‹ Équilibre Physique Équilibre Biologique Équilibre ÉconomiqueChapitre 38 sur 42 · PT TT · texte numérisé non relu

PT TT

héhé brin

D PAT PRATIQUE à DITS 1 Je

MAT o

Nr.

srénbbetitannitls

L'étude pragmatique du Pr LeonrTier (1), répond entièrement à ces exigences. Quelque paradoxal que cela puisse paraître, les développements mathématiques complexes auxquels il se livre et qui nécessitent l'emploi d’une machine à calculer électronique sont plus près de la notion biologique qu'aucun autre travail.

Dans le modèle le plus simple d’une production de biens de consommation absorbés par des consommateurs, M. LEONTIEr distingue deux sortes de biens économiques : en premier lieu, des relations déterminées par la structure des activités liant les éléments nécessaires pour la production de ces activités à l’ensemble des biens de consommation à obtenir : ce sont en quelque sorte les coefficients techniques de production ; en outre, des relations déterminées par la structure de distribution des flux de revenus liant les consommations effectivement demandées par les détenteurs du pouvoir d’achat formé par les revenus provenant de la production.

Le raisonnement de M. LEONTIEF a pour base l’hypothèse que pendant certaines périodes, des relations lient les flux entrant et sortant, aux bifurcations de la production : et de la consommation ; c’est-à-dire que pendant cette période on peut considérer comme variables les quantités de facteurs de production et des résultats de la production, mais que des relations lient les uns aux autres. Et, de même pour la transformation d’un flux de revenus en démande effective.

Cela revient à prêter à certains éléments de l’économie plus de constance qu’à d’autres et à construire un schéma de l’économie dans lequel les premiers coefficients de production sont invariables pendant que les seconds peuvent

(1) L'étude des structures économiques a été décrite par le Pr LEONTIEF : 1° Dans deux articles de la Review of Economic Statistics, 1936 et 1937; 2° Dans son livre : Structure de l’économie américaine, paru en 1941; 3° Dans deux articles du Quüterly Journal of Statistics, févr. 1943 et févr. 1946.

A A EN ET eee 230 ÉQUILIBRE PHYSIQUE, BIOLOGIQUE, ÉCONOMIQUE

être changés. La structure des premiers éléments est supposées inchangées par hypothèse, ce que l’on représente souvent par la locution « toutes choses égales d’ailleurs ». Cette conception de l’économie est toute biologique : dans un organisme, en effet, les constances nécessaires à la vie sont elles-mêmes variables et sujettes à évolution. Le nombre des relations à supposer n’est pas défini une fois pour toutes : M. LEONTIEF a fait remarquer que ce qui caractérise l'étendue du schéma, c’est le nombre de relations prises en considération. L’on pourra déterminer, en fonction de données a priori, autant de grandeurs que l’on aura admis théoriquement et calculé pratiquement de fonctions.

On peut trouver qu’une telle méthode est entièrement empirique. Mais l’auteur prétend que c’est dans la nature même de l’équilibre économique : celui-ci est trop compliqué pour donner prise à une appréciation intuitive. Selon lui, l'intuition n’est possible que pour rendre compte d’un point de détail (1) et la théorie économique générale échappe à la compréhension intuitive : elle est un domaine réservé à l'algorithme mathématique (2).

C’est vrai si l’on veut arriver à uneintuition de l’ensemble par l’analyse de tous les détails. Mais c’est précisément le propre de la biologie que d’arriver directement par l’intuition à la notion d’individu sans avoir à embrasser le détail de tous les mécanismes qui le composent.

(1) «Dans le cas de l’analyse partielle qui opère avec deux ou trois variables simultanées, l’interrelation entre ces quelques éléments peut être perçue directement. Mais de telles intuitions deviennent pratiquement impossibles dès que le nombre des variables dépasse 4 ou 5, pour ne pas dire 10 ou 20. » LEONTIEF, 0p. Cil., p. 34.

(2) « Les critiques de la théorie de l’interdépendance manquent rarement de mentionner que dans son état actuel, et sur la base des données existantes, cette théorie ne peut actuellement tenir tête à l'extrême complexité des processus économiques réels. Mais alors... ces critiques essaient de résoudre, ou au moins d’interpréter ces mêmes problèmes compliqués en se reposant sur leur propre intuition de bon sens et des conceptions bornées d’équilibres partiels telles que glissement, élasticité de substitution relations, etc. ». LEONTIEF, 0p. cil., p. 34.

PPS PE rt ETAT PS

Page 1