Enfant né d'une mère très nerveuse. Dès l'âge
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de sept à huit ans, il est porté à des attouchements avec ses camarades. A neuf ans, un instituteur ignorant in lui « démontre pratiquement à l'école les ni\>tHreb de Sodome et abuse de lui trois à quatre fois, sans .tnchirer l'anus. » Il contracte alors l'habitude de la ma>iui l>ation assis et couché et épi-ouve bientôt des serrements de tète avec hochements et tic dans les yeux. Fièvre typhoïde à dix ans, anémie et pâleur consécutives. L'année suivante, du sang coule de l'urèthre en se masturbant. Cessation pendant quinze jours. Atteint de priapisme vers quinze ans, il fut pris de nausées avec faiblesse dans les membres. Une inflammation intestinale survint. Il reprit ensuite sa passion de la masturbation et finit par s'introduire des bougies ou autres corps étrangers dans l'anus avant de s'y livrer, jusqu'à vingt-et-un ans, en agissant toujours seul.
Dans les dernières années, il fut pris d'un tremblement des bras, le droit surtout servant à la masturbation, et ensuite des épaules avec une espèce de frisson lui donnant une contenance embarrassée et des manières gauches.
Il s'adonna dès lors à la prostitution avec excès, au point de se livrer à la succion des parties génitales comme les chiens. De là deux blennorrhagies et un chancre.
En proie à des contractures générales et tremblements de la tête, il est soumis à un traitement par sa famille. Cachant son passé au médecin, il est traité par les bromures, avec douches et pilules de Méglin probablement. Effet à peu près nul. La volonté n'a cependant jamais été annihilée, car malgré le fréquent désir de se livrer aux hommes, il n'y a jamais cédé.
Actuellement : gland en massue et testicules pendants des masturbatcurs. Divers accidents à l'anus, gonflement et prolapsus d'un côté en allant à la selle. Démangeaisons du périnée rapportées à un eczéma.
L'auteur de cette odyssée, consultant de Charcot, âgé de trente ans en 1890, était comptable encaisseur d'une ma son de commerce du Midi, marchant
au moins dix heures par jour et employant six heures ensuite à ses écritures. Il était donc surmené. C'était un névropathe héréditaire par ses tremblements, ses contractures douloureuses et ses allures suspectes, augmentées par ses mauvaises habitudes, mais nullement fou comme le dit son entourage; son raisonnement et ses occupations, qu'il remplit à la satisfaction de ses chefs, en sont un démenti formel. Ses habitudes vicieuses dans l'enfance et la jeunesse, augmentées de son hérédité, l'ont rendu neurasthénique sexuel, par tant de négligence, défaut d'attention et de soins des parents, qu'il semble devoir en être fatalement victime.
Ce cas n'est pas isolé, j'en ai observé plusieurs autres analogues qu'il serait fastidieusement inutile de rappeler par leur similitude. La neurasthénie coïncidente complique le plus souvent ces exemples d'onanisme sous ses différentes formes, comme le prouvent les dix observations de neurasthénie relatées aux Anomalies sexuelles, page 223. De ces 10 cas, 5 étaient de jeunes masturbateurs, et l'onanisme intersexuel ou fraudes existait chez 3. Les deux autres étaient des nerveux âgés et épuisés. La masturbation passionnelle et prolongée dans la jeunesse est donc une des principales causes de Taflaiblissement nerveux génital et plus tard de son épuisement. Le fait observé par Beard sous le N*» XXXVI en offre la démonstration.
91. — « Consultant âgé de trente ans, s'étant masturbé avec excès dans sa jeunesse. Il en e'prouvait les effets suivants en y mettant fin : pertes se'minales spontanées
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très fréquentes en allant à la selle, bourdonnements de Toreille gauche avec tintements d'une sofinelte éloignée, pesanteurs de tête, dépression mental»- crainte de la société ou anthropophobie. Sueurs dan> ies mains, douleurs entre les épaules et au centre génital de la région lombaire en bas des reins. Sommeil incertain avec cauchemars, éjaculation rapide dans le coït et après comme avant la moindre excitation erotique, suintement d'une gouttelette de liquide filant et transpaient du canal de l'urèthre. C'est le « pénis weepîng ou pleureur de Tauteur. »
« L'inspection lui montra ce pénis très volumineux, flasque et mollasse, donnant au toucher la sensation cartilagineuse résultant ordinairement de l'abus prolongé de la masturbation. Ce volume exagéré est digne d'être noté, dit-il, car il n'a guère été signalé jusqu'ici. » Il eût dû préciser en ajoutant : aux États-Unis. Ce volume exagéré du pénis a été signalé en effet dès la plus haute antiquité, par Galien notamment, disant avoir observé des organes génitaux très développés chez ceux qui s'étaient abandonnés sans réserve aux jouissances de l'amour. Simple application de cette loi physiologique que l'exercice développe l'organe, démontrée par l'excès de force et de développement de la main droite sur la gauche c'iez les manouvriers, confirmée par le contraire chez les gauchers.
