‹ Epuisement nerveux génital, causes et remèdesChapitre 3 sur 21 · Un clcrgyman de grande réputation, d'une ex · texte numérisé non relu

Un clcrgyman de grande réputation, d'une ex

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trême aclivité, avait été déclaré atteint d'une maladie de la moelle épinière par un praticien d'un excellent renom, après une simple consultation, pour savoir s'il devait continuer ses occupations actives. Ce dia^^nostic, eii le démoralisant, le fit renoncer à ses devoirs professionnels. Une observation consécutive prolongée du docteur Rockwell montra que, malgré quelques symptômes d'alaxie, ce malade présentait surtout des troubles fonctionnels nerveux. Il acquit ainsi la preuve qu'il "/y avait pas la plus légère évidence de lésion organique et conseilla au malade de reprendre graduellement ses occupations. Une amélioration progressive et continue montra la justesse de ce diagnostic.

Toutefois, ajoute l'auteur, il ne faut se prononcer dans un sens ni dans l'autre sans une minutieuse et longue observation des malades en pareil cas, l'erreur ayant eu lieu également dans le sens opposé dont voici la relation, succincte :

2. — Consulté, en écrivant ces lignes, par un homme qui avait reçu les soins d'un excellent confrère, dont l'opinion mérite confiance et respect, je constatai qu'il avait éprouvé depuis plusieurs années tous les symptômes ataxiques que ses médecins appelaient neurasthéniques. Deux conditions, un peu obscures, rendaient, il est vrai, le diagnostic difficile ; mais une enquête complète l'éclaircit absolument. 11 fut ainsi pénible de dire la vérité sur l'état de ce malade, comme dans le fameux cas de Cooper, où le diagnostic de parésie progressive des aliénés fut affirmé par moi et d'autres collègues. A l'appel de la cause, ce fut l'amusement de la cour et du jury, mais aussi le désespoir des intéressés, de voir que deux médecins avaient certifié que cet homme était simj)lement atteint de neurasthénie !

L'enseignement de ces faits contradictoires est de ne jamais conclure à cette maladie nerveuse sur les

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seuls accidents de rachialgie de la colonne vertébrale, pas plus que sur Tinsomnie. Mieux vaut suspendre son jugement et attendre, quand il n'en existe pas d'autres à l'appui. L'arfaiblissement, sinon Tépuisement nerveux génital, résultant le plus souvent et directement de cette forme médullaire, il faut y prêter une grande attention. Elle ne suffit pas toujours à conclure dans ce sens, d'après les faits relatés plus loin

Troubles de la peau. — A la suite des stigmates précédents de la tête et de la colonne vertébrale, des plaques sensibles surviennent souvent, même douloureuses, par la pression à la surface du corps, la face et les membres surtout. Généralisation atténuée et secondaire de la sensibilité du cuir cbevelu et qui rend parfois le contact des vêtements insupportable, au point de ne pouvoir endurer les objets usuels qui se placent dans les poches. Le rapprochement est impossible. Au lieu du chatouillement, ordinaire aux nerveux, c'est un état de crise et d'angoisse qui fait fuir les neurasthéniques, par les fourmillements, les picotements, la démangeaison et la brûlure en résultant. Ces sensations sont augmentées par le serrement d'un cordon, ceinture ou vêtement. La station sur un siège dur est parfois intolérable. Des craintes de goutte, de paralysie sont même suggérées à tort par l'engourdissement prolongé qui s'ensuit.

La circulation inég-ale du sang à la face amène des rougeurs et des bouffées de chaleur, comme le chaud et le froid aux extrémités. Ces phénomènes passagers chez les gens en santé, par une excitation q^uelconque.

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sont durables et permanents chez les neurasthéniques en étant produits par l'appauvrissement, la faiblesse du système nerveux local. La circulation lente du sang en résultant produit une congestion fixe et passive, comparée par Beard à Teau dans les lagunes oxi étangs, les fossés ou les marais.

Des phénomènes spéciaux résultent aussi du trouble des sécrétions produites par la même cause. Une sécheresse, allant jusqu'à la desquamation des mains, des oreilles; les ongles, de rosés, deviennent pâles, d'une blancheur distincte, puis se cassent ; Beard a même vu les cheveux et la barbe devenir secs et gris et tomber par places, comme dans l'observation 127.

