TRAITEMENT
L'épuisement nerveux génital doit être combattu, traité, d'après les causes qui l'ont déterminé, produit directement ou indirectement et l'entretiennent le plus souvent. S'attaquer au signe prédominant du mal, comme la spermatorrhée, l'impuissance ou toul autre symptôme saillant, ainsi que la généralité des malades le réclament en demandant avis, n'est pas à prendre en considération. Le traitement exclusivement dirigé contre l'un de ces symptômes ou une condition spéciale intercurrente de l'épuisement nerveux : altérations de l'urine, congestion du cerveau ou de la moelle épinière, craintes ou impulsions maladives, insomnie, dépression, n'est ni logique ni rationnel,
dit Beard, page 16; le symptôme disparu, effacé, la maladie dont il dépendait reste en permanence et peut toujours le reproduire. C'est elle qu'il faut surtout combattre.
Or, ces causes sont générales et locales, physiques et morales, comme on Ta vu, constitutionnelles même, et il faut tout d'abord s'attacher à les découvrir, les connaître pour y mettre un terme ; le traitement ne doit et ne peut venir logiquement qu'ensuite pour être efficace et curatif. Il est ainsi local et général à la fois dans la majorité des cas, médical le plus souvent, moral parfois et même opératoire ou chirurgical exceptionnellement.
Il n'y a pas à faire ici la description de ces divers traitements, ni des nombreux moyens dont ils se composent. Il suffira de signaler les agents mis à la portée du public, dans les trois catégories de faits rapportés aux trois ordres de causes précédentes, le mariage en particulier, et de citer ceux qui peuvent être appliqués ensuite, en cas d'insuccès, par les hommes de l'art.
L'un de ces moyens, applicable à la généralité des cas, sauf de très rares exceptions, doit être signalé en première ligne pour n'y plus revenir. C'est l'hydrothérapie en douches froides, générales ou locales, eî spécialement sur la colonne vertébrale, la partie inférieure surtout. De tous les traitements recommandés et usités, c'est l'agent fondamental et dont les bons effets sont certains, dès que ces douches sont bien tolérées par les malades. Les arthritiques ou rhumatisants ne les supportent en effet que chaudes ; froides,
elles les font tousser. Il est devenu si banal et vulgaire que tous les établissements de bains offrent aujourd'hui d'en donner à prix réduits, sans Tinstal- ,^ lation ni les instruments convenables pour les rendre ' efficaces. Il ne s'agit pas de ces douches-là, administrées sans adresse ni savoir, mais de celles des établissements hydrothérapiques ou instituts spéciaux dirigés par des médecins. Prises dans ces conditions, avec ou sans immersion consécutive dans la piscine, comme il convient dans certains cas d'atonie et de faiblesse générale, ces douches sont un adjuvant excellent de la médication locale ou spéciale.
Un moyen analogue est le bain tiède prolongé contre l'excitation nerveuse génitale : érections persistantes, priapisme, satyriasis. Ce sédatif efficace peut être remplacé alternativement par un bain de siège doux, additionné d'une forte infusion de tilleul ou de feuilles d'oranger. Des compresses humides de cette eau sur la tête, le front, les yeux, sont aussi un calmant efficace contre l'insomnie.
« De même du mariage, dit Beard, recommandé indistinctement, comme les voyages, à tous les célibataires atteints d'épuisement nerveux génital : aux viveurs ayant abusé des femmes, comme aux continents livrés à l'onanisme et doutant de leur virilité pour être mariés, ainsi qu'aux libidineux, s'épuisant en vaines caresses et en vains désirs, se disant impuissants. On le conseille souvent, sans consulter les besoins ni les exigences de l'idiosyncrasie, du tempérament ni de la constitution. Le mariage et le célibat ne sont réellement que deux des nombreux facteurs
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qui entrent dans les causes et le traitement de cet épuisement. Parmi les cas de neurasthénie sexuelle observés par Beard chez des mariés, depuis vingt à soixante-dix ans, aucun n'était en parfaite santé et le mariage en était la cause chez un certain nombre. »
Le mariage n'est donc pas un spécifique contre tous les cas d'épuisement nerveux génital. Les malades qui en ont positivement bénéficié et même guéri, soit comme auxiliaire du traitement, soit comme la principale et unique cause, sont trop nombreux et patents pour n'en pas tenir compte. Tous les médecins ont observé de ces exemples chez certains célibataires ; c'est un résultat de l'expérience, comme les bons effets des voyages prescrits dans le même but.
Mais, loin d'être la majorité, ces succès paraissent* la minorité, chez les malades atteints ainsi dans leurs- Organes sexuels. L'épuisement en est positivementj aggravé, non par l'abus des rapports sexuels de la| lune de miel, leur rareté même suffit souvent. Avec l'accroissement de l'excitabilité nerveuse moderne, la liste de cet ordre de neurasthéniques augmente de" plus en plus. Ces tempéraments ne sont pas seulement frustrés dans ce pouvoir du coït comme remède, ils en sont directement et dangereusement atteints. Ces mariés doivent vivre platoniquement pour rester en santé. Fréquent ou rare, le coït n'a pour eux aucun effet salutaire apparent ; il n'en a que de nuisibles et malfaisants, surtout dans les voyages de noce, en se manifestant soit immédiatement, soit un ou deux jours après, par une faiblesse locale ou
se répercutant dans tout le corps. Beaucoup de femmes manifestent une véritable répugnance aux approches le leurs maris et présentent fréquemment des écoulements sanguins ou blancs avec crises douloureuses dans le bas-ventre.