Je le démontrais dès 1879 dans le Mariage, puis dans r Onanisme f page 265, et ensuite dans les Anomalies sexuelles, page 88, par de nombreux exemi)les, comme signe évident de la masturbation prolongée. Mais ce n'est pas là un caractère constant, comme Tardieu l'a prétendu, au point d'en faire un signe
médico-légal. Au contraire, des masturbateurs solitaires ont souvent un pénis très exigu. Son hypertrophie n'existe que chez les masturbateurs effrénés et à deux ordinairement. Elle est produite par l'agrandissement des sinus caverneux, résultant de l'afllux renouvelé et prolongé du sang, sou? l'action mécanique et directe de la main. Elle se reconnaît surtout aune extrême mollesse dans le relâchement et à sa moindre dureté dans l'érection, par le fait même de cette dilatation des vésicules des corps caverneux. Avec l'apparence du gland bien détaché du prépuce et en battant de cloche, ce sont les plus sûrs caractères de ce vice. La dilatation de la veine dorsale de la verge en est la confirmation.
Ces signes accusateurs, indélébiles et ineffaçables, sont souvent accompagnés de varicocèle droit et de fonte du testicule correspondant. Effets directs de ce vice avec les bourses relâchées et pendantes exigeant le port d'un suspensoir pour les soutenir.
Cet ensemble de caractères est nécessaire, d'ailleurs, pour distinguer l'hypertrophie artificielle du pénis de son développement exagéré naturel. Il est aussi dû parfois au frottement professionnel de cet organe. Tels sont les aides-boulangers ou pétrisseurs et les ouvriers travaillant contre un établi. De même ^des calculeux et des prostatiques incités par leur démangeaison habituelle du méat urinaire à y porter involontairement la main pour l'apaiser.. Toutes ces exceptions sont encore plus explicitement indiquées dans la nouvelle édition, corrigée et très augmentée, de l'Onanisme qui vient de paraître.
Pratiquée debout et souvent avec excès, la maslarbation en devient beaucoup plus dangereuse. Depuis longtemps, les médecins avaient observé des congestions de la moelle épinière chez les hommes, à la suite du coït pratiqué dans cette position. Des exemples de paralysie en sont résultés dont plusieurs ont été suivis de mort. La rachialgie ou douleur de la colonne vertébrale s'étendant aux membres inférieurs et déterminant la faiblesse génitale, signalée depuis comme le principal symptôme neurasthénique, il est à croire qu'elle dépend souvent de la masturbation ainsi pratiquée. D'où l'urgence d'en élucider la cause réelle. En voici un exemple probant.
92. — Un garçon de trente-deux ans, employé des douanes maritimes dans le Midi, se plaint, le 2 novembre 1891, d'e'prouver depuis trois mois une diminution croissante de sa virilité, quoique jouissant d'une parfaite santé. Plus d'érections spontanées, même à la vue des femmes, bien que Timagination soit toujours en éveil. Il n'en a plus que d'instantanées le matin. Il éprouve de temps en temps et avec intermittences soit des inquiétudes dans l'épine dorsale, soit un froid aux pieds anormal ou un léger fourmillement. Sommeil calme avec lourdeur du corps. Affaiblissement de la vue qu'il attribue à la réverbération des quais où est son travail, sinon à l'abus du tabac.
Il s'accuse de s'être livré à la masturbation de neuf à dix ans jusqu'à dix-huit, avec intermittences, au moins une fois par jour. Plus tard, j'ai vu des femmes avec plaisir et ma constitution s'est fortifiée ensuite. Mais à vingtdeux ans, je me suis trouvé, pendant deux ans environ, en contact journalier et continu avec une personne dont l'aspect m'excitait beaucoup, tout en la respectant.
Après deux mois de traitement, les fourmillements des pieds étaient disparus, mais les douleurs des reins persistaient, quoique moins fortes et plus courtes. L'érection s'est montrée deux fois à la chaleur du lit, suivie d'un coït très rapide, avec éjaculation immédiate et presque insensible malgré son abondance. La main tremble en écrivant.
La rachialgie persistant après divers révulsifs employés, j'ai conseillé des pointes de feu, en s'adressant à un médecin instruit pour les appliquer, après avoir établi un diagnostic éclairé; ce malade parlait en effet de maladie de la moelle et ne pouvait se déplacer pour le vérifier. Pas de nouvelles ultérieures.
Il y a lieu de s'en tenir ici à l'idée d'une rachialgie déterminée par les excès vénériens antérieurs et les deux années d'érotomanie continue et sans issue devant son idole. D'abondantes pertes séminales ont dû en résulter, comme chez la plupart de ces amoureux transis. Ni excitation sexuelle locale, ni impuissance absolue n'étaient signalées. La faiblesse génitale pouvait donc résulter d'un simple trouble nerveux local, provoqué directement par tant d'abus successifs du centre génital, puisque des érections spontanées se produisaient encore dans les conditions ordinaires du jour et de la nuit. Il est bien difficile d'ailleurs de se prononcer sur ce diagnostic différentiel, d'après le fait analo^^ue et encore compliqué de syphilis où, malgré l'intervention de Ricord et de Charcnt, il n a pu Hre élucide. (Observation 131 des Anomalies sexmdles.)