Des sueurs abondantes, exagérées, succèdent aux bouffées de chaleur au visage après les repas et se localisent surtout aux mains et aux pieds, suivies de sueurs froides de tout le corps. Une rougeur marquée de la peau peut même s'ensuivre.

La carie des dents et leur chute rapide a même été constatée dans cet état nerveux par l'affaiblissement général de la constitution.

L'affaiblissement musculaire est une conséquence directe des douleurs primitives de la colonne vertébrale. En s'étendant aux membres, il produit une courbature douloureuse, fatigue générale, sensation de brisement, comme après une longue course, un exercice fatigant, sans avoir rien fait et même en se levant. Un sentiment de brisement profond et douloureux des masses musculaires des membres et du

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tronc avec élancements comme des éclairs, un coup de couteau ou de fouet, une étincelle électrique peut s'y joindre. La pression du nerf sciatique ou d'autres troncs nerveux, avec élancements, picotements ou engourdissements, se présente aussi.

Ces accidents sont annoncés au début par une fatigue considérable en marchant; après la moindre course, les jambes ne peuvent se mouvoir, sans qu'une douleur sourde se montre au bas des reins. Une véritable impotence fonctionnelle en est même résultée, les genoux ploient et les jambes fléchissent en essayant de marcher. De là l'apathie et la paresse des malades ne se trouvant bien que les membres allongés et immobiles, sans éprouver le moindre soulagement de cet alanguissement. Loin d'être reposés, ils s'affaiblissent de plus en plus, les membres s'alourdissent, s'atrophient, et, s'ils ne luttent et réagissent, ils se trouvent bientôt paralysés par l'affaiblissement croissant des nerfs moteurs. Les mouvements des bras et de la main pour l'écriture, les travaux de couture et d'autres usages peuvent en être gênés, altérés, au point de simuler des paralysies attribuées faussement à une maladie de la moelle épinière.

Les plus petits muscles des organes, comme les plus volumineux des membres et du tronc, participent à cet affaiblissement graduel. Leur atonie, en se généralisant, envahit ainsi l'estomac, les intestins et jusqu'aux parois du ventre. D'où les troubles digestifs et intestinaux venant souvent le compliquer. La voix même peut en être affaiblie, atone et inarticulée.

De là aussi les troubles de la motilité: spasmes, %

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secousses et contractions musculaires si fréquentes en s'endormant par tressautements locaux ou g"énéraux. Les paupières et d'autres muscles de la face en sont aussi le siège dans le jour. Elles sont simplement gênantes comme les lics^ sans être douloureuses, non plus que celles des membres et certaines palpitations du cœur.

Les crampes et tremblemenis, au contraire, sont toujours douloureux et plus durables. Ils réveillent la nuit et se manifestent surtout au mollet et sous les pieds. Les écrivains, violonisl,es, télégraphistes nerveux en sont aussi atteints comme un signe de neurasthénie lorsqu'ils persistent sans autre cause appréciable.

11 suffit d'observer ce qui provoque ou améliore ces divers accidents pour ne pas s'en alarmer. Produits ou aggravés par une simple promenade exagérée, un excès de travail, une émotion ou oxcilalion, tandis qu'ils s'améliorent ou disparaissent par le repos, la tranquillité d'esprit, un bon repas, une nouvelle agréable, c'est la preuve qu'ils dépendent de l'étaL nerveux. Quelques calmants et des toniques sulïii'ont à les améliorcîr.

D'autres complications : démangeaison du cuir chevelu, de la face, du tronc ou des membres après une surexcitation quelconque, douleur des dents et des gencives à la pression, au moindre refroidissement ne doivent pas inquiéter davantage. L'étal nerveux suffit à les produire et à les expliquer. Plutôt que de courir chez le dentiste et les divers spécialistes de ces accidents, mieux vaut se tranquilliser et les calmer par

quelques sédatifs, bains doux et l'usage des bromures, que de se tourmenter par de tristes appréhensions.

