‹ Epuisement nerveux génital, causes et remèdesChapitre 6 sur 21 · CONSTITUTIONNELLES · texte numérisé non relu

CONSTITUTIONNELLES

Sous ce titre, se groupent les causes affectant tout le système nerveux, primitivement et secondairement, par suite d'altérations et de maladies des principales fonctions de Torganisme : circulation, digestion, assimilation, respiration et génération. Sans siège local, contrairement à celles qui régnent dans un seul appareil ou organe isolé, elles figurent ici les premières, comme immatérielles et inorganiques le plus souvent.

La faiblesse nerveuse^ native ou acquise, est l'une des principales causes de l'épuisement nerveux génital. Ceux qui en sont atteints de naissance, ou par les mauvaises conditions de leur enfance, sont exposés ensuite à en ressentir les effets, dès que les fonctions vitales de l'estomac ou du cœur s'exercent imparfaitement. Ils s'anémient et par le défaut de sang, son altération ou sa pauvreté, les nerfs prennent le dessus,

dès qu'un sang riche et abondant ne les tient plus en bride pour en calmer et modérer les accès. De là l'hystérie, le nervosisme et les divers autres accidents^ désordres et troubles nerveux déterminant bientôt l'affaiblissement général, celui de l'appareil génital en particulier. Il est si instable et impressionnable qu'il se perturbe et se paralyse à la moindre influence physique ou morale. Le travail intellectuel, une impression sentimentale ou sensorielle, le plus léger trouble physique suffit à le concentrer, l'absorber. L'influx nerveux est ainsi ralenti, suspendu ou arrêté.

Dans cet état, ni abus, ni excès vénériens ne sont nécessaires pour transformer cette faiblesse en neurasthénie sexuelle; le simple usage y suffît. Que de jeunes gens, en s'exonérant ainsi de raaniere ou d'autre, naturelle ou artificielle, sont bientôt réduits à un véritable épuisement avec toutes ses conséquences ! Combien de jeunes filles chlorotiques, aux pâles couleurs, auxquelles le mariage est conseillé sans examen, sont frappées à bref délai de cette neurasthénie sexuelle et en deviennent grc^^ement malades ensuite par la grossesse, l'accouciierr^ent et l'allaitement.

Chez l'homme, le sens génital n'obéit plus dès lors qu'imparfaitement à ses excitants naturels; soit que l'imagination troublée ne permette pas aux désirs vénériens de se manifester avec la régularité, la force et l'intensité voulues, soit que le souvenir, une habitude viennent inopinément se présenter à l'esprit et l'occuper, l'érection diminue, languit ou tombe, selon l'ancienneté et la durée delà perturbation morale pro-

duite. Rien n'affecte et ne trouble plus Tesprit et l'imagination de Thomme que la faiblesse génitale, de même que les maladies vénériennes et des organes génito-urinaires, dès que sa virilité en est atténuée. (Voy. Syphilis.)

Les échecs et les faillites des novices, à l'esprit faible etimpressionnable, se produisent ainsi fréquemment à leur début. Ceux qui sont affaiblis, troublés par des goûts, des appétits pédérastiques ou l'habitude plus ou moins prolongée de la masturbation, seuls ou à deux, et même du frottement, en sont surtout passibles. Exemple :

12. — Un garçon de vingt-six ans, marchand sellier en province, beau, fort, sans maladie, paraissant bilieux plutôt que lymphatique, se présente le 12 mars 1892 comme impuissant et hésitant à se marier. Livré à la masturbation de douze à treize ans, il s'est essayé machinalement à dix-sept ans avec une prostituée et a échoué piteusement. 11 n'a réussi ensuite qu'en se faisant toucher. Honteux et intimidé par ce défaut d'érection, il a continué à s'exonérer lui-même, évitant de recourir deux fois à la même femme, crainte d'être bafoué. Ses rapports, de trente à quarante au total, ont été de plus en plus longs, exigeant jusqu'à dix minutes pour la conclusion, toujours préoccupé, sans être à ce qu'il faisait.

A l'examen, organes flasques, pendants, de volume normal, veine dorsale variqueuse ainsi que la partie interne du testicule droit, signes de masturbation, quoique ne s'y étant livré que deux ou trois fois par semaine. Pertes séminales nulles, les érections spontanées n'ayant lieu qu'au réveil. Vie régulière et laborieuse, sans alcoolisme ni tabagisme.

