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aux courbes marshalliennes plus de valeur qu’elles n’en ont. Là encore, l’absence d’études précises du mouvement autour de la position d’équilibre a facilité l'erreur. Il ne suffisait pas de montrer que l'écart de la position d’équilibre engendrait un mécanisme de rappel : il fallait montrer que ce mécanisme était plus rapide et plus efficace que les autres conséquences du déséquilibre.
WaLras ne s'était pas heurté à cette objection, puisque son déséquilibre était théorique et son équilibre une nécessité logique.
Les théories plus récentes consistent à lever l’indétermination dont MARSHALL n’avait pas vu toutes les conséquences ou, plus exactement, à trouver un mécanisme qui conditionne dans la réalité le niveau de la production plus rapidement que celui des courbes marshalliennes. On a d’abord essayé de transposer l’ajustement par les stocks en ajustement de stocks monétaires ; puis on a cherché des causes indépendantes.
Les crises économiques sont un exemple de cette insuffisance de l’ajustement. Malheureusement, on a plus insisté sur leur prétendue régularité et on les a trop souvent étudiées d’une manière autonome, indépendamment de l'équilibre de la production. |
Pour trouver un ajustement plus rapide que l'in-
fluence des stocks, il faut une étude dynamique de
l’économie. C’est ce qui explique que les auteurs modernes ont recours à des développements dynamiques, en particulier à la monnaie, avant de pouvoir déterminer l’équilibre statique de la production et de la consommation. Il est logique que l'étude des cycles précède celle de l'équilibre. En réalité, c’est la notion même d'équilibre statique qui est incompatible avec la notion de production : et cette incompatibilité est toute exprimée dans le temps nécessaire à l'ajustement des courbes. Seule la confusion de ce mécanisme avec la logique de Wazras a amené
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MARSHALL au schéma impropre de l'équilibre normal (1).
La différence entre équilibre et ajustement qui a été négligée dans les théories s'impose dans toute politique pratique. Un travail sur des quantités globales ne peut souvent être qu’une vérification de concordance possible et non une étude des conditions nécessaires à l'établissement effectif d’une situation économique (2). En réalité, la construction d’un plan ou d’un programme revient à bâtir un modèle cohérent d'économie instantanée et même d'évolution économique, parmi d’autres. Encore faut-il préciser que cette cohérence n'existe que parce qu’on néglige certains facteurs. Aurait-on en mains toutes les données du présent et de l’avenir, un seul modèle serait cohérent : celui qui se réalisera. L'absence de certaines données conduit à permettre la construction de modèle compatible avec les données qui restent ; aussi, par défimition, 1l n’y a pas moyen de choisir entre les modèles puisque leur multiplicité même provient du manque d’information. En réalité, tout travail de planification en économie semi-dirigée n’est que l’élimination de certaines contradictions internes, à laquelle s’ajoute une impulsion assez imprécise, donnée à l’économie nationale (3).
C) L’équilibre du circuit L'adaptation de la notion d'équilibre en biologie a, comme nous l’avons vu (4), étendu la notion de mouvement
(1) Cette confusion continue d’ailleurs à se manifester dans toutes les approches statiques de l'égalité des quantités globales. Il est caractéristique que KEeynes raisonne sur des courbes qui s’ajustent à la façon de celles de MARSHALL.
(2) L'article du Pr FRANÇois-Perroux Les Incertiludes du contrôle des quantités globales dans Economie appliquée, n° 1, est fondamental à ce sujet.
(3) Cf. F.-PErRRoUx, Economie appliquée, n° ?, « Les incertitudes du contrôle des quantités globales ». L'auteur analyse en théoricien l’étude des quantités globales vues ici sous l’angle du praticien. 11 met en doute l’existence d’un critérium rationnel de détermination du niveau possible ou souhaitable d’une seule quantité globale.
(4) Cf. supra, p. 52.
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à toutes les variations possibles et celle d’immobilité à toutes les constances. En particulier, la notion de circuit sans évolution dépasse la conception physique de l’immobilité et provient tout naturellement de la conception biologique d’un individu (1).
Le « circular flow » d'Alvin HANSEN en est une expression et le Pr FRANÇoIs-PERROUX a heureusement consacré un paragraphe au circuit «sans évolution » (2).
Mais léquilibre d’un circuit paraît toujours être un équilibre partiel qui fait partie d’un équilibre plus général. Un circuit suppose un contenant dans lequel se produit le mouvement et ce contenant participe lui-même à léquilibre général : aussi, avons-nous vu qu'il y avait quelquefois quelque arbitraire à considérer ces équilibres partiels indépendamment de l’ensemble (3).
Il y a d’ailleurs d’autres conceptions de l'équilibre que le circuit : toute généralisation de la notion de l’immobihté
à la constance d’une structure peut donner prise au concept .
d'équilibre. Mais l'idéal de la pensée biologique reste toujours de considérer l’ensemble d’un individu et de définir la constance de son organisation entière comme un équilibre.
D) L'équilibre général d’une organisation
Une vue synthétique de l’économie, permettant d'arriver à une notion biologique de l’équilibre serait celle qui permettrait de voir toutes les réactions de l’ensemble de Pindividu à une atteinte dans un seul de ses organismes.
(1) M. G. Th. GurLBaUD revendique pour la physique cette dernière eonception et cite comme exemple le mouvement régulier des astres. Il est. certain
que ce dernier a été depuis longtemps à la base d'une intuition de régularité
et de constance d’un ensemble en équilibre. Mais l’étude d’un individu, avec ses possibilités de déséquilibre et de retour à l'équilibre, est combien plus riche (2) F.-Perroux, La Valeur, chap. II, sect. 2, div. 2, S 2. (3) Cf. ci-dessus, p. 59.