7 roubles de V estomac. — Des digestions lentes, laborieuses avec gaz, renvois, pesanteurs, gonflements après le repas et suivis de bâillements, boufl'ées de chaleur au visage, somnolence, incapacité de travail en sont le tableau ordinaire. Purement nerveux, ces accidents, variables et inconstants, sont plus ou moins légers ou graves selon les cas, jusqu'à la régurgitation des aliments parfois, selon l'intensité des signes neurasthéniques précédents, l'exagération des causes qui les produisent ou du traitement pour les combattre. Ils compliquent souvent les effets nerveux d'excès, maladies ou troubles génitaux: impuissance, stérilité et l'onanisme sous ses formes variées qui en provoquent l'épuisement en s'y ajoutant. Le danger est de les attribuer à une maladie essentielle de l'estomac, maigre l'absence de vomissements, crampes et douleurs locales et de les traiter comme tels.

Ces troubles digestifs, fréquents et sérieux parfois :;hez les neurasthéniques, les nerveux surtout, ont fait admettre par des médecins qu'ils étaient la cause même de cette maladie. Mais l'observation de neurasthéniques ayant l'estomac intact au début, contredit formellement cette opinion. L'aflaiblissement nerveux local et général de tous les muscles les explique suffisamment pour ne pas s'inquiéter, sinon que cette complication, empêchant l'alimentation et la nutrition, 3St un obstacle sérieux à la guérison de la maladie

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principale. C'est seulement dans les cas de dyspepsie nerveuse persistante, ayant anémié, débilité les malades, qu'il y a lieu d'en tenir compte pour ia traiter exclusivement. On la distingue au bien-être que les malades éprouvent après le repas, tandis que le contraire a lieu chez les neurasthéniques.

Troubles céi^ébraux. — Une maladie aussi essentiellement nerveuse, arrivée à un cerlain degré, ne peut manquer de retentir sur le cerveau et en troubler les fonctions, surtout chez les héréditaires d'une tare cérébrale ou un trouble de l'esprit. Cette complication correspond le plus souvent à raffaiblissement musculaire précité. L'attention ou tension de l'esprit, l'intelligence en sont diminuées. Les hommes de lettres et les artistes y sont les plus exposés, contraints d'interrompre leurs travaux et même obligés de les abandonner. L'ouvrier aussi n'a plus de goût à son travail et le laisse souvent inachevé.

La diminution de la mémoire pour les noms propres et les mots est un fréquent accident de ce genre. Nié ou mis en doute par la plupart des auteurs, ce symptôme est, selon Beard, le premier et le plus fréquent des maladies nerveuses. Les malades qui s'en plaignent, avant que l'âge puisse en être la cause, sont ordinairement traités d'hypocondriaques, ce qui est vrai parfois. Lorsqu'elle est fugace, inconstante et moins prononcée que dans la démence, cette diminution n'est pas seuhMnenl le premier signe de cette névrose, il est aussi cerlain (jue les pustules dans la variole et la crépitation des os dans les fractures. Elle

se révèle souvent en faisant l'addition d'une colonne de chifTres.

Le caractère change, faiblit, devient indécis. L'énergie morale manque, le découragement s'empare du malade, il se figure avoir les maladies les plus graves du cœur ou de l'estomac et désespère d'en guérir. C'est une préoccupation, une idée fixe qui le rend hypocondriaque et se porte sur les organes génitaux quand il en a commis des excès ou éprouvé des ma ladics.

La moindre amélioration de la neurasthénie suffit souvent à modifier et faire disparaître cet état d'esprit, ce qui est un signe favorable pour le rattacher exclusivement à cette maladie; mais il reparaît de même dans les conditions opposées et peut s'aggraver jusqu'à engendrer des idées de suicide. L'indécision et rhésitalion d'esprit de ces malades les empêchent heureusement d'exécuter leurs idées, malgré les angoisses, l'anxiété qu'ils en éprouvent. La crainte, la peur d'accomplir les moindres actes les retient.