Ce n'est donc pas là de l'impuissance, mais de la

faiblesse nerveuse, de la torpidité génitale, la sécrétion et la projection du sperme étant normales. Aussi ai-je répondu affirmativement à la demande du mariage avec une femme choisie, aimée, en la courtisant un certain temps, et après l'usage de lavements avec gouttes de noix vomique, douches et lotions stimulantes locales, dragées d'ergotine et kola granulée à l'intérieur.

La syncope génitale^ exclusivement nerveuse, a lieu ainsi parfois, même chez de vieux garçons voulant rompre des liaisons illicites habituelles, ou forcés d'abandonner une maîtresse gênante après des relations prolongées, comme dans le cas suivant :

13. — Un garçon de trente-deux ans écrit de Londres, le 21 juillet 1893, sans autre détail : « J'ai eu une maîtresse à qui j'ai été très attaché et que j'ai toujours été parfaitement à même de satisfaire, bien qu'elle soit de fort tempérament. Je lui ai été fidèle tant que je suis resté avec elle. L'ayant quittée, j'ai voulu avoir des rapports avec d'autres femmes, et chaque fois, j'ai été complètement impuissant. J'ai pris des excitants sans résultat. Très ennuyé, j'ai revu mon ancienne maîtresse et j'ai été de nouveau viril comme d'habitude avec elle. Ce n'est donc pas de l'impuissance ni de Fanaphrodisie ; mais comptant me marier bientôt, j'ai une peur atroce de ne pouvoir remplir mes devoirs de mari. Un puissant aphrodisiaque ne sauverait-il pas la situation, en brisant l'espèce de chaîne ou de charme qui semble me lier à mon ancienne maîtresse ? »

Non, monsieur, répondis-je immédiatement. La syncope génitale dont vous souffrez est évidente. Produite et entretenue par un sentiment profond qui enchaiPâe vos désirs, votre imagination et vos sens, elle ne peut être combattue

efficacement que par un sentiment contraire, opposé. Si la faiblesse nerveuse, le fe'minisme y contribuent, fortifiezvous, tonifiez-vous. L'essentiel est d'oublier, de secouer le joug par re'loipnement, la fuite. Mais ne vous mariez pas, sans que votre chaîne soit rompue, brisée par le temps, la distraction ou un autre amour. A la faiblesse, l'esclavage de vos sens, de votre cœur ou votre esprit, sinon de votre système nerveux, il faut que la force et la liberté succèdent pour reconquérir votre virilité. Avec du courage, de l'énergie et une ferme volonté, vous y parviendrez.

Rien de plus dominateur et tyrannique que ces liaisons illicites, habituelles et prolongées, sur certains esprits faibles ou très impressionnables. J'ai cité ailleurs Texemple analogue d'un garçon lié à une maltresse depuis plusieurs années, lorsque sa famille l'obligea à contracter un mariage avantageux. En l'annonçant à sa maîtresse, elle lui prédit dans une dernière entrevue, la veille même du mariage, qu'il resterait impuissant dans les bras de sa nouvelle épouse. Il fut incapable, en effet, de consommer son mariage pendant plusieurs semaines, comme Roubaud, consulté à cet effet. Ta raconté.

Cette syncope génitale, purement nerveuse, montre bien l'élément moral subjuguant le physique au point de le paralyser. Une simple impression morale provoque le môme effet par le trouble nerveux en résultant.

L'extase amoureuse^ chez de jeunes érotomanes, détermine une action analog'je sur le cerveau dont voici un exemple remarquable *

!38 EPUISEMEiNT NERVEUX GENITAL

14. — Un collégien parisien, de quatorze à quinze ans, brun, de taille moyenne, très vif et' nerveux, à la moustache précoce, éprouve si prématurément des désirs yénériens, qu'il écoute, dès cet âge, en sortant de Condorcet, les invitations des filles publiques et en suit une pour faire son apprentissage. Son succès fat un stimulant au point de le faire manquer le lycée. Ses parents avertis Finternent dans un collège de province pour l'empêcher de sortir. Mesure dangereuse qui l'entraîne, à l'instigation de ses camarades, à la masturbation. Son dégoût en est tel qu'il fuit par les fenêtres pour aller se soulager. Il est ainsi renvoyé à Paris .

