‹ Epuisement nerveux génital, causes et remèdesChapitre 16 sur 21 · C'est absolument l'opposé dans le cas d'un · texte numérisé non relu

C'est absolument l'opposé dans le cas d'un

industriel alsacien de trente-cinq ans, marié et père de famille, ayant commencé dès quinze ans à avoir des rapports sexuels; ce qui permet de supposer — car il ne le dit pas — qu'il en a abusé ensuite. Toujours est-il que marié à vingt-huit ans avec une femme très ardente de vingt-sept, il fut atteint d'ataxie locomotrice au commencement de 1892. 11 consulta successivement trois médecins allemands et français qui, sans s'inquiéter des rapports conjugaux, conseillèrent des cures thermales difîérentesM en Suisse et des injections de séquardine pendant sii* mois, sans aucun remède local. Or, il est arrivé qu'au début, les jeunes et ardents époux, loin de ralentir leurs rapports, les ont plulôt augmentés pour satisfaire leur ardeur produite par l'irritation de la moelle épinière. Mais bientôt la faiblesse est venue et aujourd'hui, malgré des érections spontanées, leurs désirs réciproques et « les rôles renversés, ces rapports sont devenus impossibles. »

N'était-ce pas le cas d'agir localement au début sur la moelle inférieure, par des révulsifs énergiques, surtout sur le centre génital pour prévenir le prurit ordinaire qui s'y déclare et provoque des excès vénériens? Consulté, j'ai prescrit en conséquence des cautères volants, à la pâte de Vienne, avec restriction étroite, sinon abstinence des rapports conjugaux, en faisant au besoin lit à part. Les moyens généraux viendront ensuite.

Au contraire, on voit et l'on s'occupe seulement des symptômes apparents, souvent accessoires de la maladie, sans s'inquiéter des organes génitaux et de leur fonctionnement; on néglige ainsi de le faire activer ou le restreindre, suivant l'indication, lorsqu'il est la cause cachée, secrète et principale du mal. Ce serait alors simplement de l'hygiène et l'on attend qu'il soit évident et parfois incurable pour instituer le traitement.

« Dans répuisement nerveux génital delà femme, a dit également Beard dans l'introduction de son livre, page 28, aucun examen local n'était fait autrefois et l'on employait uniformément le traitement constitutionnel contre des troubles locaux. De même chez l'homme aujourd'hui : sans suspecter le dire du malade, on ne fait ni examen local, ni enquête sur son histoire génitale ou son hygiène. Les signes indicateurs des troubles ou complications nerveuses locales sont ainsi ignorés, méconnus. Et comme les femmes souffrant de troubles nerveux analogues de la matrice et des ovaires étaient communément traitées d'hystériques, il y a un demi-siècle, les hommes sont maintenant traités d'hypocondriaques ou toqués et expédiés comme tels.

« Les troubles nerveux des voies génitales de l'homme sont encore actuellement aussi obscurs que ceux de la femme alors, mis en lumière depuis que l'on y regarde de plus prés et mieux ; on le reconnaîtra plus tard. Déjà Ton s'aperçoit que le titre d'hypocondrie, qui leur est uniformément appliqué, est aussi faux que celui d'hystérie attribué à la femme et que le traitement interne constitutionnel est inefficace. On devrait donc interroger et regarder de plus près ces souffrances locales, en ce qui concerne spécialement l'urèthre irritable dont beaucoup proviennent. Quand les maladies nerveuses de l'appareil génital mâle seront mieux connues par une exploration minutieuse, on reconnaîtra qu'un phimosis simple, une exubérance du prépuce, un varicocèle, des testicules irri- I tables retentissant sur la prostate, la congestion de

cette glande et de l'urèthre, correspondent avec la spermatorrhée et divers autres symptômes nerveux. » i La cause génitale étant entretenue ou suspendue, : selon les cas, il faut éviter toute excitation, fatigue ou surmenage de corps et d'esprit et les excès de toute nature, dans l'exercice comme dans le repos. Continuer ses occupations, son travail habituel, pour tenir le physique et le moral assez occupés dans une activité modérée, sans émotions ni veilles, ni le bruit, l'ennui ou le souci des affaires.