Ces principaux signes de la neurasthénie sont si évidents et positifs, en émanant directement des centres nerveux, qu'ils permettent, isolés ou réunis, de la reconnaître presque infailliblement. Ce préambule pourrait donc finir ici, s'ils apparaissaient toujours les premiers dans l'ordre décrit. Au contraire, ils sont le plus souvent précédés, accompagnés ou suivis chez les nerveux, hystériques, anémiques ou elféminés, de symptômes accessoires s'y rapportant

qui en cachent et obscurcissent la signification. La plupart viennent des troubles du cerveau et par leur action sur les sens : vue, ouïe, goût, odorat, voix, et Taltération des principales fonctions par excès ou défaut de la sensibilité, de la circulation, du mouvement, peuvent tromper les malades. Impressionnables et craintifs, comme ils sont d'ordinaire, ils s'exagèrent la portée de ces phénomènes secondaires de la neurasthénie en en ignorant le nom et la nature nerveuse. Beaucoup s'adressent ainsi aux oculistes, dentistes et autres spécialistes des maladies du cœur, de l'estomac, de la peau, des oreilles, de la poitrine, les reins ou la vessie, suivant le phénomène particulier dont ils souffrent, sans parler de leur état général. Trompés inconsciemment, ces spécialistes peuvent prescrire des remèdes s'adressant aux accidents signalés et faire ainsi plus de mal que de bien. D'où l'urgence de signaler brièvement ces accidents.

Craintes^ Frayeurs. — Certains nerveux héréditaires craignent, hésitent à traverser une place, faire une course un peu longue, se trouver au milieu d'une réunion nombreuse, et même d'aller consulter le médecin sur l'état ou le mal qui les préoccupe. Sorte d'aboulie plus ou moins marquée, que le vulgaire leur applique sous le nom de maboules^ c'est-à-dire privés de raisonnement et de volonté.

D'autres ont peur de leurs semblables et sont pris d'une simple timidité craintive en face d'individus isolés. Il en est qui au milieu de la foule sont pris

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d'étouffement et d'angoisse au point de perdre connaissance. D'aucuns ne peuvent regarder ni parler à personne en face, sans inquiétude. Ils fuient toute compagnie et toute conversation, comme s'ils avaient le sentiment de leur infériorité. Le regard fuyant du neurasthénique, se détournant avec une sorte de honte ou de timidité inquiète, est un signe permettant d'apprécier son état général, selon Beard. Sa hardiesse croissante est une preuve d'amélioration.

Bien d'autres craintes puériles, des frayeurs, des peurs irréfléchies s'observent chez de simples nerveux, les femmes et les efféminés surtout, jouissant d'ailleurs d'une santé parfaite. Les uns ont essentiellement peur de la solitude et de l'isolement. Ce sont les monophobes ne pouvant sortir sans être accompagnés. D'autres ont une frayeur maladive du tonnerre et des éclairs, au point de s'enfermer dans l'obscurité et se boucher les oreilles, sans pouvoir s'en défendre. Ceux-là se distinguent en sentant venir l'orage par l'accablement et la fatigue qu'ils éprouvent. Une véritable crise nerveuse avec angoisse, tremblement, affaissement musculaire ou agitation extrême, mal de tête avec sensibilité et serrement du cerveau chez quelques-uns.

La peur des maladies est telle, chez quelques personnes, que l'on ne peut décrire ni même parler devant elles de certains symptômes nerveux surtout, sans qu'elles s'en croient immédiatement atteintes, qu'elles en rêvent ou n'en dormeni pas. C'esl une sorte d'hypocondrie héréditaire produite par l'épuisement. 11 en est même aui ont peur d'avoir oeur.

Tout événement les obsède pour eux ou leur entourage. Telle mère ne peut être privée de la présence de son enfant sans en être troublée, malade d'inquiétude. Ceux-l<à sont plus que des neurasthéniques, ce sont des aliénés conscients.

Bien d'autres frayeurs sont du même genre. La peur de la saleté comme celle du microbe, devenu actuellement l'ennemi général, empêche ces malades d'esprit de prendre des aliments ou de boire des eaux, de toucher des personnes ou des objets, de fréquenter certains lieux par crainte d'être conta-^ minés. La zoophobie ou peur d'animaux innocents : souris, rats, araignée, ver, couleuvre, est de la même origine en amenant une crise nerveuse. Toutes ces peurs indiquent un affaiblissement de l'énergie morale entraînant parfois l'inconscience, l'impulsivité et même des hallucinations. La neurasthénie seule laisse d'ordinaire ses malades conscients, ils raisonnent et essaient de fuir devant ces craintes, ces appréhensions exagérées, comme un autre demande à guérir son mal de tête, du cœur ou de l'estomac. Dès qu'ils ne sont plus conscients, c'est qu'elle se complique d'une hérédité psychologique ou que par sa persistance et ses rechutes, sa longue durée, elle a altéré le cerveau, la pensée et la raison.