Mis en contact par hasard, de dix-sept à dix-huit ans, avec une fille de son âge que la mère laissait imprudemment en sa compagnie, ce jeune érotomane, initié déjà à toutes les profanations de l'amour, de la prostitution, éprouve une véritable adoration pour cette jeune vierge. Ils s'aiment au point de se tenir enlacés, s*embrassant réciproquement à bouche que veux-tu , sans qu'aucun désir vénérien les distraie de cet amour chaste. De longues heures de liberté se passent ainsi sans penser ni pouvoir aller plus loin. Seul, il s'en étonne, mais la présence de son idole le paralyse, et son bonheur suprême, dans l'enivrement de son amour, consistait à la presser sur son cœur en Tembrassant, à l'exclusion absolue des sens.

Trois mois après ces entretiens extatiques, ces jeunes gens furent séparés et éloignés subitement. Ce garçon reprit bientôt, avec une sorte de priapisme, ses débauches dans la prostitution en commettant, jusqu'à vingt-deux ans, tous les excès possibles, avec suspension pour les prolonger. Une aventure l'amena alors dans mon cabinet; de là son histoire.

La même syncope génitale se manifeste chez de vieux garçons ou veufs, résolus, après une jeunesse plus ou moins orageuse, à vivre seuls dans une conli-

nence prolongée. Une nouvelle Vénus ou un mariage convenable s'offrent-ils à leurs convoitises inassouvies que, comptant sur leurs anciennes prouesses, ils s'engagent aussitôt dans de nouveaux liens, sans examen ni réflexion. Troublés par l'émotion de leur érotisme, ils restent impuissants, comme cet agriculteur des Ardennes, énamouré à quarante-cinq ans d'une jeune domestique, sans pouvoir satisfaire ses désirs. (Observation 160 des Anomalies sexuelles.)

Les hommes entachés de féminisme et d'une grande impressionnabilité sont les plus menacés de ces échecs. Une volonté faible, indécise, vacillante, expose à tous les dangers et les périls des sens et de l'imagination par l'affaiblissement du système nerveux.

L'idée préconçue de leur impuissance et la crainte de ne pas réussir est donc toute la maladie de ces nerveux. Ils réclament des aphrodisiaques, lorsque la perturbation seule de leur système nerveux génital les paralyse au moment propice. L'excès d'impressionnabilité, de crainte et de honte, cause tout leur insuccès et ils n'en triomphent qu'en étant rassurés sur leur virilité. De grands bains frais ou quelques douches et des dragées d'ergotine comme adjuvant suffisent dans ces cas, d'après l'exemple suivant :

15. — Cultivateur du Cher, ûf,'é de trente-cinq ans, marié depuis six semaines à une fille de vingt et un ans, sans être parvenu à la déflorer, malgré leur désir réciproque et toutes les tentatives faites à cet effet. Adonné à la masturbation dès l'âge de douze ans, il avait ensuite eu des rapports sexuels à la campagne et en ville lorsque, à la suite d'un chancre mou, guéri en dix jours sans

aucune suite, et rinfidélité d'une femme mariée, il re'soiut de rester garçon. Très robuste, il s'exonéra dès lors par la masturbation jusqu'à sept à huit fois par semaine.

Ses parents morts, la vie devint si triste qu'il se maria d'un amour assez froid, mais qui grandit jusqu'à la folie par ses échecs et les désirs embrasés de sa jeune femme. Eloigné d'elle dans les champs, il a chaque jour des érections fortes et persistantes, au souvenir de ses charmes et ses caresses, qui font défaut en étant réunis. De là son chagrin, sa préoccupation et son tourment, surtout devant le mécontentement et les menaces de sa femme. 11 perd la raison en demandant un phallus et des aphrodisiaques.

Je le rassure, en lui démontrant qu'il n'est pas impuissant et doit se calmer, reprendre courage et se tranquilliser. Ses crampes dans les jambes, ses tiraillements ou contractures, sont l'elTet de la masturbation et ses efforts répétés. Je prescris des ablutions froides locales et une verrée d'eau froide en lavement à garder pendant la nuit, avec l'usage de dragées d'ergotine, en essayant ses forces tous les cinq à six jours à l'apparition des érections spontanées.

Un mois après sa demande, le 18 novembre 1890, cet homme écrivait : En suivant exactement vos prescriptions, vos espérances et mes plus ardents désirs ont été couronnés de succès. La première intromission a réussi le 10 courant et la tentative renouvelée avant-hier a encore mieux réussi. Je continuerai ainsi tous les cinq à six jours, en laissant agir la nature sans la forcer, suivant votre ordonnance !