a Au point de vue de la santé, a dit judicieusement un moraliste dans Jeunesse^ le travail manuel est un des plus énergiques moyens thérapeutiques. Il enrichit le sang, augmente l'énergie, entretient la bonne humeur quand elle existe et la ramène quand elle a disparu. On vit bien plus gaiement et plus largement quand le corps a son activité normale, et la pensée, loin d'y perdre, y gagne. L'étude sédentaire énerve, altère les impressions et les idées, diminue la clarté des conceptions et dispose aux exagérations et aux excentricités. »

Pour ceux qui ont des palpitations, le séjour à la campagne, en plaine surtout, à l'abri des excitations atmosphériques, avec des distractions par la conversation, les promenades en compagnie et sans fatigue, prolongées graduellement selon le retour des forces, est surtout efficace. Les voyages ne profitent guère dans la neurasthénie sexuelle chronique, même pour aller aux eaux thermales ou dans les stations sanitaires. La mer réussit mal aux irritables.

« Les voyages sur terre ou sur mer, dit Beard, ne

doivent jamais être entrepris par les neurasthéniques affaiblis, énervés; ils n'en peuvent éprouver que de mauvais effets dans cet état. Il faut attendre d'aller mieux et d'être plus fort pour les entreprendre. Le simple changement de lieu ou de climat est préférable à ces malades. » (Page 214.)

Ne jamais rester inoccupé, afin de ne pas se laisser aller au découragement, à la mélancolie, ni aux réflexions tristes, pénibles. Ce mal portant aux idées noires, le principal est de se bien convaincre qu'il est curable. Que de maux sont incurables, parce qu'on les croit ainsi ! dit Gozlan dans le Médecin du Pecq^ page 208. Dans l'épuisement sexuel surtout, les malades doivent agir avec l'assurance d'une guérison certaine; c'est une des meilleures conditions de l'obtenir.

Manger régulièrement ce qui convient et digère le mieux parmi les aliments substantiels : viandes noires rôties, bœuf et mouton de préférence, volaille, gibier, poisson, cervelles, œufs, lait, sans faire de celui-ci un régime exclusif ni un système absolu, à moins que l'estomac ne l'exige. Le bouillon est préférable en excitant l'appétit et devient nourrissant par la viande de bœuf, crue ou hachée, que l'on y projette en pleine ébullition pour la saisir et la rendre plus digestive. Les pâtes et fécules, préparées au beurre ou au lait, peuvent servir comme lesi, à la fin ,du repas, de préférence aux légumes et aux fruits, crus ou cuits, et autres condiments.

Comme boisson, les vins rouges les plus chargés de tannin sont meilleurs que les blancs, de même que

!a bière et le cidre. Le café, le thé faible, seu.s oulégè rement aiguisés à la fin d'une cuillerée à café ou à dessert de cognac, sont permis, à l'exclusion d'autres liqueurs, à ceux qui s'en trouvent agréablement et utilement excités. ^|

L'habitude de fumer n'a qu'une influence douteuse, selon Beard, sur les symptômes nerveux. Il a vu plusieurs malades se priver de ce plaisir sans en éprouver aucun avantage, comme celui de l'observation 9. Mais ceu'x qui en souff'rent font toujours bien de la cesser entièrement, un emploi très modéré du tabac étant souvent aussi malfaisant que la moindre boisson alcoolique aux nerveux.

Ces conditions diététiques, observées pendant quelques mois, suffisent souvent à faire disparaître l'affaissement ou l'affaiblissement nerveux génital Une nourriture tonique, quand l'assimilation est parfaite, est le meilleur moyen, en augmentant la richesse du sang, de modérer et restaurer les nerfs. L'assimilation est surtout facilitée par la liberté du ventre, entretenue et provoquée au besoin par une verrée de limonade citrique entre les repas, pour la complète élimination des matières non assimilées et celle de l'acide urique.

