Dici. (le Unylo, art. Dolet
2. V. Dicl. (le lliiylc, ;irt. Orloisio Ijind». mdi- H. — :î. Ep. 1279.
qui seraient impropres, avait donné cet exemple : « Veluti si guis Scytham dicat eniditum, Italum bellacem. » Erasme pouvait-il injurier plus gravement la nation, répétait Pierre Gursio, puisqu'il lui refuse le courage militaire ' ? « Les gens de lettres sont en guerre, écrit Jérôme Negro ; chaque jour voit éclore des livres nouveaux et des invectives sur ce sujet ; il y en a qui répondent au nom d'Erasme à ce Gursio et celui-ci devient furieux. » Quelque peu déconcerté au premier moment, Erasme épilogua sur le mot bellax qu'il avait, disait-il, pris en mauvaise part et opposé à eruditus. La phrase devait être ainsi entendue : <( Comme si l'on disait un Scythe savant, ou un Italien batailleur. » Or n'avait-il pas au contraire loué les Italiens, en faisant entendre qu'ils cherchent la gloire non dans l'abus criminel des armes, mais dans les lettres et la science ? Malgré tout, nous craignons qu'Erasme ne perde son procès auprès du lecteur et que son explication subtile ne lui paraisse, comme à nous-méme, qu'un moyen habile de couvrir par un air d'innocence une de ces malignes saillies dont il était si capable.
Cependant cette prise d'armes des Cicéroniens d'Italie contre Erasme était plus bruyante que dangereuse. Ils maïKpiaient d'un chef, et ne parvinrent pas à enl rainer dans leur cause Sadolet ni Bembo. Le nouveau pontife, au contraire, loin de s'in(juiéter de ce tumiiUc puéril, témoignait à l^^rasme les plus favorables dispositions et s'(!nlrelenait déjà avec ses conseillers des vues particulières ({u'il avait à son sujet. Paul III avait solennellement promis, en prenant possession de la tiare (13 octobre 1534), de réunir bientôt le concile œcuménique.