Des exemples analogues, relatés au Célibat prolongé 'des Anomalies sexuelles, montrent également que l'impuissance signalée faussement consistait simplement ' en échecs, faillites provoqués par le trouble et l'affaisj cernent, la perversion du système nerveux cérébrospinal, résultant de tous les abus, les excès et les fraudes commis par ces vieux célibataires. L'observa-

tion 175 en offre le type. Les cas signalés aux anomalies de la copulation démontrent bien le mécanisme purement nerveux de ces faillites par l'échec constant de deux jeunes érotomanes, dans toute première entrevue avec la femme choisie, convoitée, poursuivie dans la plus vive ardeur; tandis qu'ils jouissaient de toute leur virilité dans la seconde, le lendemain même. (Observations i08 et i09.) Et la preuve démonstrative que cette syncope génitale résulte bien de l'exaltation même de l'imagination de ces névropathes est dans l'exemple de ce veuf, constammeni; impuissant le soir avec sa maîtresse, et retrouvant seulement toute sa vigueur le matin au chant du coq. (Observation 105.)

Toutes ces faillites passagères, habituelles, intermittentes comme les fièvres d'accès, taxées faussement d'impuissance, ne sont donc que des névroses par faiblesse nerveuse, perversion ou trouble de l'imagination, du sens erotique et du centre génitale la fois, par abus, excès ou défaut d'usage. On ne peut faire vibrer ces instruments délicats sur tous les tons, vrais et faux, sans que leur diapason ne s'altère, se trouble et s'abaisse. Témoins ces beaux gaillards de vingt-cinq, vingt-sept ou trente ans, se trouvant affaiblis, sinon impuissants, après une courte vie d'excès et de fraudes. Sans l'aide d'aphrodisiaques aussi artificiels que la caresse, le baiser de l'oreille pour celui-ci, le contact à nu du corps, à poil comme ils disent pour celui-là, le frôlement de la main féminine sur leur mamelon rudimentaire pour d'autres, ils ne peuvent retrouver leur virilité. (Observations 107

ii2 ÉPUISEMENT NERVEUX GÉNITAL

et i 5i .) Effet d'habitudes vicieuses d'érotomanie, pervertissant et surmenant les centres nerveux erotiques, au lieu de leur usage régulier et leur service normal.

D'autres causes concomittantes peuvent contribuer sans doute à produire cette faiblesse génitale. Tel est Fusage excessif du tabac, de l'alcool ou ces liqueurs frelatées dont le bouquet est un véritable poison, parfois des plus violents, l'absinthe notamment ; sinon d'autres intoxications ou empoisonnements résultant de leur profession et surtout de leurs maladies contre lesquelles ils prennent, souvent sans mesure, des bromures, des iodures, des mercuriaux, î'opium, la digitale, le camphre, des piqûres de morphine, de cocaïne, des cachets d'antipyrine pour calmer leurs nerfs aujourd'hui et les remplaçant le lendemain par les plus violents aphrodisiaques pour îes exciter. Achetés et délivrés librement sous forme d'alcaloïdes en capsules, dragées, granules, ces divers remèdes, pris ainsi à la longue sans indication précise, ne manquent guère de déterminer de véritables accidents neurasthéniques, en troublant les fonctions de l'estomac, du cœur, du poumon, et en afïaiblissant et détraquant le système nerveux, sans que l'on s'en aperçoive autrement que par ces échecs et ces faillites inattendues.

La lenteur graduelle de l'érection en est le meilleur signe. Au contraire, lorsqu'elle survient subitement, en dehors de l'âge ou de la maladie, c'est ordinairement de l'impuissance, dont la cause est généralejnent plus appréciable et marouée, comme dans le cas suivant.

16. — Célibataire de trente-cinq ans, impuissant par faiblesse nerveuse, ayant toujours eu le sens e'rotique peu développé et le centre génital paresseux. Il s'est peu masturbé jeune et exprime naïvement cet état ainsi : Jamais très fort en amour, toujours besoin d'attouchements de la femme pour entrer en érection, sans jamais obtenir la dureté ni la raideur de la virilité complète, l'éjaculatioa s'efTectuant presque aussitôt l'intromission, «quand elle était possible. » De là une continence forcée, n'étant pas hardi à s'adresser aux femmes, ce qui l'a fait aussi refuser de très beaux partis et des femmes aimées.

