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n’aurait pas de raison d’être. Dans sa conception la plus générale, le mouvement est la variation des grandeurs caractéristiques définies dans l’étude à propos de laquelle on parle d'équilibre.
La nature de l’équilibre que chaque auteur dégage dépend donc des grandeurs caractéristiques qu’il choisit pour base de son étude, et en outre de la manière dont il conçoit les variations de ces grandeurs.
9) Les grandeurs variables ; le schéma est en dehors du lemps. — PARETO ne définit pas quel est cet état qui se maintient, ni quelles sont les « conditions dans lesquelles on Vobserve » qui doivent être constantes. En un mot, il ne dit pas quelles sont les grandeurs dont les variations feront l’objet de son étude.
Mais ses démonstrations ne laissent aucun doute à ce sujet : ce sont les quantités de « marchandises » possédées par un individu, et elles seules; en particulier, le temps n'intervient pas dans les calculs de PArETO. Les graphiques qui schématisent le producteur et le consommateur ont pour coordonnées les quantités de marchandises possédées. Toutes ses démonstrations ont pour essence le « parcours d’un sentier », image topographique dont le contenu est ainsi explicité :
« Supposons, dit PARETO, qu'un individu possède la quantité oa de pain et ab de vin. Supposons qu’à un autre moment l'individu possède og’ de pain et a'b' de vin... » (III, 60). Aïnsi l’objet de l’étude de PARETo est la variation des quantités de « marchandises » possédées par un individu. Le terme « marchandises » est d’ailleurs moins général que celui de « richesses sociales » qui comprend en outre les services.
Comment les quantités de marchandises possédées
par un imdividu varient-elles ? D'une manière générale, on appelle production l’augmentation des richesses sociales, consommation leur diminution et échange leur changement de répartition entre les individus.
Le patrimoine d’un individu est affecté par chacun de ces trois phénomènes, qui peuvent être très complexes : aussi une première étude peut-elle, en première approximation, ne considérer que celles de ces variations dont les conséquences sont particulièrement simples.
Nous avons vu que WaLras négligeait l'influence de la consommation, et celle du débit de la production, pour ne considérer que les variations de quantités de marchandises dues à l'échange.
Cette approximation imposait un schéma quasi instantané de l’économie qui permet en un court espace de temps de négliger l'influence de la consommation et du débit de la production sur les quantités de richesses possédées. L’échange en effet est un fait économique indépendant du temps ; le transfert de propriété est un acte immatériel.
PARETO garde cette notion de modèle instantané, mais il réussit à y faire entrer une certaine forme de la production en schématisant celle-ci d’une manière différente de celle de WaLRas.
Dans son système, la production est essentiellement la transformation d’une marchandise en une autre, quelque chose comme un échange interne, dans un patrimoine. Quelles que soient les généralisations qu'il envisage par la suite, son modèle est basé sur cet échange interne, à sens unique, tout le reste, et notamment les services, étant négligés.
Ce n’est pas pour faire image que nous insistons sur le mot d’ « échange interne », c’est parce que PARETO donne réellement à la production tout le caractère instantané d’un échange, en représentant le producteur par les « lignes d’indifférence ».
oo, 166 ÉQUILIBRE PHYSIQUE, BIOLOGIQUE, ÉCONOMIQUE
En outre, le producteur ne considère que le résidu de l’ensemble d’un échange externe et d’un échange interne qui lui est toujours associé.
Il n’est pas indifférent de voir à quel prix on peut éviter de considérer le temps en économie. Deux phénomènes mesurent l'écoulement du temps parce qu’ilsne se conçoivent qu’en fonction du temps : la consommation et la production. Mais, à bien examiner la production, on s’aperçoit que c’est en elle l’utilisalion des services qui fait intervenir le temps, car, bon gré, mal gré, on ne peut mesurer le service que par le temps.
WaLras a éliminé à la fois consommation et production. PARETO à pu pousser plus loin son schéma en éliminant l’utilisation des services (1). La production schématisée qui lui reste peut être, comme un échange auquel elle a été ramenée, considérée en dehors du temps.
En résumé, les variations étudiées par PARETO sont les variations dans un temps très court (suffisamment pour éliminer l'influence de la consommation et de services) des quantités de marchandises possédées par les individus, variations engendrées par les échanges et par la production ramenée à une transformation immédiate d’une marchandise en une autre, cette dernière n’intervenant qu’accouplée à un échange de producteur de quantité égale à la mar-
chandise produite.
10) L'équilibre est l'absence d'échange. — Donc l’état stationnaire est un état du système dans lequel il n’y a aucun changement. Or, les changements du schéma de PARETO ne peuvent consister qu’en variations, indépen-
danles du temps, de quantités de marchandises à la disposition des individus, producteurs ou consommateurs, résul-
(1) L’élimination des services a évité en outre à PArREToO de trébucher comme WALRas — dès l’abord — sur le problème de la capitalisation.
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tant d'échanges accompagnés ou non d’une production.
H y a donc équilibre quand il n’y a plus d’échange, quand plus rien ne pousse à l’échange. Or, ce qui pouvait inciter à échanger c’est que chaque consommateur recherche l'utilité la plus grande des combinaisons de marchandises qu'il peut acquérir par voie d'échange, et le producteur cherche le plus grand profit, c'est-à-dire la plus grande marge possible entre les marchandises qu’il vend et celles qu’il achète.
De même qu'il y à équilibre entre deux vases communicants (dont les variations sont celles des quantités de liquide contenu dans chaque vase) quand la communication a mis dans chaque vase des quantités telles qu'il n’y ait plus appel de l’un vers l’autre, de même il y a équilibre quand les quantités possédées par chaque consommateur sont telles qu’il n’y a plus moyen d'augmenter par échange l'utilité de patrimoine de chacun d’eux.
Il y a donc une notion d'équilibre valable pour tous les systèmes économiques, qu’ils soient composés de deux individus ou d’un nombre considérable d'individus et quelles que soient les imperfections du système : c’est l’état de répartition d’un nombre donné de marchandises entre consommateurs et producteurs, qui est tel qu'aucun n'ait plus l’envie ou la possibilité d'échanger.