A la question si souvent posée au médecin par les neurasthéniques et ceux qui sont frappés d'anomalies sexuelles organiques ou fonctionnelles, pour savoir s'ils doivent ou peuvent se marier, il ne s'agit donc pas de répondre simplement par oui ou non. On ne doit jamais la trancher, sans un examen préalable et la connaissance minutieuse des antécédents et de l'hérédité. Si peu de cas sont assez graves pour rendre le mariage absolument impossible, il en est beaucoup où il y a lieu d'attendre et des précautions à prendre avant d'y penser et le réaliser. Au contraire, il en est qui s'y croient inaptes par faiblesse génitale, impuissance, maladies ou excès, insuffisance ou anomalies des organes, et qui ne sont tels que par leur célibat même, entraînant les causes qu'ils croient s'y opposer.
Toute maladie, celles des organes génitaux en particulier, surtout si elles sont contagieuses ou transmissibles, sont une cause absolue de différer le mariage jusqu'à parfaite guérison. Les maladies nerveuses chroniques ne doivent pas même faire exception à cette rêde, quoique très souvent enfreinte, chez les jeunes filles anémiques, hystériques, chlorotiques, par cette erreur populaire que le mariage en est le meilleur remède. C'est dire que la neurasthénie ne est une contre-indication formelle chez les deux
sexes. Une infraction à cette loi servira utilement à en montrer les déplorables conséquences.
150. — Deux jeunes mariés de province, depuis un an^ mviron, demandaient avis, en avril J890, sur la triste issue ♦le leur union. Le mari de vingt-six ans, grand blond, pâle et maigre, annonce secrètement s'être marié avec une, goutte militaire persistante, traitée actuellement par les" bougies médicinales. L'écoulement est presque nul et sans; douleur, mais un énorme varicocèle à droite, suite de masturbation, a rendu cet homme lymphatique si impressionnable qu'il tombe en syncope à la simple inspection.
La femme de vingt et un ans, délicate et nerveuse, avait des flueurs blanches et souffrait à chaque époque d'une douleur dans le flanc droit, avant son mariage. Trois mois après, un engorgement très douloureux de Tovaire droit ■ se déclara, tellement qu'à l'examen, le gynécologiste parisien consulté parla de l'exciser. Elle refusa et se remit aux soins d'un médecin de province, très honorablement connu, et qui, connaissant le secret du mari, fit séparer les époux, pour la soumettre à des cautérisations et des pansements locaux d'une vaginite, suite de la contagion probable de lai goutte militaire.
Une amélioration des douleurs s'ensuivit après six mois] de traitement, quoique l'engorgement ovarien persistât. Depuis, le défaut de grossesse fait le désespoir de cettej jeune femme, demandant avec instance si elle pourra devenir enceinte. Je lui ai fait espérer, à la condition d'une grande abstinence pour sa guérison et celle de son mari.
Tels sont les résultats de se marier étant malade.
Ceux entachés de syphilis ont encore plus de réserve à garder. La continence absolue étant rigoureusement obligatoire, tant qu'elle dure et se mani-M feste ostensiblement, il n'y a pas à penser au mariage rendant l'incontinence nécessaire. 11 doit donc être
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prohibé, lors même que les symptômes secondaires ont disparu depuis plusieurs années; des accidents tertiaires pouvant toujours survenir. Si ceux-ci ne sont pas dangereux pour la femme, ils le sont pour les enfants, toujours menacés d'être atteints de la vérole et de mourir à bref délai. Une parfaite santé, durable pendant plusieurs années consécutives, est la seule garantie que le virus est épuisé et que le mariage est possible.
Cette règle absolue n'ayant pas été observée par un jeune négociant marseillais, sa femme fut bientôt atteinte d'une maladie des trompes qui nécessita une séparation temporaire des époux. Deux ans après, s'étant soumis à mon examen, à cause de la stérilité de leur union, je rencontrai encore des traces de la salpingite et une fausse route très marquée pour en rendre compte.
Le danger du mariage, chez les célibataires vierges, est surtout dans les excès sexuels, dit Beard. Cela tend à faire haïr leur conjoint. « Les plus mauvais mariages sont ceux qui ont été suivis d'excès. L'irritabilité, l'aversion, la haine et le dégoût pour l'objet d'un premier amour suivent les débauches opprimantes. Leurs auteurs parcourent tous les degrés de rindifférence, de la crainte et complètent le cercle. Le sexe se pervertit, ils haïssent l'autre et aiment leurs semblables. Les hommes deviennent femmes et lesl femmes hommes dans leurs goûts, leur conduite leur caractère, leurs sentiments et leur humeur. »
Il s'agit donc de distinguer et de préciser, autant que possible, les indications et les contre-indicationé
du mariage, d'après les différentes causes de Tépuisement nerveux génital. Mais avant de passer à cet ixamen, il faut savoir si les enfants à naître du mariage seront entachés des troubles nerveux ou des nialadies neurasthéniques de leurs parents.
« A cette question : les parents neurasthéniques transmettent-ils par hérédité leur maladie à leurs enfants ? Beard affirme en avoir vu des centaines, nés de père ou de mère atteints de neurasthénie sexuelle, aussi bien portants que ceux nés dans la même classe de société sans cette tare. Le plus souvent même, ils étaient plus à Tabri des affections aiguës, inflammatoires et contagieuses, que ceux de leur âge. Mais il n'ose pas avancer qu'ils ne soient menacés d'être atteints de la même surexcitabilité nerveuse à un âge ultérieur correspondant à celui où l'un des parents en a été atteint. Tout ce qu'il peut dire, c'est que cette irritabilité ne se montre pas dans l'enfance à aucun degré appréciable. »
Beaucoup de ces neurasthéniques peuvent être ncapables d'avoir des enfants et cette préoccupation est très naturelle. Une longue observation montre cependant comme règle que ceux même qui souffrent de spermatorrhée ou de simples pertes involontaires, surtout depuis plusieurs années, ont des enfants peu de temps après leur mariage. Les exceptions sont ceux qui souffrent d'impuissance absolue et permanente, cas comparativement rares.
