‹ Epuisement nerveux génital, causes et remèdesChapitre 18 sur 21 · Un homme fort et robuste, à l'accent étrangei · texte numérisé non relu

Un homme fort et robuste, à l'accent étrangei

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l'air hagard, honteux, timide et la parole hésitante, embarrassée demande si, masturbateur, il n'est pas impuissant et incapable de se marier. A mes interrogations, il refuse de s expliquer, tout en exigeant une réponse catégorique A mes objections, il n'oppose que des renseignements évasifs paraissant surtout craindre de révéler son identité par son . âge, ses antécédents, son but et sa nationalité. Trois visites successives, payées généreusement, lui sont nécessaire^ pour me livrer les détails suivants :

Norwégien, quarante-cinq ans, issu d'une famille de marins et marin lui-même. Père, grand-père et deux .reres alcooliques, mère très nerveuse. Très nerveux luimême, sans alcoolisme, il s'est livré seul à la masturbation de dix a vingt-deux ans, sans aucun rapport sexuel. En s y essayant ensuite, à de rare, intervalles, dans la pro... titution exclusivement, il contracte une blennorrha^rsuivie d orchite; il revient à sa passion favonte. Et chaque co.t 1 énervant davantage, il s'en tient définitivement à son exonération manuelle.

Doué d'une aisance indépendante, il vit au bord de la mer, et le plus souvent dessus, en se livrant à la pêche 11 a toujours désiré se marier, sans avoir jamais rien fait pour cela, par crainte que l'on ne devine sur sa figure et «es yeux clignotants, son vice secret. Il est ainsi venu à Pans p^ur s adresser aune agence matrimoniale. Et c'est ainsi Q^ après s'être engagé par le dépôt d'une certaine somm., son attention étant fixée sur ses organes génitaux Il croit qu'ils portent lempreinte de l'onanîsme et redoute* ^ue 1 on ne s en aperçoive. En effet, l'examen montre un pems très développé, mollasse, avec dilatation marquée de la veine dorsale. ^

Cet hypocondriaque fut dissuadé de son projet surtouf^ en iui montrant le danger d'escroquerie. Il le comprit et retourna dans son pays, avec le conseil de continuer à y ^ivre célibataire avec une bonne à tout faire.

Combien d'autres, jeunes et vieux, sont indignes du

mariage pour avoir abusé de leurs attributs sexuels, hommes comme femmes, dans leur enfance et leur jeunesse, et qui sont incapables d'en user normalement ensuite ! Beaucoup se marient néanmoins sang s'inquiéter de leur état, ni tenir compte de leurs antécédents, en croyant qu'une jeune femme suffira toujours à les ranimer. Vains efTorts ! Il en est même qui sont plus faibles et plus malades après un simple coït, signe éclatant de leur faiblesse locale, comme dans l'observation 94. Et c'est en se déclarant simplement impuissants qu'ils consultent alors, sans révéler exactement les causes qui y ont donné lieu et sans en connaître l'importance. De là tant d'insuccès. En les interrogeant avec insistance et minutieusement sur les abus, les fraudes, les excès de la jeunesse, on découvre qu'au lieu d'une impuissance essentielle, il s'agit de faiblesse, d'appauvrissement ou d'épuisement nerveux génital, sinon d'aberration, d'anaphrodisie ou de perversions sexuelles, comme les exemples précédents le prouvent.

Contre les pertes séminales involontaires, succédant à l'arrêt de la masturbation avec continence, une simple verrée d'eau froide en lavement, prise en se cou chant et à garder et absorber pendant la nuit, suffît e général. De même contre l'éjaculation hâtive dans l coït. Si ces lavements simples sont insuffisants o mal supportés, on les remplace par des suppositoire ou des bains de siège, frais ou froids suivant la saison; le médecin y ajoutant les médicaments appro priés pour tonifier et resserrer les organes afTaibliS|i dilatés ou relâchés. L'extrait de pulsatille a été ainsi

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employé très efficacement. (Page 454 des Anomalies sexuelles.) Il peut donc être encore essayé.

