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192 VIE DÉRAS.ME.
la haine entre les deux princes et les deux nations devenait plus ardente ; l'empereur provoquait son ennemi en combat singulier, et, quelques jours à peine après la mort d'Erasme, il passait le Var et envahissait la Provence (25 juillet). En France, le roi faisait couler le sang de ses sujets réformés, en expiation de ses alliances hérétiques avec les protestants d'Allemagne et Soliman '. En Angleterre le schisme était consommé; une sorte de terreur régnait dans tout le royaume ^ : et l'année même où mourait Erasme, le cruel caprice d'Henri YIII livrait Anne Boleyn au bourreau.
Belle cependant voulut honorer Érasme par de solennelles funérailles. Les étudiants de la ville portèrent eux-mêmes à la cathédrale son cercueil qui fut placé près des degrés du chœur, à gauche ^ Des oraisons funèbres furent prononcées par Guillaume de Lisle, prévôt de l'église d'Aix-la-Chapelle, et par Oswald Myconius de Lucerne, ministre de l'église de Bàle. Tous les poètes latins composèrent en son honneur des épitaphes et des élégies. On peut en lire à la suite des œuvres d'Érasme un grand nombre de Guillaume Bigot, Nicolas Borl)onius, Germain de Brice, Georges Cassandrc et d'autres. Vitus Cop ht à lui seul dix-sept épitaphcs
1, De Paris (10 mars 1535) .loan Stnrm écrit à .Martin Bucer cette phrase curieuse : a Niliil iulerest iulcr auahaiitistaui, Era.-imiamon et lutlieranuui; <>niu<:s sine (liscriniino cocrcentur; ucmo tiitus nisl papista. " V. L'on: des n'-f'., I. 1\'.