Les causes générales de Tépuisement nerveux
sexuel résultent, comme on l'a vu, d'une altération, anomalie ou maladie constitutionnelle, physique ouï morale, du système nerveux en particulier. 11 est donc impossible de les attaquer directement ou de front pour les changer ni les supprimer. On ne peut transformer, refaire l'organisme ni le tempérament établis depuis plus ou moins d'années, quand la faiblesse ou le trouble génital se manifestent. Il n'est possible d'atteindre ces diverses causes, constitutionnelles ou maladives, qu'en modifiant, restaurant l'organisme et spécialement le système nerveux.
Le meilleur et le plus sûr, en jugeant de ces causes, serait d'en prévenir la manifestation, en élevant mieux les enfants chétifs, délicats, faibles, lymphatiques, malingres, nerveux ou scrofuleux des villes, en les envoyant à la campagne jusqu'à l'adolescence, même la puberté, plutôt que de les garder et les confiner dans leurs maisons, en les surmenant dans leurs études, sans les surveiller de prés dans leurs connaissances et dans leurs habitudes. Combien de ces futurs efféminés, onanistes, nerveux, strumeux, ainsi élevés au grand air, au milieu des travaux rustiques, avec une alimentation frugale, simple, abondante, deviendraient de solides gaillards, exempts de toutes ces tares acquises à la ville, et propres à se choisir une carrière à leur goût. Leur système nerveux, bien équilibré comme leur santé, ne les exposerait pas à l'action de ces causes générales qui en font surtout des victimes de leurs organes sexuels et de leurs fonctions.
Toute personne des deux sexes, présentant un ou
plusieurs caractères ou traits décrits aux Causes générales doit plus que les fortes et robustes, observer de grandes précautions dans ses goûts, ses habitudes, son développement, sa profession, son régime et surtout le fonctionnement des organes génitaux, sans en abuser jamais.
Une dépression nerveuse physique et morale étant Teffet commun de toutes les causes générales, l'essentiel est de relever les forces par des toniques et des reconstituants. Le régime précité en est la base la plus sûre, en choisissant les aliments qui conviennent davantage au goût et sont le mieux digérés. Ce n'est pas la suralimentation selon le système américain, véritable gavage dont le danger est de dilater Testomac et de faire perdre bientôt l'appétit. Tout ce qui se mange sans plaisir digère imparfaitement , on le reconnaît à Tétat liquide des selles.
Comme adjuvant de ce régime reconstituant, on prendra avec avantage, en se mettant à table pour exciter Tappétit, une cuillerée à café, dans un peu d'eau ou de vin, seuls ou mêlés, des granules suivants : Coca, Kola, fer Bravais, Quinium Roy, solution d'extrait de quinquina Watelet ou autres préparations analogues. Ces dernières surtout accroissent, relèvent et réparent les forces, sans excitation, et conviennent spécialement aux surexcités. Ceux dont la constitution est affaiblie, délabrée, donneront la préférence aux glycéro-phosphates de chaux, soude ou potasse, dont l'action est très énergique sur la constitution, à la dose de 25 à 50 centigrammes à Tintérieur. Mais il faut choisir et distinguer, entre les nom-
breuses préparations de ce nom, le phosphate Vital gazeux de M. Jacquemin. Contre les battements lents et faibles du cœur, les granules de caféine Houdé et surtout le vin de caféine ont un effet rapide et sûr pour les ranimer, comme de la digitaline pour les régulariser.
Ces divers médicaments sont aussi préparés et vendus en élixirs, sirops et vins. Ils peuvent ainsi être pris plus facilement et agréables au palais ; mais leur action est moins sûre, efficace et prompte. Ils sont en tout cas le corollaire obligé des exercices en plein air et au soleil pour triompher de cette disposition constitutionnelle. Avec l'hydrothérapie, le fer et le bromure de potassium, tous les cas simples et bénins de dépression ou affaiblissement nerveux génital peuvent guérir.
A défaut d'hydrothérapie médicinale, on prendra des bains froids d'eau courante en été, sinon on lotionnera la peau avec une éponge en se levant. Les adolescents rachitiques, scrofuleux, seront envoyés de préférence au bord de la mer, en se servant pour tous ces usages de l'eau de mer. Cette hygiène prophylactique des jeunes gens mal venants, souffreteux, en leur procurant un sommeil tranquille, pourra les mettre à l'abri ou les distraire de l'onanisme sous une forme quelconque. Ils doivent s'en exempter absolument. Les parents ont toujours à s'en inquiéter chez les nerveux restant pâles et maigres, nonchalants, timides, tristes, isolés, malgré un bon appétit. Ceux-là sont particulièrement à soupçonner de ce vico secret, quand aucune autre cause avouée et
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constatée n'explique leur apathie et leur faiblesse.
Ces conditions existant après la puberté indiquent toujours un état anormal important à vérifier chez les deux sexes. Les personnes mal sexuées, par vices de conformation ou anomalies sexuelles, sont les plus exposées k devenir hystériques et neurasthéniques à la fois. Tels sont les faux hermaphrodites et tous ceux dont le sexe n'est pas absolument rendu manifeste par la fonction qui les distingue : la menstruation chez la femme, l'éjaculation chez l'homme. Ces cas sont plus fréquents qu'on ne le suppose généralement. Les 15 observations relatées au pseudohermaphrodisme des Anomalies sexuelles (page 188) en sont la preuve.
Dès que ces fonctions manquent, c'est un devoir rigoureux, pour quiconque en est atteint, de se soumettre à l'examen du médecin, pour savoir s'il peut avoir des rapports sexuels. Sans aucune malformation apparente, la femme non réglée est aussi apte au coït que fatalement stérile. Elle est même prédisposée par là à devenir hystérique et c'est en le déclarant à son futur, s'il accepte ces conditions, comme dans l'observation 52 des Anomalies sexuelles^ que le mariage peut avoir lieu.