Sa faiblesse de constitution s'opposant à de grandes fatigues, il apprend tard le métier d'horloger bijoutier. Néanmoins, voyage-t-il un peu à pied, qu'il a vite mal dans les jambes; c'est dans les cuisses le lendemain en se levant et dans le bas des reins, s'il reste debout à la même place. Phénomènes neurasthéniques indiquant la faiblesse de la moelle lombaire, malgré la vie sédentaire, calme, sans usage d'alcool ni de tabac. La verge est un peu atrophiée, le gland pâle et ridé.

Il a employé sans succès les granules d'arséniate d'or dynamisé, les gouttes régénératrices et le sirop magistral au quinquina des charlatans trop connus. Maintenant les attouchements et les baisers d'une femme, même ardemment désirée, ne provoquent qu'un peu de turgescence de la verge, qui tombe aussitôt avec écoulement spermatique immédiat. Jamais d'érections spontanées. Pertes séminales nocturnes rares, sans érection.

Malgré un traitement interne stimulant et reconstituant avec douches, bains froids et excitants locaux pendant trois mois, des érections plus sensibles donnaient seulement l'espoir d'un prochain coït ; mais la fatigue des reins et des jambes était beaucoup diminuée.

Féminisme. — Les sujets efféminés sont les plus enclins et exposés à cette faiblesse nerveuse et ses conséquences, en raison même de leur tempérament

U4 EPUlSEMEiNT NERVEUX GEiMTAL

faible, lymphatique et leur constitution délicate, strumeuse et souvent scrofuleuse. Leur enfance est toujours chétive, languissante ou maladive et ils ne peuvent ainsi se livrer aux amusements, exercices ni jeux des enfants de leur âge. De là leur puberté tardive et peu marquée. La transition s'opère d'une manière insensible aussi dans le changement des formes, des organes génitaux et celui de la voix, qui en sont les traits les plus apparents et marqués. La taille seule s'élance, mais les tissus restent pâles et mous. Toutes les fonctions languissent, l'intelligence est paresseuse quoique, seule entre toutes, elle se distingue parfois par une grande précocité. Le moral est aussi tout l'opposé du physique ; mais en général, ils sont craintifs, peureux, pusillanimes, avec des goûts bizarres, sans force de caractère ni d'individualité. Faibles ou cachectiques, anémiques ou pâles, un rien les émotionne, les trouble, les abat sans réaction .

Tels sont les caractères extérieurs du féminisme, chez le jeune adolescent, par leur ressemblance avec ceux de la femme. Adultes, ils en ont la taille fme, svelte et élancée, les membres grêles et allongés, aux formes délicates, la peau fine, blanche et glabre, c'est-à-dire presque imberbes. L'absence de barbe ou sa rareté en est le principal caractère, formant ainsi un contraste frappant avec ces viragos aux formes masculines, portant moustaches, connues sous le nom d'hommasses.

Il n'y a pas à insister ici sur les traits extérieurs du féminisme, peints distinctement dans V Impuissance,

page 125, cinquième et nouvelle édition. Les plus nerveux dans Tenfance sont les plus portés à l'onanisme manuel ou au frottement, si leur intelligence développée ne les retient exclusivement à l'étude. Ceux qui en offrent l'apparence, à l'âge adulte, ne se mêlent guère par leur extrême timidité aux jeux de leurs camarades. Ayant les goûts et les idées de la femme, au point de lui emprunter parfois l'un de ses caractères distinctifs : des seins développés et durs, sinon un mamelon érectile et une aréole très marquée, elle n'a aucune attraction sexuelle pour eux. Les beaux garçons de leur âge leur font plus d'impression. Ils les recherchent ainsi de préférence et en font leurs acolytes, surtout s'ils sont adonnés à la masturbation. Chez d'autres, la paresse de leurs organes génitaux coïncide souvent avec leur développement et leur fonctionnement incomplets; ce quiî les fait échouer parfois dans leurs premiers essais en trouvant une occasion favorable. C'est le plus grand malheur qui puisse les frapper.

Les déformations thoraciques, constatées métriquement par les coupeurs sur les anciens patrons qui servaient il y a trente ans, sont attribuées à ce féminisme par le docteur Brunon. La comparaison faite sur cinquante garçons de dix-huit à vingt-deux an€ a permis de constater que, 80 fois sur 100, leur poitrine est rentrée, le dos rond et que, le diamètre inférieur restant normal, celui de la partie supérieure du thorax a diminué, ainsi que la capacité thoracique. De plus, les épaules sont basses, le cou placé en avant et les hanches saillantes, caractère de fémi-

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