Le canal de lurèthre est si souvent sensible, irrité, douloureux chez les masturbateurs, {\oir page J 00) que son exploration est indispensable à l'extérieur et à l'intérieur. On constate souvent ainsi l'allongement ou exubérance du prépuce, la rougeur, l'irritation et le rétrécissement de son ouverture. Que ces lésions aient provoqué la masturbation ou l'entretiennent, il suffit parfois d'y remédier par des bains, des lotions, des onctions locales et autres moyens déjà indiqués page 297, pour qu'elles cessent immédiatement.

Cette irritation interne du canal est généralement mdiquée par la rougeur du méat urinaire, son gonflement avec arrêt de l'urine, suspension de son jet et surtout la douleur. Il faut alors cesser la masturbation prendre des bains de siège doux prolongés, suivis de frictions sèches sur le périnée avec injections d'eau boriquée à 2 p. 100 matin et soir dans le canal. Si deux à trois semaines de ce traitement n'amènent pas d'amélioration notable, il faut recourir au médecin.

Des pertes séminales passives en sont aussi une menace fréquente. Un suintement uréthral incolore et sans douleur, en révélant un catarrhe, en est la confirmation, d'après les exemples 127 et 128. On s'expose en se mariant dans cet état, à des écoulements rebel' les et récidivants avec éjaculation hâtive, précoce et même pertes séminales. '

La fréquence des blennorrhagies répétées, offertes par les anciens masturbateurs dès leurs premiers rap-

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ports sexuels, semble n'avoir pas d'autre cause, passée inaperçue jusqu'ici.

La continence est alors indispensable, avec une verrée d'eau froide additionnée d'astringents toniquesou de stimulants nervins, à prendre en lavement le soir en se couchant pour la conserver et l'absorber pendant la nuit. Mais les voies génitales sont si impressionnables et irritables, chez certains masturbateurs, qu'ils ne peuvent garder ces lavements composés, si peu réduits soient-ils, sans provoquer des érections involontaires. On les remplace alors par dessuppositoires calmants avec l'antipyrine, l'atropine^ ia cocaïne, le salix nigra. Quelques granules d'hydrastine Houdé d'un milligramme, pris à l'intérieur, un ou deux matin et soir, en agissant sur les muqueuses, diminuent la sécrétion du sperme et arrêtent les pertes comme la pulsatille ; 3 à 5 milligramme? de citrate de cornutine agissent de même sur la spermatorrhée. Mais de tous ces remèdes, le plus sûr et le meilleur, dès qu'ils ont calmé et modéré les accidents, et que les malades sont plus forts et tranquilles, c'est de recourir à la femme avec modération pour éviter toute récidive des pertes.

Il n'y a pas à insister sur ces divers remèdes, ne devant jamais être prescrits ni employés sans l'examen et l'observation des malades par le médecin. Ilj serait dangereux d'agir autrement. S'astreindre, s« forcer à prendre par la bouche une foule de médica-l ments : fer, toniques, excitants, stimulants, seigle] ergoté, c'est s'exposer à fatiguer l'estomac et perdrai J'appétit. Tous ces remèdes n'ont qu'un effet très indi-j

rect contre Tépuisement nerveux génital et les accidents locaux en résultant. Il est toujours préférable d'agir localement et topiquement, par l'anus en particulier, à cause de son voisinage des parties malades. Il est à propos, à cet effet , de prémunir les patients contre les cautérisations du fond du canal de l'urèthre et de la prostate, préconisées et pratiquées encore par certains charlatans contre les écoulements intarissables, pertes séminales ou spermatorrhée et prostatorrhée chroniques. Les résullawS de cette dangereuse opération, dont les exemples sont consignés page 372, suffisent à édifier ceux qui seraient tentés de s'y soumettre. Outre la souffrance en résultant, il y a les dangers consécutifs de cette cautérisation, faite à l'aveuglette, sur des parties dont il est impossible d'apprécier l'état réel, ni en connaître les lésions. De là les hémorrhagies et autres accidents, sans que la guérison soit assurée ni en résulte toujours ; ce qui entraîne l'hypocondrie, les idées noires, l'impuissance, sinon la stérilité.