Au contraire, l'homme privé de testicules apparents dans le scrotum peut éjaculer, s'ils sont retenus à l'intérieur de leur conduit. Un cryptorchide de vingt-sept ans se maria ainsi à une cousin»^ germaine, sachant qu'il pouvait remplir ses devoirs conjugaux, sans la prévenir de ct>lle rétention. Trois aas après, s'étant assurée de sa malformation apparente,
HYGIÈNE ET TRAITEMENT 41 î
elle le quitta en intentant une action en divorce, non ' pour cause d'impuissance, mais sous prétexte qu'il la fatiguait trop par la prolongation du coït pour arriver à la conclusion. Il portait en effet deux testi- ^cules très sensibles à la palpation et retenus à l'anneau. Pouvait-il se prévaloir de leur présence pour s'opposer au divorce? Non ; ces testicules cachés, non descendus, ne formant le plus souvent qu'un sperme imparfait et stérile.
D'où la démonstration que l'on ne saurait prendre trop de précautions, avant le mariage, si l'on n'est assuré d'avance^, de part et d'autre, d'en pouvoir remplir normalement les fonctions. Il suffit d'être atteint de mauvaises habitudes, malformations, tares, vices ou excès quelconque , pour échouer piteusement et s'exposer à une séparation, un divorce honteux. Les efféminés et les nerveux, les vieux célibataires, continents vicieux ou viveurs, sont les plus exposés à ces tristes échecs, d'après les exemples relatés aux Causes générales.
Le mariage, ai-je dit, est souvent dangereux pour les jeunes garçons novices au jeu d'amour par timidité, simplicité ou pruderie, se mariant pour échapper •aux tourments de leurs organes révoltés. Plusieurs se sont trouvés absolument incapables de remplir leur nouvelle fonction pendant des semaines et des mois, sinon des années, pour déflorer leurs femmes, faute de savoir s'y prendre. {Anomalies sexuelles, page 411.) Ces échecs sont presque inévitables, lorsque la neurasthénie ou faiblesse nerveuse s'y joint chez les mariés. Il est alors d'autant plus difficile d'en guérir
que les abus ou les excès antérieurs l'ont provoquée ; le simple usage suffit dans ce cas, en augmentant rimpressionnabilité nerveuse, à retarder la guérisoi). « La faculté habituelle d'exercer un coït normal avec « sa femme ou sa maîtresse, dit Beard, n'est pas tou- « jours un remède contre l'impuissance ou la fai- « blesse génitale ; elle peut même être une cause de « cette débilité», (page 199.) Et il cite à l'appui des exemples de neurasthéniques éprouvant une recrudescence de leurs accidents à chaque essai nouveau.
Telle est la difficulté, en pareil cas, de répondre oui ou non à ces consultants indécis. Il est ainsi généralement préférable de leur prescrire un stage d'essai, d'entrevues ou de rapports sexuels, avec les médicaments stimulants, toujours indispensables chez les garçons froids et torpides, afin d'exciter la fonction et provoquer les désirs, pour juger de ce qu'ils sont capables. Beaucoup plus reviennent bredouille que triomphants. En se guidant sur ces résultats, on juge mieux de l'avis à donner.
En tout cas, il faut surtout remonter leur moral, en leur démontrant qu'il n'y a pas impuissance d'après leurs érections spontanées existant d'ordinaire ; recommander de bannir leurs craintes, leurs préoccupations et leur timidité, l'assurance, l'espoir et le sang-froid étant les meilleurs garants du succès, quand le défaut de fonctionnement des organes est le principal obstacle. On y aide surtout, contre l'hypnotisme de la syncope génitale, par la diversion des souvenirs, un excitant local au besoin : l'élixir de Garus cantharidé légèrement, parexemple.
Quant au traitement;, joindre à l'hydrothérapie les bains de mer ou le séjour dans certaines stations thermales suivant les cas. Celle de Dax convient spécialement aux lymphatiques, scrofuleux, rachitiques; comme celle de Bourbonne aux arthritiques ou rhumatisants. Le massage local ou général par une main habituée est aussi parfois indiqué. L'électrothérapie convient souvent chez les efféminés lymphatiques, en choisissant de préférence l'électricité statique, beaucoup mieux supportée que les autres procédés. Contre la simple faiblesse nerveuse, les topiques nervins par l'anus avec noix vomique, ergotine, strychnine, réussissent généralement.
Les vieux célibataires continences, ayant d'anciennes frasques à leur avoir : abus, excès, syphilis^, et voulant faire une fin, présentent les cas les plus embarrassants à résoudre, d'autant que, faibles et fatigués, ils allèguent souvent qu'une jeune femme est indispensable pour réveiller leurs organes assoupis. Ces exemples se rencontrent surtout parmi les militaires retraités ou sur le point de l'être. A les entendre, on les croirait fous; mais ils no divaguent que sur ce sujet. Effet de leur âge et de leur isolement après leurs excès sexuels, aussi affaiblissants, déprimants du système nerveux, sur certains individus, que les abus contre nature. L'expérience de chacun doit l'instruire à cet égard, d'après l'effet qu'il en éprouve. Autant l'usage de cette fonction naturelle est bienfaisant et nécessaire, autant il est nuisible à d'aucuns.
4J4 ÉPUÏSEMEiNT NERVEUX GÉNITAL
Le moral est sans doute plus ou moins affecté, troublé, dés que la fonction génitale est altérée, affaiblie; c'en est le premier effet. Mais en s'en rendant compte par une cause physique quelconque, on s'occupe de la faire disparaître, sans trop s'e inquiéter. C'est le contraire des causes psychopathi ques : les organes fonctionnent, mais anormalement, sous l'influence de désirs, d'idées, d'impulsions, de visions contre nature, sans pouvoir agir autrement. Tout le mal émane donc du cerveau et se manifeste par des aberrations, dépravations et perversions génitales, sans aucune lésion physique apparente ni appréciable. Si parfois on constate, avant le début de ces psychopathies toutes morales, des tares constitutionnelles, le féminisme notamment, ou des abus onanistiques ayant pu y donner naissance, il n'y a pas à en tenir compte dès qu'elles ont disparu. Il faut s'en prendre au moral et le viser directement par une thérapeutique mentale, en distinguant, avant tout, ces mal sexués entre eux.
