beaucoup plus rare et moins connue, quoique plus intéressante que la pédérastie, lui est faussement attribuée, à défaut de pouvoir l'expliquer autrement. L'anaphrodisie sexuelle existe, il est vrai, chez les pédérastes, en remplaçant le désir naturel de la femme dans leur imagination par celui de l'homme. La plupart sont ainsi incapables des rapports normaux, à défaut de désirs erotiques naturels, tandis qu'ils sont très vifs et ardents chez l'anaphrodite. Il a horreur et dégoût des pratiques pédérastiques qu'il réprouve en s'en défendant spontanément, crainte d'en être soupçonné par le défaut d'action de ses désirs sur ses organes génitaux.

Telle est la différence fondamentale entre le pédéraste et l'anaphrodite. Le premier est exclusivement

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attiré vers son semblable, et, qu'il cède ou non à ce sentiment contre nature, il en reste esclave; la femme lui est indifférente, sinon antipathique, et il est ordinairement impuissant avec elle. L'anaphrodite, au contraire, l'aime et la recherche exclusivement, son esprit en est imprégné, mais elle n'exerce sexuellement aucune influence sur ses organes. Elle ne provoque ni l'idée ni le sentiment de l'amour qu'if ignore. Son contact, au lieu de l'exciter et l'enflammer, le glace et le paralyse, tandis que spontanément et artificiellement, ses organes fonctionnent normalement. Le résultat négatif est donc le même quant aux rapports naturels, malgré la différence des sentiments qui produisent cette impuissance.

Cette névrose erotique est ainsi généralement confondue à tort avec l'impuissance organique constitutionnelle, malgré tous les caractères évidents de la virilité. Organes sexuels normaux et constitution parfaite à l'examen, désirs naturels et d'autant plus ardents qu'ils ne peuvent être satisfaits, érections normales et durables dans l'isolement, suivies d'éjaculation avec spasme voluptueux d'un sperme abondant et normal à l'aide de la main ou du frottement isolé, solitaire.

En présence et au contact de la femme, au contraire, ces organes restent inertes et mous, sans que les baisers, les attouchements ni les caresses puissent même les stimuler ni les tirer de leur atonie leur torpeur. L'érection ne peut avoir lieu et, provoquée manuellement, elle cesse et disparaît dans les conditions les plus favorables à l'entretenir, elle tombe

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invariablement et rend le coït impossible, alors qu'il n'y a ni gêne, ni honte, ni timidité dans des essai?: tentés exclusivement à cet effet avec des femmes choisies, aimées, adorées.

Tel est, en résumé, le récit fidèle des malheureux, heureusement fort rares, observés par moi. Ils se limitent à sept, depuis une douzaine d'années, sur plusieurs milliers de consultants spéciaux. Les trois premiers exemples étaient des garçons très grands et efféminés, de 25, 32 et 38 ans, restés absolument vierges malgré leurs désirs, dont les observations figurent aux Anomalies sexuelles sous les numéros 162, 165 et 167. Le quatrième, les confirmant quoique moins accentué, chez un garçon de 23 ans, est relaté dans la nouvelle édition de V Impuissance, page 288. Il serait donc superflu de les reproduire et il suffira de rapporter les trois derniers, tout récents et inédits.

Cette névrose anaphroditique, négation du sentiment de famour , ne s'explique que par l'absence même ou le défaut du sens erotique placé dans le cerveau. Elle est manifestement innée, native, et se rencontre généralement chez des garçons très nerveux, adonnés dès l'enfance à la masturbation solitaire, jamais à deux, ou au frottement, ayant été surmenés par un travail précoce et exagéré du corps et surtout de l'esprit. Leur aspect est efféminé, neurasthénique, timide et énervé, soit à la vue, soit par photographie ou correspondance. Ils sont exempts de toute tendance pédérastique et il suffit de les en soupçonner pour au'ils s'en défendent avec horreur: ils aiment au conraire passionnément les femmes. On jugera de ces

caraclères par les faits publiés et ceux qui suivent.

La syncope génitale précitée, page 136, a une certaine analogie avec cette névrose en rendant l'homme impuissant instantanément, sans lésion ni maladie, puisque la virilité reparaît aussitôt dans des conditions différentes. L'élément moral ou nerveux peut donc subjuguer le physique au point de le paralyser complètement. Toute la différence avec l'anaphrodisie essentielle est la durée et la persistance indéfinie de celle-ci au contact de la femme, alors que seuls, isolés, ces hommes retrouvent immédiatement tous les signes de leur virilité. Ce n'est donc pas de Timpu ssance au sens vrai du mot. Et quand il est démontré que sous l'influence d'affections nerveuses, morales, et même certains médicaments agissant spécialement sur le cerveau, une anaphrodisie accidentelle plus ou moins prolongée en résulte, comme de nombreux exemples en témoignent dans V Jmjmissance physique et morale, on ne peut y voir qu'une névrose psychique ou anaphroditique du sens génital.

Cette frigidité morale existe à divers degrés, en raison même des causes variées pouvant la produire. Plusieurs faits, ne pouvant être considérés comme de l'impuissance physique, ni même de la faiblesse nerveuse, ont été placés sous ce titre dans les Anomalies sexuelles, page 346, qui sont évidemment des cas d'anaphrodisie relative, dépendant de l'âge ou d'autres causes accessoires : timidité, émotivité, impressionnabilité, féminisme, etc., dont voici un exemple :

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