Vertiges, Étourdissèments. — Cet accident si commun et fréquent peut ouvrir brusquement la scène de la neurasthénie, après un surmenage plus ou moins prolongé. Une sorte d'éblouissement survient après un excès de fatigue avec sensation de mouvement

dans la tête et obscurcissement des objets environ nants. Les yeux se ferment instinctivement, la tcte appuyée dans la main et tout est fini en quelques -secondes. Il y a simple absence ou syncope momentanée avec conscience de ce qui s'est passé.

Ce vertige neurasthénique se distingue par une sensation de déplacement brusque du malade ou des objets qui l'entourent. Ce déplacement, dit Krishabcr, €St giratoire, les objets tournent, ou bien le sol se soulève, se creuse ou donne la sensation d'un bateau ; parfois les objets oscillent, se lèvent et s'abaissent ou bien apparaissent comme un tourbillon.

Il ne doit être confondu ni avec celui des oreilles, accompagné de bruits, ni les accès vertigineux de l'estomac vide, avec nausées et vomissements, ni celui de Thystérie, précédé d'aura et suivi d'accès.

Troubles de la vue. — La sensation de brouillard, de mouches volantes, d'images flottantes s'observent dans le cours de la neurasthénie; des yeux rouges avec bouffissure, picotement et cuisson, en sont un signe d'aggravation. Le blanc des yeux s'injectait, chez un malade de Beard, comme s'il eut reçu un coup d'air, dès qu'il souffrait davantage. La pesanteur des paupières s'y joint par l'affaiblissement des muscles. Les pupilles se dilatent et se resserrent d'un instant à l'autre par simple effet nerveux, d'un seul côté ou des deux. La fatigue résultant de cette irritabilité peut rendre impossible la lecture, l'écriture, la couture et tout travail, sans que les lunettes y suppléent. La durée de ces troubles est ^-elative à l'intensité de la

neurasthénie et la congestion des centres nerveux. D'où l'aspect fatigué des yeux chez ces malades. Ils ne doivent jamais s'adresser aux oculistes sans révéler leur état nerveux. Tous les collyres sont inutiles; le repos de l'organe et la tranquillité suffisent à la disparition de ces accidents nerveux.

Bruits, Bourdonnements d'oreilles. — La surexcitabilité de l'ouïe chez les nerveux leur rend tous les bruits pénibles et fatigants. Les neurasthéniques sont agacés à l'intérieur par le moindre frôlement ou grincement, le bruit même de l'horloge ou la pendule. Des bourdonnements s'ensuivent chez les plus malades, avec battements ou souffles chez les vertigineux, surtout au lit et empêchant le sommeil. Des sifflements, tintements, des bruits de vent ou d'eau, des explosions même, les surprennent dans la plus grande tranquillité. Simples sensations nerveuses dont il ne faut pas s'inquiéter et qui s'améliorent et disparaissent en traitant la maladie principale.

Le goût est aussi parfois bizarre, dépravé, chez les neurasthéniques. Ils trouvent souvent aux aliments le goût qu'ils n'ont pas, se dégoûtent de ceux qui leur conviennent et recherchent les fruits acides ou crus. Dépravation nerveuse à combattre, si l'estomac est dans l'état normal.

L'odorat peut être troublé, perturbé de même, en raison de la faiblesse et l'irritabilité spéciale des malades. Certaines odeurs leur sont insupportables et

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déterminent de Tanxiété, des syncopes. D'autres rencontrent partout une odeur fixe qui n'existe pas. Si. rares soient-ils, ces troubles nerveux doivent être; signalés pour n'en pas concevoir d'inquiétude.