Ceux qui, jeunes encore, sont au début de leurs habitudes perverses, vicieuses, sont à séparer de ceux qui y croupissent depuis longtemps. De même, ceux ayant été conduits, entraînés insidieusement dans ces pratiques honteuses, de ceux qui les ont contractées spontanément. En insistant sur le comment, le pourquoi et tous les détails de l'histoire de ceux aptes à -guérir, on parvient à connaître et pé-
nétrer le côté faible de leur esprit et les meilleurs moyens de guérison dont les exemples sont relatés à l'appui. Les autres, au contraire, ne sont souvent amenés à demander avis que par les assauts, attaques ou scandales de chantage, sinon de condamnations qu'ils ont encourues. Ils sont généralement réfractaires à tout amendement, les abrutis et les héréditaires surtout.
Agir sur l'esprit de ces désorientés, est l'objet important et capital de cette thérapeutique, pour les assurer, les convaincre et les persuader qu'ils guériront, s'ils veulent cesser absolument leurs pratiques onanistiques. Pour leur inspirer confiance à cet effet, il convient de leur parler avec assurance, conviction, douceur, fermeté et exemples à l'appui comme encouragement. L'essentiel est de leur poser, comme condition expresse et indispensable au succès des autres remèdes, la cessation complète et immédiate de leurs habitudes vicieuses, en évitant tout rapport avec leurs affiliés et les occasions de les voir et les rencontrer. Fuir à cet effet les lieux, réunions, sociétés où ils se trouvent ; changer de domicile, d'habitation même, d'habitudes, de métier, d'occupation ou de profession, si ces conditions sont des causes de chute ou de récidive. Il a sufli, dans l'observation 63, de changer de milieu, de quartier, de profession, avec une meilleure nourriture, pour échapper à une double incitation pédérastique et sodomiquo et en guérir.
Voyager et résider dans des pays lointains, isolés; s'exiler au besoin, sans laisser d'adresse ni correspondances, est un moyen d'échapper à d'anciennes rela-
tions et de les oublier sûrement. Ces mesures sont surtout nécessaires aux individus privés de force morale et de volonté pour résister à leurs penchants vicieux, leurs passions bestiales. L'isolement absolu, avec travail et exercice, est l'impédiment radical pour les pédérastes et sodomistes de mettre fm à leurs dépravations et de changer la direction de leurs idées, leurs désirs et leurs sentiments, en fréquentant la société exclusive des femmes et lisant des romans excitants. Le repos complet ne convient qu'aux aliénés ou malades fiévreux.
Un moyen plus simple et sûr à conseiller aux jeunes gens demandant un remède à leur invincible passion contre nature, qui en souffrent et en sont malheureux sans pouvoir y résister, c'est d'aller passer une saison au bord de la mer ou dans une station thermale, avec une femme choisie à leur gré et disposée à, tenter l'expérience de leur guérison. En vivant intimement ensemble, dans un lieu retiré, ignoré, ils ont toute chance de guérir, s'ils ne sont pas absolument frappés d'anaphrodisie. D'aucuns Tignorent et ne sont devenus pédérastes ou sodomistes que par leur impuissance absolue et prolongée avec la femme,, tout en l'aimant et la recherchant. L'épreuve est absolument concluante pour ceux qui l'ont spontanément tentée en vain, dont l'observation 67 est la preuve. Onanistes, pédérastes et sodomistes jeunes, désirant renoncer à leurs penchants contre nature, ne le sont pas fatalement, d'après les observations 58 et 59. Ce conseil, suivi dans de bonnes conditions, peut donc réussir.
IIYGIENE.EÏ TRAITEMENT 417
Aux jeunes contractant des relations trop intimes avec un camarade, pendant leur instruction ou leur apprentissage, une séparation immédiate est commandée, en révélant le secret aux parents, aux directeurs ou maîtres de l'établissement. Pour juger des mesures à prendre, il est urgent de savoir que le plus coupable ou malade n'est pas celui qui s'accuse; l'autre doit être renvoyé, chassé.
Il semblerait qu'à ces aberrations toutes morales, la méthode psychique de l'hypnotisme et de la suggestion soit applicable chez ceux qui agissent malgré eux, incapables de résistance à leurs acolytes et qul sont déjà comme hypnotisés. Mais ces malades ne sont pas toujours hypnotisables et d'aucuns ne peuvent supporter ces pratiques sans danger. La suggestion pendant le sommeil, chez les plus faibles et épuisés, peut aussi, par la surexcitation du cerveau, le perturber davantage. Ce moyen est donc seulement à essayer dans des cas particuliers, jugés susceptibles d'en recevoir de l'amélioration par le médecin.
Le principal, pour toute personne adonnée à une aberration, perversion ou vice sexuel quelconque, est de savoir l'oublier et ne plus se souvenir des impressions qu elle en éprouvait, c'est-à-dire à ne pas egarder en arrière, comme la femme de Loth, sous >eine de mort. Quiconque, dit une vieille fable, tourne «on âme, sa pensée, en pleine volonté, vers les vices ju'il avait quittés et s'y laisse aller de nouveau , onanisme, la pédérastie, la sodomie, est menacé l'en devenir esclave et de les conserver toujours. La thérapeutique mentale n'est donc ni dans le
ie
magnétisme, le spiritisme, la double vue, ni la clairvoyance des yeux fermés. Toutes ces pratiques charlatanesques n'agissent qu'en frappant l'esprit faible et simple d'individus atteints de légers troubles fonctionnels ; maladies d'autant plus graves qu'elles sont le plus souvent imaginaires. C'est en entretenant ces hypocondriaques, ces rêveurs, dans leurs fausses idées que des charlatans les guérissent parfois , comme les médecins le font avec des pilules de mie de pain, en les persuadant que c'est le remèd spécifique de leur mal ; mais en y joignant toujour l'hygiène physique et morale correspondant à l'ét de leur esprit. Il n'y a pas d'autre mystère à ces guéri sons soi-disant merveilleuses.
