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IV. — L’ÉQUILIBRE DYNAMIQUE

A) Le problème des déterminations successives

30) Les problèmes. — L'équilibre dynamique est simplement l’étude d’équilibres différents dans le temps.

Cette étude comporte deux problèmes complètement différents, ou plus exactement trois, dont les deux premiers sont relatifs et le dernier absolu.

Pour comprendre la signification de ces termes, il suffit de se rappeler que l’équilibre de WaLras n’est autre ue la détermination de la valeur d'échange à partir de données qui sont la quantité et l'utilité des richesses sociales en un instant donné.

Si ces caractéristiques des richesses sociales varient, on peut se demander si l'équilibre existe toujours, c’est-àdire si la valeur d’échange des richesses est toujours déterminée. Si oui, comment cette valeur varie-t-elle ? Tels sont les problèmes relatifs qui ont trait aux variations de la valeur d'échange en fonction des données.

Mais ces données elles-mêmes, en pratique, comment varient-elles effectivement dans notre civilisation, -entrai-

nant par le truchement des relations précédentes les variations des valeurs d’échange ? C’est le problème absolu.

51) La tendance à l'équilibre. — Le premier problème a été seulement évoqué par WaLrASs qui se contente de dire que « l’équilibre est variable ou mobile, c’est-à-dire qu'il se rétablit lui-même dès qu'il est troublé » (4b., 210), et fait allusion à l’aspect « dynamique de trouble continuel de léquilibre par des changements de ces données et de rétablissement continuel de l'équilibre ainsi troublé » {4b., 211).

De ces deux citations on peut déduire que, en supposant que la concurrence parfaite ait pu s'établir dans un système, l'équilibre sera détruit par une variation rapide des données.

Seulement là encore, l'influence de la variation des données aura une conséquence pratique du même ordre que la concurrence imparfaite. Et nous avons vu que les conditions de la concurrence parfaite, notamment en matière de production étaient très loin d’être réalisées.

Il faudrait donc en faire une étude approfondie des conséquences. de la concurrence imparfaite pour apprécier la mesure du trouble apporté par les variations des données. C’est de la même manière que l’étude de la conductibilité thermique, qui exclut l’équilibre thermique, permet seule de voir les conditions dans lesquelles cet équilibre est le moins troublé.

En outre, WaLras affirme qu’en l’état de concurrence parfaite, l’équilibre tend à se rétablir de lui-même, s'il était rompu. Sa démonstration n’est pas rigoureuse, puisqu’elle ne s'applique pas à une véritable rupture (1), mais à une mauvaise détermination. Il donne toutefois une description poétique du marché permanent « comme d’un

1) Voir ci-dessus, $ 11.

lac agité par le vent et où l’eau cherche toujours son équilibre sans jamais l’atteindre » et il traite du même coup des crises en disant seulement d’elles que ce sont des « troubles généraux et subits de l’équilibre » de même que le lac est profondément troublé « par lorage » (Ab., 242). Mais cette image ne précise pas la nature du déséquilibre des crises.

Mais WaLras ne nous éclaire pas sur la nature, ni les obstacles que peut rencontrer cette tendance à l'équilibre.

On peut néanmoins admettre cette tendance de la satisfaction à être maximum que nous avons comparée, pour image seulement, à la tendance de l’entropie à être maximum.

32) Les variations de l'équilibre. — Admettons donc que les variations des données n’altèrent pas la détermination de la valeur d'échange, supposée par ailleurs rendue possible par un régime de concurrence parfaite. On se rappelle que WaLras avait énoncé des lois de variations de l’équilibre en fonction de variations des quantités et des utilités. Il suffit d'appliquer ces lois, mais en précisant ce que sont les variations de quantités et d’utilités dans le temps.

Nous avons en effet défini l’instantanéité relative de notre schéma de l’économie en disant que les quantités produites ou consommées devaient être sans influence pendant l'épaisseur de temps du modèle et nous avons vu que WaLras n’avait pas bien dégagé cette condition de son modèle en prenant par exemple l'épargne comme cause de détermination instantanée.

Le moment est venu de réintroduire ces phénomènes qui changent les données de l’économie quand on considère les variations d’une certaine durée.

Trois phénomènes élémentaires sont à la base de la variation des quantités : les services existants, la fabri-

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