Un sommeil calme et tranquille est aussi néces- \ saire à cet effet, en se couchant de bonne heure pour se lever tard. Afm de bien dormir sans rêver, la position horizontale est certainement la meilleure et l'hatude de se tenir la tête élevée par un traversin et de nombreux oreillers est également la plus mauvaise : la circulation du sang dans le cerveau ne pouvant se

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faire ainsi normalement pendant le sommeil. De là l'insomnie et des rêves, des cauchemars. L'attitude de tenir la tête plus basse que les pieds est assurément moins nuisible au sommeil. Diminuer graduellement Télévation de la tête, en augmentant celle des mem* 1 bres inférieurs, est donc un moyen très rationnel à conseiller contre Tinsomnie. La preuve en est qu'il suffit d'étendre une personne en syncope sur le sol pour qu'elle reprenne connaissance aussitôt, en rétablissant la circulation du sang dans le cerveau.

Dans les cas d'excitation et d'insomnie, l'hyosciamine cristallisée, par son action sur le nerf grand sympathique, amène le calme et le sommeil infailliblement. Un ou deux granules de Houdé, d'un demimilligranmie, procure un sommeil calme et est applicable en pareil cas, de préférence à tous les autres narcotiques.

L'hygiène génitale ou sexuelle ne doit surtout pas être négligée, concurremment avec les moyens précédents; elle consiste en lotions, matin et soir, avec une éponge imbibée d'eau froide sur Taire génitale, depuis le pubis jusqu'à l'anus, le prépuce relevé et le gland à nu. Une demi-cuillerée à café d'eau de Cologne, d'alcoolat de lavande, menthe ou mélisse, peut être ajoutée à une grande verrée d'eau à cet effet. Ces ablutions doivent être faites en quelques secondes, afin d'en rendre l'impression plus sensible et efficace.

Une petite verrée d'eau froide prise en lavement, avant de se mettre au lit, avec un injecteur calibré dont la poire en caoutchouc n'en doit pas contenir plus,

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est aussi du meilleur effet en étant gardée et absorbée pendant la nuit. Ce bain local des parties internes est surtout favorable contre l'excitation des organes et les pertes séminales nocturnes. Certains continents ne peuvent le supporter sans entrer en érection. Il suj5:t d'en diminuer graduellement la dose, en en augmentant la température, pour s'y habituer. Il prévient surtout la constipation, fréquente en pareil cas, par le régime tonique et le peu d'exercice à observer. C'est donc dans la neurasthénie sexuelle que la pression des matières fécales durcies sur l'urèthre prostatique chez l'homme, l'utérus chez la femme, peut déterminer sur ces organes irrités des accidents sérieux. Chez les gens faibles et débiles, le passage des scybales produit un tel affaiblissement qu'il va parfois jusqu'à lu syncope. D'où l'indication de surveiller attentivement cette fonction dans les troubles génitaux, les pertes séminales et la prostatorrhée, comme nous l'avons déjà dit. Si les lavements d'eau froide, pris en se couchant, ne suffisaient pas à entretenir le cours régulier des selles, on y ajouterait une cuillerée à café de glycérine qui donnerait sans coliques le résultat attendu. Ce moyen est préférable aux autres, mécaniques ou médicaux, pour débarrasser le gros intestin.

Ces moyens locaux suffisent contre la faiblesse génitale simple, quand les forces vitales se maintiennent et qu'aucun autre organe ni fonction essentielle ne sont atteints. Le meilleur signe en est dans

le rétablissement progressif des manifestations viriles, dont il ne faut jamais abuser sous peine de rechute

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OU récidive. Dans le cas contraire, Pépuisement reclame un traitement local et spécial.

L'usage de la fonction n'est pas moins indispensable. Il faut connaître ses forces et ne pas les dépasser. Cette régie à observer en santé doit l'être bien plus rigoureusement dès qu'il y a faiblesse ou maladie nerveuse. Mais la continence est aussi dangereuse en santé ; l'observation 144 en est l'exemple. Chez deux neurasthéniques, la continence entretenue par des scrupules, dit le docteur Levillain, était manifestement une des causes de la maladie, (page 269.) Tout excès normal ou contre nature la produit de même. Une grande prudence est donc recommandée dans le fonctionnement des organes génitaux.

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