Dans les cas légers, chez ces préoccupés de leur état, ces malades de l'esprit peuvent même guérir spontanément avec le temps et une hygiène convenable. Le travail mental et physique, les distractions de leurs idées fixes, sont ordinairement indispensables, avec l'assurance, la prédiction et la promesse d'une prompte et sûre guérison s'ils ont confiance en vos paroles. Le moral étant plus profondément troublé chez ces neurasthéniques que chez tous les autres, ils sont parfois découragés et désespérés. Il y a donc à les exhorter sans cesse à reprendre courage et espérance, en leur promettant la guérison Rien n'aide plus efficacement l'action du traitement.
Quant aux anaphrodites en particulier, il n'y a pas d'autres moyens à tenter que ceux déjà indiqués aux Anomalies sexuelles^ pages 374 et 375, en les y renvoyant. '
En dehors des moyens hygiéniques et moraux, peu de médicaments sont spécialement applicables aux psychopathes, sinon pour calmer ou exciter leur système nerveux. Bains et douches sont les premiers à essayer, pour remplir ces deux indications, avant tout autre remède, avec une nourriture correspondante à leur étatgénéral.Tonique, fortifiante et même excitante chez les faibles, timides, anémiques, lymphatiques, scrofuleux ou strumeux, on peut y joindre l'usage de la kola fraîche , tonique musculaire et excitant cérébral ; les glycéro-phosphates contre la dépression nerveuse, puissants reconstituants pouvant être pris sous la forme d'élixir Bruel ou de neurosine Prunier; sinon de vin glyco-phosphaté Langlebert. La coca, la caféine, le quinium et d'autres toniques sont aussi applicables contre certains symptômes particuliers, comme Thuile de foie de morue. Au contraire, l'alimentation doit être végétale et calmante, frugale, chez les forts, robustes et sanguins, sans vin pur, café, alcool, ni liqueurs, ni tabac.
Surveiller l'exercice normal et régulier des fonctions naturelles, en évitant surtout la constipation et l'insomnie. Quelques grains d'aloès, ou une verrée ! d'eau minérale purgative le matin à jeun, suffiront à combattre la première, comme la quassine contre le dévoiement ou la diarrhée. Un granule d'hyosciamine ou une cuillerée à bouche de sirop de chloral en se couchant conviennent mieux que Topium contre la seconde. Chez les plus surexcités, on y joindra comme calmant l'usage du valérianate d'ammoniaque Pierlot, de préférence aux bromures, dont l'effet à haute dose
n'est pas sans danger sur le système nerveux. L'élixir anti-nerveux Moussette, en les contenant tous à faible dose, peut les remplacer et être pris avec avantage et facilité.
La faradisation, appliquée par une main habile et prudente, combat aussi les insomnies rebelles et persistantes aux autres narcotiques. Un neurasthénique sexuel dont c'était le mal principal, ayant été soumis par Beard à une faradisation générale avec galvanisation centrale très modérée, obtint bientôt un sommeil progressif avec disparition rapide de tous les autres accidents {page 2 Si). Ce moyen est donc à essayer.
L'électricité statique convient aussi dans cette variété psychopathique, concurremment avec la cure thermale alcaline, soit à Vichy, même Vais, Fougues ou Saint-Galmier les plus connues; mais les énervés, faibles, se trouveront mieux à Néris et la Bourboule, autant par la minéralisation spéciale de ces stations que par le calme, la tranquillité qui y régnent. Un point important, dont il faut tenir compte pour les psychopathes mal sexués, est de ne pas les envoyer dans les stations mondaines très fréquentées, où ils risqueraient de rencontrer des acolytes qui s'y rendent spécialement dans la saison pour y faire des recrues. Une indication particulière et pressante doit seule faire exception à cette règle. Si Royat est très efficace pour les nerveux affaiblis en général, ce n'est pas le lieu, non plus que Vichy, qui peut convenir au séjour de ces malades. La station de Champel, près Genève, est préférable.
HYGIÈNE ET TRAITEMENT 42f
Les voyages ne leur sont de même utiles que dans des conditions spéciales d'isolement, à la campagne, dans de petites îles à langage étranger, pour les prémunir sûrement contre toute intrigue correspondant à leurs idées perverses. Un jeune sodomiste passif fut ainsi tenu à la diète absolue pendant six mois; revenu à Paris, après ce long jeûne, il retomba bientôt dans son habitude, malgré l'usage local de la pommade cocaïnisée. La compagnie d'une femme réussirait peut-être mieux.
Il ne peut s'agir de mariage, en pareil cas, sans 1 avoir cherché spontanément, et il n'est à conseiller que par un changement complet d'habitudes, de société et de vie, sinon de milieu. Un travail actif convient à ceux qui ont une profession tranquille et le repos absolu doit succéder aux voyages continus. Une cour incessante et prolongée est indispensable avant ces mariages et, tout en en éprouvant les signes favorables, une épreuve est encore absolument nécessaire avant de le conclure.
Au degré le plus prononcé de ces perversions génésiques, où la folie semble remplacer la raison, un traitement spécial peut même être essayé: c'est le principe du repos absolu, physique et moral, formulé aux États-Unis par Weir Mitchell en 1^75 et univer^ sellement accepté depuis. Il comprend un isolement complet avec repos au lit et un régime particulier, massage et électrisation. L'expérience en a donné
d'heureux résultats sur Tengràissement et le sang par l'amélioration de la digestion, l'assimilation et les sécrétions. Mais ces améliorations corporelles n'ont pas été aussi manifestes sur l'esprit, ni sur l'épuisement nerveux, et la raison n'a pas toujours fait place aux perversions génitales, de manière à permettre le mariage.