Les paljntations nerveuses du cœur sont des plus fréquentes dans la neurasthénie, sans lésion de cet organe, altération ni diminution du sang. Un effort physique, une émotion, une préoccupation, une mauvaise digestion suffisent à les déterminer. Elles surviennent même spontanément et par accès. D'où l'inquiétude des victimes se croyant atteintes ou menacées d'une affection réelle du cœur. Leur émotion est telle qu'en consultant à ce sujet, ces palpitations ont lieu subitement avec tant de violence et de telles vibrations continues et sans repos que le médecin, non averti de l'état nerveux général, peut croire à une altération locale. Le malade doit donc avant tout l'informer de son état ordinaire et des causes qui peuvent l'avoir provoqué.

Des faiblesses passagères, pouvant aller jusqu'à perdre connaissance par arrêt du cœur, avec ou sans pâleur de la face, se produisent sous l'influence des mêmes causes nerveuses.

Des douleurs nerveuses du cœur ont aussi lieu par accès; sorte d'angoisse ou sensation d'étranglement, de suffocation, qui en marque le début et la fin avec malaise et lassitude ensuite. Ces accès sont si douloureux pour le malade et effrayants pour les assistants qu'ils ont été comparés, confondus même, avec l'angine de poitrine, maladie du cœur qui tue instan-

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tanément ses victimes par arrêt subit des battements et de la circulation du sang.

Cette névralgie s'en distingue essentiellement par sa durée une partie du jour ou de la nuit et ses retours périodiques. Les battements du pouls, quoique petit, rapide ou ralenti, sans vigueur et toujours irrégulier, en sont le signe le plus rassurant, car malgré la douleur et la gravité de ces crises, elles sont purement nerveuses et disparaissent avec la neurasthénie dont elles dépendent.

Des bouffées de chaleur à la face, avec rougeurs diffuses ou en plaques, sont l'effet de ces troubles de la circulation du sang. Les extrémités, oreilles, mains, pieds sont tour à tour brûlants ou froids. Une certaine oppression s'y joint rarement. Accidents si fréquents, dit Beard, que la moitié des neurasthéniques s'en plaignent, sans que leur ressemblance avec ceux des femmes au retour d'âge puisse les faire confondre. En voici un exemple chez l'homme.

3. — Un commerçant très actif et robuste, à tête volumineuse et cerveau actif, d'une santé parfaite, mais surmené par ses affaires, était pris subitement trois à quatre fois par an — toujours après des excès de fatigue intellectuelle ou de vives préoccupations — d'un accès unique de fièvre avec frisson et chaleur de 3 à 4 heures, sans crise de sueur marquée.

Il s'accompagnait de la sensation d'un bandeau de fer étrei^nant le front avec sensibilité exquise du cuir chevelu, rendant le contact du pei^'ne et du chapeau pe'nible, courbature générale avec brisement des membres et rachialgie lombaire, empêchant tout travail durant 36 à 48 heures. La face antérieure des cuisses était en outre si

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sensible, que le contact du pantalon et des objets durs contenus dans les poches était insupportable. Ces phe'nomènes neurasthéniques montraient donc clairement la nature nerveuse de ces accès traités jusque-là comme paludéens. Le surmenage semblait bien évidemment la déterminer plutôt que Ja neurasthénie chez cet homme et il lui suffit de ne plus s'y soumettre pour les voir disparaître.

Altération des liquides. — La sécheresse de la peau et des sueurs exagérées, signalées page 50, sont l'effet apparent de ces altérations, comme les troubles digestifs si fréquents en sont la conséquence cachée. Des maladies graves s'ensuivent môme directement, sans que leurs victimes soupçonnent que les accidents nerveux dont ils sont atteints puissent en être la cause. En voici la démonstration :

4. — Un jeune homme choréique, en traitement dans le service du professeur Bouchard, rendait des urines albumineuses dans le jour,tandis que celles de la nuitne Tétaient pas. Mais lorsque le malade était repris de mouvements choréiques dans la nuit avec insomnie correspondante, les urines devenaient albumineuses. Les mouvements musculaires involontaires étaient donc la cause de cette albuminurie. {Soc. de Biologie.)