Le traitement de la spermatorrhée, qu'elle provienne de la masturbation, d'abus ou d'excès vénériens de toutes sortes, ne diffère que par l'altération de la constitution résultant de son abondance le jour et la nuit. Au traitement local doivent s'ajouter les toniques astringents et réconfortants, sans aucun excitant, avec bains froids, douches, hygiène sociale et morale et continence proportionnée à l'état physique des malades. Il est parfois si grave, chez les esclaves de l'onanisme manuel des deux sexes, qu'ils ne sont

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plus maîtres d'eux-mêmes et qu'un traitement chirurgical s'impose par la castration.

Mais il est urgent auparavant de s'assurer si ces écoulements spermatiques, d'après les signes indiqués page 338, ne dépendent pas de l'irritation chronique des vésicules séminales. On s'en assure par un procédé nouveau et spécial, inauguré récemment avec succès aux Étals-Unis par le docteur Thompson. Au lieu de tenir le malade debout ou couche pour 1 examen, suivant l'usage, le médecin assis derrière lui le fait pencher le tronc en avant, comme dans le jeu de la main-chaude ou de saute-mouton ; il peut même appuyer les bras croisés sur un siège bas, pour éviter la fatigue et rendre les fesses plus saillantes. L'index, introduit dans l'anus, atteint plus facilement ainsi les vésicules séminales et peut les palper, en pénétrant en dedans et en haut, et tirant avec l'autre mam sur les cuisses du patient pour mieux les explorer. La s-ensibilité, sinon la douleur des parties, et souvent l'écoulement même du sperme par l'urèthre, suffisent à déceler le siège du mal. Aussi est-il prudent de tenir un verre ou un vase quelconque sous le méat, pour recevoir le liquide qui peut s'en écouler pendant cette manœuvre, afin de procéder ensuite à son examen.

Le traitement local consiste à pratiquer, avec la pulpe du doigt graissé d'une pommade calmante et résolutive, une sorte de massage par la palpation de la vésicule malade pendant une ou deux minutes, suivie d'une copieuse douche rectale d'eau froide avec un injecteur ou Tirrigateur Éguisier. Répétée tous les jpurs, cette douche a paru l'adjuvant le plus efficace

de ce massage qui n'est renouvelé que tous les cinq k sept jours. L'amélioration rapide qui s'ensuit exerce le plus favorable effet sur le moral des malades, souffrant souvent depuis longtemps, malgré diveri autres traitements, à la suite d'onanisme ou d'excès sexuels. Quatre observations de spermatorrhéïquea de tnmte-deux à quarante-huit ans, atteints depuis plusieurs années et présentant des phénomènes neu rasthéniques avec épuisement génital, ont été guéris après deux à trois mois de ce traitement local. {Boston med. journal, n» 18, 1894.)

La cautérisation du clitoris et son excision même ont été pratiquées aussi chez les petites filles nerveuses, quand l'emploi des divers calmants et tous les obstacles mis à leur habitude restaient sans effet. Des exemples en sont relatés dans VOnanisme chez la femme. La vulgarisation de l'ovariotomie a même fait tenter l'excision des ovaires par la voie vaginale aux États-Unis, chez les femmes hystériques^'adonnées à la manuélisation seule ou à deux. C'est donc une véritable castration, analogue à l'excision des testicules chez l'homme.

Sans pratiquer cet enlèvemeiu ..co testicules, chez des masturbateurs réduits au dernier degré d'épuisement, incapables d'aucun travail et menacés de succomber, le chirurgien américain Haynes l'a remplacé ingénieusement par une opération équivalente légère et sans danger. Une petite incision étant faite sur le côté externe des bourses ou scrotum, il attire le cordon spermatique dont il excise ou retranche un demi-pouce environ. La circulation du sperme étani '

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