Des aliénés de ce genre vont même jusqu'à le refuser, si on leur en parle, et ne veulent pas être détournés de leurs idées de vivre seuls et isolés ; plutôt que d'associer une compagne à leurs souffrances, ils préfèrent souffrir et mourir, en supportant seuls l'amertume de leur vie. D'autres invoquent leur position pécuniaire, malgré une aisance suffisante pour élever une famille. C'est un parti pris dont aucune raison ne peut les faire varier, en avouant qu'ils ne pourraient s'y décider d'après le sentiment qu'ils ont conçu de la vie domestique; ajoutant même, avec le cynisme de leurs rapports contre nature, qu'il n'est pas absolument nécessaire ni très désirable. Des médecins se sont même rencontrés pour les approuver. L'influence de la syphilis est si profonde et invétérée, sur le système nerveux du cerveau et de la moelle épinière, que toutes les fois qu'elle existe dans les antécédents de ces psychopathes, il est prudent de recourir à l'hygiène spéciale indiquée page 181 et aux moyens spéciaux dirigés contre cette diathèse; notamment les eaux sulfureuses des Pyrénées avec les dépuratifs, les sudorifiques et le régime lacté, surtout au renouvellement du printemps et de l'automne.
Les diverses causes locales, dont la première si fréquente engendre toutes les autres, en retardant d'abord le mariage, l'empêchent ensuite par l'affaiblissement et l'épuisement môme du système nerveux local. Ce n'est rien d'abord, dit-on, mais en se prolongeant, la masturbation abusive — suivie du frottement ou des excès vénériens entraînés par le prurit ou l'irritation des parties — et bientôt les pertes séminales, la spermatorrhée s'ensuivent fatalement, sinon Téjaculation hâtive, précoce et insensible. Tel est renchainement ordinaire de ces diverses causes auxquelles se joignent souvent des écoulements aigus ou chroniques de nature variable.
On s'engage souvent dans cette voie dangereuse, d'une manière légère, puérile, sinon enfantine, sans se douter des conséquences fatales qui s'ensuivent. D'où l'utilité, l'urgence même, de les indiquer ici, comme le moyen de l'éviter et se prémunir de ses dangers.
En effet, comment se marier, en pareil état? On diffère d'abord par le peu de besoin et de goût que l'on en éprouve. Mais en se prolongeant, cet état retentit bientôt sur le cerveau, des idées tristes et sombres, des réflexions pénibles ne tardent pas à envahir l'esprit, la pensée, le moral se trouble, s'altère, dans l'isolement et la tristesse du célibat. C'est ainsi qu'arrivés à un certain âge, beaucoup se désespèrent, en se trouvant incapables et indignes du mariage par le délabrement
de leurs organes génitaux. Et lorsque, sans y faire attention, d'aucuns s'engagent dans ses liens, ils reculent bientôt épouvantés. Exemple :
151. — Un garçon de vingt-six ans, fort et bien constitué, s'aperçoit avec stupéfaction, en faisant la cour à sa fiancée, avec échange de baisers ardents, n'en éprouver qu'une frigidité navrante sur ses organes. Très effrayé , il -demande si c'est de l'impuissance, causée par les antécédents suivants.
Livré à la masturbation journalière de treize à seize ans, il commet ensuite des excès sexuels. Lubrique et salace, il prolongeait le coït en s'arrêtant à plusieurs reprises, jusqu'à l'éreintement. L'éjaculation en était rendue difficile, avec douleur sourde dans les testicules. Des intrigues journalières, de vingt à vingt-deux ans, avec une femme mariée, très passionnée, qui le façonne aux manœuvres onanistiques, sans coït pour éviter la génération, en le tenant en érection durant une heure et plus, finirent par l'épuiser. Il eut ainsi cinq chaude-pisses, très fortes, sans érections spontanées ensuite. Elles ne manquèrent jamais cependant devant l'excitant naturel et, six mois auparavant, il pouvait encore accomplir un coït régulier trois à quatre fois par jour, malgré un rétrécissement uréthral et un varicocèle gauche assez prononcé.
C'est dans ces fâcheuses conditions locales qu'il se préparait au mariage. Il était soumis depuis quinze jours au fer et au quinquina, avec une pilule d'arséniate de strychnine matin et soir, sans en éprouver aucun effet. Il n'avait plus que deux mois devant lui, pour s'y préparer. Tout en montrant les dangers auxquels il s'exposait, ne voulant pas manquer un si brillant mariage, je prescrivis des lotions et des douches périnéales, avec bains de mer tous les jours, et une verrée d'eau froide à la noix vomique, en lavement en se couchant.
Des érections spontanées, assez sensibles mais courtes, se manifestaient bientôt et le 13 août, quatre mois après.
il annonçait que, marié depuis, il remplissait ses devoirs oonjuiçaux aussi bien aue de dix-huit à vingt ans. Le succès était donc complet, mais l'avenir ?
Fort et robuste, ce garçon était donc de ceux qui résistent bien à la masturbation, pratiquée surtout sous l'influence de la puberté. Les abus et les excès sexuels, avec les écoulements consécutifs, ont donc eu la plus grande part sur l'épuisement génital, décelé par le varicocèle. On peut juger dès lors combien ces accidents nerveux sont plus accentués et graves chez les efféminés, faibles et lymphatiques, s'y livrant exclusivement dans l'enfance, jusqu'à un âge plus ou moins avancé^ au point d'en porter des stigmates locaur^. D'où le danger du mariage, sans avoir acquis la preuve de sa virilité.