L'albuminurie se manifestant par des urines abondantes, blanches et mousseuses, est ainsi fréquente chez les neurasthéniques. Une fatigue intellectuelle, une émotion morale, une débauche quelconque, suffisent à la provoquer. Ce signe se montre ainsi dans ses accès d'aggravation et disparaît par son amélioration, sans que les reins soient malades; leur sécré-

tion seule est troublée par raltéralion de l'état général.

Le sucre se rencontre également dans les urines, sans diabète. Jusqu'à dix à douze grammes par litre, il n'y a pas à s'alarmer. Dés que ces urines sucrées sont passagères et variables, intermittentes, elles sont un simple effet de Tétat nerveux, le cerveau et la moelle épinière étant surtout surmenés.

L'oxalatede chaux s'y constate aussi dans les mêmes conditions. Il suffit que la digestion et l'assimilation soient troublées pour que ce phénomène ait lieu. D'autres sels peuvent encore s'y trouver, les urates notamment chez les rhumatisants et les goutteux, par un simple défaut de la nutrition générale.

Il suffit, dans tous ces cas, de calmer le système nerveux par la tranquillité et le repos et rétablir les fonctions troublées par des moyens appropriés pour que les urines redeviennent normales.

Aliénation mentale. — La folie dépendant toujours dune faiblesse du système nerveux, la neurasthénie est surtout dangereuse chez ceux qui sont prédisposés de naissance à perdre la raison. Ce danger n'a été \ signalé en France que dans ce cas. Il est donc prudent .de s'inquiéter, chez un neurasthénique, s'il n'y a pas |de tare héréditaire de ce genre dans sa famille. Les ennuyeux par leurs petits papiers, leurs histoires • sans fin, à idées et craintes folles, préconçues, aj^ant commis des actes sans raison ni réflexion, mal équilibrés, bizarres, maboules, sont les plus exposés à cette grave complication.

Elle est si fréquente aux États-Unis, surtout dans le Nord et l'Est, que la neurasthénie et la folie sont proclamées connexes par l'association des névroses et des psychoses ou troubles de l'esprit, d'après les aliénistes Cowles et Dana. Les plus notables symptômes en sont, d'après Beard, l'insuffisance ou défaut de contrôle mental, l'incapacité de concentrer l'esprit sur aucun sujet, une fatigue rapide du cerveau dés qu'on s'y essaie, l'irritabilité mentale avec désespoir profond s'ensuivant. La défaillance de l'intelligence et de l'esprit est surtout menaçante avec un profond degré d'épuisement neurasthénique.

L'alcoolisme et la syphilis affectant spécialement 1b système nerveux, leur transmission héréditaire aux enfants les prédispose à la neurasthénie. L'attention et la mémoire étant les principales activités du cerveau, le défaut de mémoire des mots et des noms surtout, la lassitude du corps, la langueur de l'esprit avec difficulté du mouvement, sont des signes de stupeur morale comme dans la mélancolie. D'où son analogie avec la neurasthénie en pareil cas.

Ces complications mentales coïncident principalement avec les symptômes cérébraux, relatés en première ligne, et s'observent le plus souvent dans la neurasthénie sexuelle, c'est-à-dire l'épuisement nerveux produit par les abus, les excès et les maladies vénériennes, comme on le verra plus loin d'après les

faits*

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Outre ces conséquences directes, immédiates, la neurasthénie ouvre la porte à une série de troubles nerveux quand eile est négligée ou mal soignée, la mélancolie en particulier, dont les mères de famille sont surtout menacées. Elle entraîne fréquemment aussi à l'alcoolisme et le morphinisme, en recourant aux stimulants pour relever les forces, soutenir l'énergie, et aux calmants contre les douleurs, l'insomnie. D'où l'habitude graduelle de ces poisons.

Il est même à prévoir, d'après les troubles divers et prolongés de la digestion et la circulation, des sécrétions du foie et des reins, qu'il n'en puisse résulter à la longue des altérations et des maladies des divers organes qui en sont le siège. Son hérédité est aussi à redouter d'une génération à l'autre. D'où le danger de la méconnaître et la négliger. Ses causes étant connues, on devrait même prendre de^ pr^cautions pour s'en mettre à l'abri et J'éviter.

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