152. — Un peintre en bâtiments de vingt-six ans, à Paris, s'est masturbé exclusivement jusqu'à son mariage, réalisé il y a sept mois , sans avoir pu le consommer complètement, malgré son tempérament passionné et un grand amour de sa jeune femme. Il est parfois saisi de froideur près d'elle, malgré l'emploi de tous les excitants et stimulants vulgaires: aliments épicés, café, thé, liqueurs, armoise, safran, etc. Il n'a que de rares érections et a échoué dans toutes ses tentatives. Il demande donc un aphrodisiaque énergique... par correspondance.
Il serait coupable et dangereux à la fois de répondre à de telles demandes sans en voir et examiner les 'auteurs. En refusant de se présenter, par crainte ou timidité inexplicables, il est toujours permis de soupçonner des habitudes cachées, inavouables, l'onanisme
à deux, sinon une anaphrodisie latente, quand ce ne sont pas des déséquilibrés.
Ce fait est un nouvel exemple que la plupart des onanistes, surtout à deux, après vingt-cinq ans^, sont inaptes au mariage par leur frigidité et leur défaut de virilité, comme je l'ai dit au Célibat^ page 63. L'éreintement et l'obtusion de leurs organes les empêchent de trouver l'ardeur et la volupté nécessaires dans les rapports conjugaux. Leurs idées, leurs passions sont ailleurs^ et lorsqu'ils se marient, par convenance ou nécessité, ils ne tardent guère à devenir impuissants, quand ils ne le sont pas au début.
De nombreux masturbateurs passionnés viennent demander ainsi, par intuition, s'ils peuvent se marier, tant la femme leur est indifférente. Une grande réserve est à observer en pareil cas, surtout chez les nerveux et efféminés, car un certain nombre sont des anaphrodites sans le savoir ; cinq observations du n» 149 à 153, des Anomalies sexuelles^ en sont des preuves, comme les précédentes, de, 66 à 72. De même chez les héréditaires, eussent-ils eu des maîtresses auparavant. Ce n'est pas toujours une garantie de succès. Exemple.
153. — Un homme de trente-deux ans, simple et des plus timides, quoique grand et fort, sans maladies, s'est constamment livré seul à la masturbation tous les deux jours, sauf à deux reprises où il a eu des rapports sexuels avec des femmes différentes. Il s'est ainsi marié sans crainte avec une modiste de vingt-six ans, et, depuis quinze jours, les érections sont si faibles qu'elles tombent durant rintromission. Dans ses efforts, il s'est même écoiché le gland à gauche, il y a trois jours, et il en porte encore les trace^. Il a trou:yé sa femme un peu étroite à i'exainen,
avec des lèvres frangées et un peu de flueurs blanches; quant à lui, ses testicules sont pendants et la verge très molle et lelâchée ; effet manifeste de son habitude de la masturbition.
Prescription : Repos réciproque indispensable, soins locaux, tranquillité morale par l'usage de frictions excitantes locales, douches, et emploi au besoin de ^'élixir de Garus cantharidé légèrement au 60^
Jointes aux faits relatés aux Causes locales, ces observations démontrent l'incapacité et l'indignité du mariage des masturbateurs passionnés, de même que les exemples 149, 150 et 151 des Anomalies sexuelles. Beard le confirme par ce fait.
154. — Un gentleman d'âge moyen, marie' depuis dix. ans , sans aucune tare héréditaire , s'était masturbé seul et à deux, de quatorze à seize ans. A dix-huit ans, il eut une gonorrhée avec écoulement chronique pendant un an. Il eut ensuite jusqu'à trois émissions la même nuit, avet. une diminution voluptueuse croissante. Les pertes augmentèrent en gardant la continence pendant plusieurs semaines.
Les éjaculations devinrent hâtives, prématurées, dès la seconde année du mariage. La simple irritation mécanique d'un voyage en voiture retentissait douloureusement sur la sensibilité de Turèthre prostatique. Il ressentait des piqCires dans les membres inférieurs, avec engourdissement et douleurs des jambes, à partir du genou jusqu'au pied, avec soubresauts et contractions musculaires. Défaut de mémoire sans trouble d'esprit; insomnie et rêves pénibles; crainte de la société et peur de l'homme, préférant aller en tramway que de se promener seul, afin que personne, en le voyant, ne s'inquiète de ses souffrances. Douleur lombaire, urine s'écoulant par gouttes en bavant, et conte-
nant des spermatozoaires à l'examen et phosphates en excès ; pénis froid et humidité du méat, sueurs des mains et du scrotum. Le temps chaud apporte une amélioration à ses souffrances, contrairement à la plupart des neurasthéniques dont Tétat s'empire en juillet et août. (P. 143.
En avançant en âge, les vieux masturbateurs sont encore moins capables et dignes du mariage que les jeunes. A la prolongation de leur habitude et les pertes séminales, les écoulements en résultant, s'ajoute, chez la plupart, une perte complète de tout sens moral par les orgies crapuleuses et prostitutionnelles où ils se sont essayés. Leurs révélations à ce sujet sont indescriptibles et, quoique forts et robustes, en général, tout exploit sexuel leur est défendu en dehors de leurs pratiques immondes. Deux exemples suffiront à les caractériser.
155. — Un juif de quarante ans passés rêve de se marier à une fille de vingt et un ans, qui s'est éprise de son teint couperosé, qualifié de fraîcheur. C'est l'enfant d'une famille amie, qu'il assied sur ses genoux et dont il est excité. Doit-il l'épouser ?
Masturbateur, de l'enfance à dix-sept ans, il a été pris (însuite de pollutions nocturnes. Pour les prévenir, il a continué à s'exonérer lui-même et ne s'est essayé dans la prostitution que par des pratiques analogues.
Organes génitaux peu développés, le scrotum surtout ne contenant qu'un testicule petit et mou à gauche, le droit se sentant à peine, sperme très fluide. Depuis un an, il est continent, sans en souffrir, pour se préparer au mariage^ 11 ne voudrait d'ailleurs qu'un coït par semaine, avec jeune femme. Les dangers de ces conditions exposés m] font émettre un avis absolument opposé.